XXII INTRODUCTION
point qu'il ne soit plus permis à aucun médecin de se passer de son concours.
2°. AnaArowE GÉNÉRALE. —Ce qui précède ne concerne, comme on voit, que l'anatomie chirurgicale étudiée par régions. C’est la senle dont il soit question dans la première édition de ce traité. C'est la seule aussi qui ait été offerte au public jusqu’à présent. Il est cependant une autre manière d'envisager l'anatomie chirurgicale. Au lieu desuivre pièce par pièce les différentes localités du corps, on peut s'emparer de chaque système organique et l’étudier dans ses généralités, d'après les principes que je viens de poser pour les régions en particulier. Cette anatomie générale, de pure application, n’est pas moins riche en déductions pathologiques et opératoires que l'anatomie des régions proprement dite. L'essai que j'en donne, et qui n’est que le résumé des leçons que j'ai faites pendant trois ans sur ce sujet, à l’école pratique, servira, j'espère, à en montrer l'utilité : je serais heureux que quelqu'un voulôt en faire l’objet d’un livre spécial. Dans ma pensée, une pareille méthode doit au moins former l'introduction de toute bonne anatomie topographique. Ce que j'ai dit des diverses manières de présenter celle-ci lui est d’ailleurs exactement applicable. Aussi ai-je pris le parti de ne séparer que le moins possible, ]à comme dans l’anatomie des‘régions , la notion chirurgicale de la remarque anatomique, et de ne rappeler l’une que pour éclairer l’autre.
Rien ne me paraît de nature à rendre plus précis le diagnostic et le traitement chirurgical des maladies. À son aîide, les inflammations, les abcès, les tumeurs de tou-
tes sortes, cessent aussi d'étonner ou de surprendre par
INTRODUCTION. XXI les formes variées qu'elles revêtent, ou par leurs différents genres de terminaisen et de propagation.
Une pareille étude est un moyen puissant de matérialiser de plusen plus les altérations morbides, de rendre incontestables les modifications que peuvent leur imprimer la texture et les qualités physiques de chaque tissu, d’interpréter en un mot ce que la chirurgie a d’organique et de réellement appréciable pour les sens. Qui ne devine, en effet, tout ce que l’anatomie, envisagée sous ce point de vue, est capable de répandre de lumière sur les maladies de Ja peau, du tissu cellulaire, des aponévroses ,. des muscles, des artères, des veines, des lymphatiques, des nerfs, du périoste, des os, des articulations, etc., étudiées en général.
8°. ANATOMIE SPÉCIALE. — Un dernier plan également bon à suivre, et qui dérive jusqu’à un cerlain point du précédent , serait, après avoir montré ce qu'ont de général, en pathologie, les notions anatomiques tirées des différents systèmes ou appareils organiques , d'examiner chacun d’eux dans tous ses embranchements et dans chaque région du corps. On obtiendrait, par cette méthode, du tissu cellulaire et des fascias en particulier, des données sur lesquelles l'anatomie topographique seule ne permet certainement pas de compter. llen serait de même des muscles, des vaisseaux, des nerfs et même du squelette. L'élément cellulo-adipeux , pris aux doigts, je suppose, puis successivement à Ja main, au poignet, à l’avantbras, au coude, au bras , à l’aisselle et à l'épaule, au cou, à la face, au crâne, à l'extérieur. du thorax et dans la
poitrine , sur es différentes régions du ventre ct au-Gcvant
ne 0 INTRODUCTION.
du pubis, au périnée , dans le bassin, à la hanche, dans l’aîne, à la cuisse, au genou, à la jambe et au pied, jetterait assurément le jour le plus vif sur la théorie et la thérapeutique des abcès, qui devraient remplir à eux seuls la dixième partie peut-être des cadres de nosologie chirurgicale. Je ne crois pas non plus qu'aucune autre manière soit aussi propre à montrer toute l'importance des aponévroses. Sous ce rapport, au surplus, rien ne s'oppose à ce qu’on fasse l’anatomie chirurgicale d’un système seul : que leur examen fût réuni en un même corps d'ouvrage, ou qu’ils fissent chacun le sujet d’un iraité dislinct, ils offriraient à peu près le même intérêt. En anatomie chirurgicale, la matière ne s’épuisera qu’après avoir été creusée non-seulement dans chaque région d'ensemble, mais encore dans chaque appareil anatomique, par diverses personnes s'emparant séparément de quelques-uns de ces points en particulier, Ï] serait, en conséquence, à désirer que plusieurs hommes capables adoptassent cette marche, ou envisageassent l’anatomie chirurgicale sous cet aspect. Étant obligé de revenir sur chaque région autant de fois qu'il y a de tissus divers dans l’économie, on perdrait souvent de vue, à la vérité, les connexions , la profondeur , la superposition, les caractères locaux, qui appartiennent à l’anatomie topographique proprement dite; mais l'esprit saisirait mieux l’ensemble des remarques auxquelles peut donner lieu chaque élément dans chacune de ses parties. Ge genre d'anatomie ne peut représenter, du reste, qu'une des variétés de l’anatomie chirurgicale; on manquerait totalement le buten cherchant à le substituer partout aux autres, C’est préci-