SENS DE L'OUIE
‘annoncée, conseillée ou exécutée par Portal:, CGelliez°,
et, avant eux, par Riolan', doit être pratiquée en bas et sur la moitié antérieure de la membrane. Il en serait de même de la paracenthèse employée pour remplir une indication quelconque dans les maladies de l'oreille. On doit se garder aussi, lors de ces opérations, d'introduire l'instrument trop loin, dans la crainte de blesser la corde du tympan, qui vient de la paroi postérieure de la cavité pour sortir par la fissure glénoïdale.
IV.-——En dédans , et en avant, on voit l'ouverture de La trompe, qui marche obliquement, entre le roeher et la portion écailleuse du temporal, vers le haut du phärynx, où elle se termine derrière le méat des fosses nasales, et va en s’élargissant du tympan vers larrière-bouche ; ce qui la rend assez facile à sonder par cette dernière cavité, ainsi qu’il a été dit plus haut.
V.—La membrane interne de l'oreille moyenne, prolongement de celle du pharyhx, fixe , très-distincte chez certains sujets, surtout vers les cellules mastoïdiennes , enveloppe toute la chaîne osseuse de l’ouie , et ne pénètre pas dans le labyrinthe, à cause des lames cornées qui ferment les fenêtre@ronde et ovale. Sa nature la rend susceptible d’être affectée de la même manière que la membrane muqueuse du gosier, Le tissu cellulaire qui l’unit aux os étant très-serré, aide à comprendre pourquoi les inflammations de l'oreille sont si douloureuses.
! Anat. méd., t, 4, p. 154.
> M. Kauerz, Thèse. Strasb., 1807.
3 Man. anat., p. 455, édit. 1682. ‘
L'intérieur du tympan reçoit ses artères de la branché | stylo-mastoidienne. La carotide interne lui fournit aussi - quelques rameaux, par une petite ouverture particulière. Enfin il lui en vient de la sphéno-épineuse par le canal du muscle interne du marteau, et de la maxillaire interne par la fissure de Glaser. Ses veines suivent exactement le trajet des artères et n’offrent aucun intérêt. Les émissaires qui se trouvent en haut n'ont pas plus de valvules que toutes celles du même genre, ctse dégorgent dans les sinus de la dure-mère. | '
VI.—Ses vaisseaux lynphatiques n’ont jamais été injectés. Ses nerfs appartiennent au facial, au plexus carotidien, au ganglion sphéno-palatin. Leurs anastomoses compliquées expliquent comment les maladies de l'intérieur de l'oreille peuvent exciter un si grand nombre de sympathies. Nous avons indiqué plus haut la corde du tympan, qui vient du nerf vidien‘. Si l’on considère que ; ‘en traversant la caisse, ce cordon passe au-dessus du marteau, ontrouveraune raison de plus pour perforer la membrane du tympan à sa partie inférieure.
VIE. — Avec une organisation aussi complexe, les nombreuses maladies de l'oreille n’ont riéft d'étonnant, Le plus petit engorgement dela trompe l'empêche de communiquer ayec le pharynx, et amène la surdité. Lesfluiles inflammatoires ou autres matières, accumulés dans la caisse, ne trouvant aucune issue, réagissent sur tous les tissus qui, retenus par les os, causent de violentes douleurs. Avant que la suppuration ait perforé la membrane du tympan, elle
1 H. Cloquet, Anat, descript., t. 2.
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… désorganise le plus souvent la chaîne des osselets. Engagée dan les cellules mastoïdiennes, dont le tissu est poreux "et 2e. en lamelles, elle en détermine promptement la carie. En envahissant le périoste elle le force àse décoller.
La même chose ayant bientôt lieu dans le crâne sur la face
antérieure et postérieure du rocher, fait que la portion pierreuse du temporal ne tarde pas à se nécroser. Les nerfs auditif, facial, grand sympathique, devant participer à l'affection, font que l’encéphale se laisse prendre à son tour; de là le délire, les abcès dans sa substance, tous les symptômes d’arachnite, d'encéphalite, et trop souvent la mort à la süite des violentes otites. On voit enfin, par les rapports du tympanavec le gosier, comment ilarrive que
les angines et le gonflement des amygdales sont sisouvent
suivies de la dureté de l’ouie:
Ç 2. — Portion parotidienne.
A; — La parotide recouvre en avant le bord postérieur dela mâchoire, et se prolonge plus ou moins sur sa face
externe. Entre cet os et la glande , se trouvent de hauten
bas : 1° l'artère et la veine temporales superficielles ; 2° le nerf facial, qui croise les vaisseaux vis-à-vis le col du condyle, et qui est enveloppé dans les granulations profondes de la glande ; 3° l'artère faciale, ou les faciales transverses ; 4° plusieurs veines assez volumineuses, qui se ramifient dans le tissu sécréteur ; 5° enfin, la branche cervico-faciale du nerf de la septième paire, la fin du ligament stylo-
maxillaire , et le muscle masscter.
En arrière , \laparotide , fixée d’une manière assez solide
de haut en bas , d’abord au conduit auditif, puis sur le bord | de l’apophyse mastoide et du muscle sterno-mastoïdien ; recouvre l'artère auriculaire postérieure, et, plus bas, une autre artère, quelquefois plusgrosse que la précédente.
En dedans ou profondément , elle repose sur le tronc du nerf facial , et les trois petits rameaux qui s’en détachent au moment où il sort du trou stylo-mastoïdien. Ensuite elle appuie sur l’apophyse styloïde et le faisceau musculofibreux qui en part; sur le muscle digastrique ,-puis, un peu plus en avant, sur l'artère styloïdienne , sur beaucoup de rameaux anonymes qui traversent leslobulesglanduleux, et s’y perdent , sur le tronc même de la carotide externe, en arrière duquel la glande envoie un prolongement qui s'étend quelquefois très-loin. Enfin elle se prolonge entreles muscles ptér ygoïdiens et l’apophyse styloïde, jusqu’au pharynx, en passant entre la carotide externe et le ligament stylo-maxillaire, pour se continuer avec la glande sousmaxillaire. }'
Ces rapports , nombreux et importants , rendent si dangereuse l’extirpation entière de la parotide, qu'ibest permis d'affirmer qu’elle n'avait jamais été pratiquée avant Klein' et Béclard*, et que, parmi les cas nombreux qui en ont été rapportés depuis®, il en est plusieurs qui ne sont rien moins que concluants. ‘Îl est évident qu'on ne pourrait la terminer sans être obligé de lier
1 Journal de Grafe et Watter.
2 Arch. gén. de Méd., janvier 1824.
8 Pillet, Thèse, n. 115. Paris, 1898. Hourmann, Thése, n° 28, Paris, 1824, Dugied, Thôse, n° 95. Paris, 1829. Idt, Éphém, de Montpellier, t, 7, ete.
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les carotides. Le nerf facial serait nécessairement blessé. Il en serait de même de la veine jugulaire interne, de l'artère occipitale, de la temporale superficielle et de la maxillaire interne. A Ja rigueur, cependant, ces derniers organes pourraient être évités, si les parties étaient dans leurs rapports naturels. Mais quelle est la maladie assez grave pour exiger l’extirpation de la parotide sans en déranger la disposition relative ?
…. Tous les lobules de cette glande sont enveloppés chacun Dans un petit sac celluleux assez dense, et réunis entre eux par un tissu filamenteux plus dense encore. C’est dans ce tissu que paraissent avoir leur siége les inflammations phlegmoneuses, tandis que les oreillons affectent plus particulièrement l'élément glanduleux. I faut toutefois Sen tendre sur ce point. Que la parotide se prenne par la couc he qui en tapisse les canaux, comme dans les cas où le mal lui est trañsmis d’une membrane muqueuse enflimmée, et. par l’action des préparations mercurielles, ou bien qu’il affecte de prime abord le tissn cellulaire qui sert de trame àses diverses parties , la Suppuration nes’en dépose pas moins dans le même élément,
Les grains de la glande sont trop serrés pour que l'inflammation reste long-temps à leur intérieur sans se propager à leur couche externe et sans forcer l’exhalation du pus à se faire dans le tissu cellulaire qui les sépare ou les réunit. J’ai constaté plusieurs fois, äu surplus , que dans les fièvres graves, ces glandules et les divers canaux excréteurs renferment souvent eux-mêmes de la suppuration.
La parotide est ensuite renfermée dans une espèce d’en- P
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veloppe générale , dont la lame externe, plus serrée, vient de l’aponévrosequi recouvre le muscle sterno-mastoïdien,
masséter. Son feuillet interne ou profond vient aussi des mêmes parties. [négalement disposé, il fourni
une gaîne
à tous les vaisseaux, enveloppe toutes les saïllie: que fait
| | | | le temporal, etc. , pour se porter sur la face externe du
la glande entre les muscles, puis se réunit au-devant d'elle avec le précédent. Au-dessus et en dehors du digastrique, ces deux lames se continuent avec le fascia cervicalis 4 le ligament stylo-maxillaire. Enfin, derrière l'angle de mâchoire, et en dedans du ptérygoïdien interne, elles se portent de la parotide à la glande sous-maxillaire, à laquelle elles fournissent également une gaîne.
La disposition serrée des éléments qui unissent et en? -veloppent les granulations paroüdiennes explique pourquoi, lorsque la suppuration s’y est opérée, le pus se. | rassemble si difficilement en foyer ;- pourquoi ces foyers | sont si difficiles à reconnaître , quft ils ‘siégent sous l’aponévrose; et pourquoi, dans certains cas, ils se portent plutôt versiles parties profondes, telles que le pha- | rynx, la langue, etc. , ou vers le conduit auditif, dans lequel ils s'ouvrent souvent. C’est sur ces considérations aussi qu'est fondé le précepte très-sage d'ouvrir de bonne heure ! les tumeurs de la région D dans lesquelles on |} soupçonne la présence du pus”.
La parotide est séparée de la peau par une couche de tissu cellulaire dans laquelle sont rénfermées quelques |
RANCE, Per ON ER ERRONÉE ee |
4 Colles, Surgical Anatomy, p. 132,
PORTION PAROTIDIENNE. 4oi
fibres du peaucier, des filets nerveux du facial, une branche ascendante du plexus cervical, et quelquefois des rameaux veineux d’un assez grand volume, qui vontse rendre dans la jugulaire externe, Il est rare que cette lame renferme de la graisse. Adhérant fortement à la glande et aux téguments, elle fait que les tumeurs y acquièrent diflicilement un grand volume, et y restent en général assez peu mobiles.
B. Muscles. — Outre lesmuscles qui forment les limites de la région , on trouve en arrière, entre le sterno - mastoïdien et l’attache du digastrique, le petit complexus ; sur le rachis, le petit droit latéral du cou, les petit et grand droits antérieurs de la tête; en dedans , le stylohyoïdien, le stylo-glosse et le stylo- pharyngien, entre lesquels la glande envoie des prolongements, et qui, pouvant être divisés pendant son extirpation , influeraient alors d’une manière fâcheuse sur les fonctions du larynx, de la langue et du pharynx. Plus profondément , le constricteur du pharynx, et, en avant, les muscles ptérygoïdiens, sont les seuls qu’on remarque. Le ligament stylomaxillaire se voyant un peu plus bas, en dedans et en arrière , mérite qu'on le ménage dans les opérations, à cause de ses rapports avec le muscle stylo-glosse et de son attache à l’os hyoïide.
G. — Les artères sont le tronc des deux carotides et la plupart des branches fournies par l’externe, telles que l’occipitale, la pharyngienne, la stylo-mastoïdienne , le commencement de la maxillaire interne et de la temporale superficielle, les faciales transverses, Aussi les plaies, les blessures, les opérations sont-elles on ne peut plus dangereuses dans cette région.