SENS DE L'OUÏE
culaire du plexus cervical; en arrière, le rameau mastoïdien du facial, que nous avons vu déjà dans la région occipitale, et la branche sous-mastoïdienne du plexus cervical. Leur épanouissement dans un tissu dense ét serré explique la vive sensibilité de l'oreille externe, +
et les accidents qu y produisent ordinairement. les inflammations. VIL.— Le cartilage ÿ'enveloppé d’ une espèce de périchondre solide, raison pour laquelle Bichat l'avait rangé parmi les fibro-cartilages, constitue le’ squelette du pavillon de l'oreille et en détermine la forme , les saillies , les enfoncements. Sa flexibilité en rend les fractures trèsdifficiles, à moins qu'il ne soit ossifié par < progrès de l’âge, ce qui est rare. Ses anfractuosités favorisent les inflammations , les excoriations , les gerçures , les croûtes qu'on y observe si souvent dans le jeune âge , à cause des corpuscules et de la crasse dont elles sollicitent en quelque sorte le dépôt. Peu mobile, saillant, élastique , ce pavillon est souvent lésé dans les coups et les chutes. Son irrégularité empêche d’en réunir faci
ment les plaies sans l'intervention de la suture, et le cartilage qui en forme la base est assez peu irritable pour devoir être compris dans les fils lorsqu'on fait quelque tentative de ce genre. Sa solidité fait en outre que l'otoplastique obtiendra rarement un succès complet.
VIII. — Dans le lobule, les mêmes éléments offrent quelques différences qu'il est bon d'indiquer. Ainsi la peau yÿ est'plus riche en capillaires vemeux. De R cette couleur
livide qu'on ÿ remarque pendant le froid, ow-quand la respiration, la circulation sont gênées. Le tissu cellulaire contient ici des vésicules graisseuses extrêmement pe-
tites, et ces premières parties sont tellement confondues avec les vaisseaux, les nerfs et la peau, que le lobule forme véritablement une masse homogène, plutôt qu'un organe complexe. ‘Comme:il renferme peu de tissus sensibles, sa, perforation n’est presque pas douloureuse; ce qui n'empêche pas les inflammations et les abcès , qu'on y-observe souvent chez les femmes, de faire beaucoup souffrir, Tr *
IX. — Le conduit auditif ÿ dont la longueur est de neuf lignes à un pouce, en bas et en avant, présente une forme | elliptique quand il est coupé en travers; c'est-à-dire que son diamètre perpendiculaire est plus grand que lantéropostérieur. Étant placé de manière à toucher le condyle maxillaire, ik se dilate ét se redresse quand la mâchoire s’abaisse. C’est pour cette raison, dit M. Richerand', qu’on ouvre instinctivement la bouche pour mieux entendre. C’est par cette raison aussi qu'on est obligé de retirer le: pavillon acoustique en haut et vers l'occipital, lorsqu'il s’agit d'explorer le fond de l'oreille. Collé sur l’apophyse mastoide en arrière, ilest circonscrit en haut par la branche supérieure de la racine horizontale de l’apophyse : zygomatique ; en sorte que, dans ces deux derniers sens, il est fortement protégé par les os, tandis qu'en bas il est, presque à découvert. Étant plus étroit au milieu qu'aux | deux extrémités, il fait que les polypes, et autres tu-: meurs pédiculées , doivent tendre à se porter du côté du! tympan, ou vers le pavillon, suivant qu'elles ont leur: origine en dehors ou en dedans de sa portion étranglée. |
La À
1 Physiologie, etes
SENS DE LOUE, , 391 Sa disposition est telle, qu’en avant et ën bas ses parois sont plus longues de deux lignes qu’en haut et en arrière; différence qui tient à ce que la membrane tympanique est obliquement inclinée en dedans et en avant, et fait qu’on a posé en principe de glisser les instruments sur sa paroi inférieure , quand il est nécesssire de tenter l’extraction de quelques corps étrangers. M. Lenoir’ à d’ailleurs démontré que la direction et la forme du conduit auditif subissent des changements i Rp tants depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte.
À. — Ge canal, d’abord creusé dans le temporal, reçoit un prolongement du pavillon dont les éléments présentent quelques particularités, Ses follicules produisent le cérumen, matière qui, en s’accumulant, en se durcissant, ainsi qu'il arrive fréquemment chez les vieillards, entraîne souvent la surdité, Comme ce canal est plus large près de la caisse que dans sa partie moyenne, ses concrétions sont naturellement repoussées vers la membrane tympanique , qu’elles perforent et détruisent quelquefois en entier. On cite même un fait où le cérumen avait dilaté le rocher en s’amassant au fond de l'oreille externe *. Un jeune homme observé dans mon service avait une tanne qui, venant du conduit auditif vers la face externe du crâne , contenait trois cuillerées de matières melicérique et entourait tout le pavillon, depuis le sillon parotidien et l'apenbysé mastoïde } jusqu’à “à la tempe.Des poils assez nombreux s’y implantent aussi, et semblent destinés à retenir ei pre cules que l'air pourrait y porter.
1 Thèse de la Faculté de Paris, 1833.
2 Jobert, Revue méd,, 1850, t, 2, p. 414.
394 ni DE LA FACE.
B. — Le cartilage du conduit auriculaire est comme coupé d'espace en espace par les incisures de Santorini. On en rencontre une en arrière et en haut, tout près de l’antitragus. Une autre plus marquée se voit en haut et en avant, entre l'hélix et le tragus. Le tissu fibreux , qui les remphit seul, peut être détruit par le pus d’abcès extérieurs. De Jà l’ouverture de ces abcès dans le conduit auditif, ainsi que je l’ai vu plusieurs fois. M. G:, actuellement médecin en Touraine, était au vingt -cinquième jour d'une phlegmasie pustuleuse des intestins. Üne parotide survint, et, six jours après, elle s’ouvrit dans l'oreille par la dernière incisure que je viens de noter. ‘Un fait pareil s’est présenté en novembre 1832 à la Pitié e chez un homme atteint de parotide critique. Les inégalités de ce carülage, la forme irrégulière de sa face externe et du cercle osseux qui le recoit, font que le tissu cellulaire interposé, s’y présentant sous toutes les nuances, à l’état de pelotons , de filaments, de lamelles , rend parfaitement Coïnpte des caractères qu'y prennent les inflammations ou les dépôts, et de leur fréquence.
‘CG. — Outre les artères déjà notées à l’occasion de l’auricule, le conduit auditif recoit encore les rameaux de la stylo-mastoïdienne et de la temporale profonde posté-rieure. Les veines n’y offrent rien d’important sous le r'apport chirurgical. Il en est de même des nerfs. On y trouve cependant quelquefois un filet du grand sympathique, qui vients'anastomoser avec le facial. RE }
B. Oreille moyenne. — La caisse du tympan peut être considérée comme un renflement du canal précédent , dont elle n'est séparée que par une membrane mince et
| SENS DE L'OUIE. | 399 fragile. Au-dessous se trouve la cavité glénoïde. Correspondant au canal carotidien, en avant et un peu plus en
.? . : Ê Ê “dedans, elle peut expliquer, jusqu'à un certain point, le
bourdonnement qu'entendent quelques malades affectés
d'anévrismes. Ses rapports avec la fissure de Glaser font aussi que le sang , le pus, ou autres liquides , peuvent pénétrer de la cavité du tympan dans l'articulation temporo-maxillaire , et réciproquement.
I —L sas ds mastoide reste en arrière et en déhoëd Ses cellules n’en étant séparées que par la membrane mu-
queuse , font que les abeès de l'oreille peuvent s’y engager.
Aussi a-t-on pris ce prétexte pour donner le conseil de la
trépaner; mais 1l est douteux qu’une pareille opération soit jamais d’un grand secours. La forme aréolaire de l’os fait que le pus s’y trouve à l’état d'infiltration plutôt que rassemblé en. foyer, qu'ily a carie et nécrose en même temps que suppuration. |
J'ai vu sur la tête d’un enfant , que M. Bernard , alors interne des hôpitaux de Paris, m'a montrée en.1823, l’apophyse mastoïde traversée par un conduit auditif anormal; mais je ne puis admettre avec M. Blandin', qui cite le même fait, que ce soit une raison d'adopter la perforation du corps mammoïde dans le but de donner accès à l'air dans l'oreille ?. Une telle perforation ne se maintiendrait point, quand même on y fixerait un corps étranger, etelle ne peut être substituée à l'ouverture de la membrane du tympan. |
1 Anat. top., p. 66.
2 Anät, top., p. 68.
IL. — La paroi supérieurede l'oreille moyenne est mince, et correspond à la face antérieure du rocher. On y re-
marque des porosités vasculaires, qui font communiquér
la dure-mère avec la tunique muqueuse du tympan , €E, chez l'enfant, quelquefois même chez l’adulte , une trace de suture que traversent des prolongements celluleux ou des veines émissaires ; disposition qui explique les meningites à la suite d otites aiguës, les tintements d’ oreille dans les maladies de l encéphale , l'écoulement du sang par l’oreille , après les coups, les chutes sur la tête, etc. Les
tumeurs venant de la dure-mere à travers la caisse et le
conduit auditif, comme j'en ai rencontré un exemple , s'expliquent aussi par de tels rapports.
UT, — Sa parot externe est formée par la membrane du tympan , espèce de lame de nature cornée sur laquelle s’appliquent les téguments externeet interne. L'ouverture que Rivinus Scarpa, Meckel', y admettent comme naturelle, n'est probablement qu’ une anomalie ou le résultat d’un accident. Quoi qu’il en soit, quand cet état existe, il permet de concevoir comment on peut faire sortir de la bouche par l'oreille différents corps gazeux ou liquides, tels que de la fumée de tabac, del’air, du sang. Le plus souvent iln’influe pas sur l'audition, à moins qu'il n’y ait.en même tempsmaladie de l'organe de l’ouïe, Le petit renflement qui termine le manche du marteau , étant fixé entre les lames de la membrane dont il s’agit, un peu audessous de son centre, et en avant, fait que l'opération
? Man, anat., à. 3, p. 170, trad. franc.