‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 15 sur 173 · KE * INTRODUCTION · texte numérisé non relu

KE * INTRODUCTION

Avec le tissu cellulaire proprement dit, les aponévroses forment sans contredit l'élément qui mérite le plus d'attention en pathologie, soit médicale, soit chirurgicale. Aussi m’y suis-je arrêté d’une manière toute spéciale. Il n’a paru d'autant plus utile d’insister sur ce point qu’on peut le considérer comme neuf, qu'il est extrêmement fécond en déductions pratiques, et que l’anatomie envisagée d’une autre manière n’en donne presque aucune notion. Le système musculaire joue, dans les amputations , les fractures, les luxations, les plaies, etc. , un rôle qu'il fallait aussi faire ressortir et spécifier dans chaque région. Les artères, eu égard aux anévrismes dont elles peuvent être Je siége, aux opérations qu’elles réclament, exigent qu’on en résume avec soin le siége et les rapports précis, les variétés et les anastomoses. Il en est de même des veines, à cause, soit de la saignée, soit des varices, soit de la phlébite, soit des précautions qu’elles demandent dans les opérations en général, la ligature des artères en particulier. L'appareil lymphatique, servant à transporter une fouie d’affections d’une région dans l’autre, étant susceptible lui-même de maladies nombreuses et de dégénérescences qui réclament souvent les ressources de la chirurgie, ne méritait pas moins d'attention. Les nerfs ont moins d'importance, il est vrai, sous ce point de vue, mais leurs fonctions ne permettent pas d’en négliger les connexions avec les divers organes sur lesquels il devient parfois nécessaire de pratiquer des opérations. Les os eux-mêmes, qui forment la base de chaque région, m'ont également occupé, ainsi que leurs dépendances, et j'ai tâché de faire sentir en quoi chacun d’eux peut modifier ses affections

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propres, et les différentes altérations des tissus voisins par le lieu qu'il occupe.

Pour compléter le cadre, on pourrait y ajouter encore une coupe transversale de chaque région avec l'énoncé des objets qui se présentent alors à découvert, ou qu'une tige portée dans telle direction, à telle hauteur, devrait atteindre. L'idée de ce dernier mode était déjà venue à Portal pour les cavités planchniques, et à Desault pour les membres. Je l’ai rappelée moi-même en 1825, et M. R. Froriep en à fait la base d’un travail intéressant en 1830; mais, forcé de me restreindre, je n'ai pu la mettre en pratique ici que pour un petit nombre de régions,. |

Un tel plan se prête, si je ne m’abuse, à toutes les exigences de l’étude et de la science. La perfection extrême de son exécution rendrait l’anatomie topographique indispensable, non-seulement aux chirurgiens et aux praticiens , mais encore aux médecins et à tous ceux qui recherchent dans l'organisation humaine des notions applicables à l’art de guérir. Je ne doute pas qu’à force de tâtonnements, cn n'arrive un jour à ce résultat, et qu’à ce litre l'anatomie des régions ne finisse par entrer comme partie essentielle dansl’enseignement des écoles. Que chacun de nous la présente donc à sa manière; que les anatomistes la tournent et la retournent ; que les écrivains ne se lassent pas d'en varier les points de vue ; la multiplicité des. ouvrages fera naître la controverse. Le champ est d'ailleurs assez fertile pour que personne ne le cultive en vain, Je pense, pour mon compte, que plus elle fera naître de plans divers, plus elle arrivera vite à se régulariser au

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