INTRODUCTION. XXVII
d’hui, aient eu l’idée d’une véritable anatomie d’application ; ils font de l'anatomie ordinaire, empruntée à quelque livre classique ; et rien, absolument rien de chirurgical, ni même de réellement topographique. En ouvrant le traité de Durand’, on croirait qu'il s’agit enfin d’un point de vue nouveau, d'anatomie franchement chirurgicale. Les propres paroles de l’auteur prouvent, en effet, qu'il l'avait en partie conçue.
«J'ai formé, dit-il, l'idée d’un ouvrage où chaque partie du corps humain serait expliqnée en même temps que tout ce qui concourt à sa conformation. d’ai donc rassemblé, pour ainsi dire, dans un même tableau, le trajet des artères, des tendons, l'origine et l'insertion des muscles, les aponévroses, les cartilages, les os, les articulations, les ligaments, les glandes ; j'ai tâché de ne rien omettre sur les viscères, sur la peau, la graisse et la moelle; de manière qu'en peu de temps, un chirurgien, sans études profondes, peut connaître les parties sur lesquelles il doit opérer ; et les opérations que je donne en observations, jointes à la connaissance de la structure du corps humain, doivent contenir sa main dans le respect qui est dû à chaque partie blessée. » Après ce beau début, qui semble tant prometire, n'a-t-on pas lieu d’être étonné de ne renconirer qu'une chétive anatomie descriptive, à la manière de Riolan, et sans aucune remarque pratique? Desault parlait souvent, dit-on, d'anatomie chirurgicale dans ses le-
1 Anat, chir, 0 parlicul. du corps humain, avec des observat, chir, sur
chaque partie, 2 vol. in-8. Lille, 174.
XXVIIT INTRODUCTION.
çons, mas il n’a rien laissé à ce sujet. Ce qu’en disent quelques-uns de ses élèves porterait à penser qu'il ne s'agissait, dans son esprit, que de certaines coupes qui eussent permis d'étudier en place, à différentes hauteurs, les objets susceptibles d’être atteints dans les opérations ; que d’une des faces de l'anatomie chirurgicale proprement dite. On trouve quelque chose d’analogue, sous le rapport médical, dans le cinquième volume de Portal ", qui se rapproche ici de Palfin et de Riolan.
C'est donc à Boyer’ qu'il faut arriver pour obtenir un point de vue véritablement spécial, exactement conçu et complétement réalisé ; mais le but de cet anatomiste n'était pas, non plus, de créer une anatomie chirurgicale. C’est de l’anatomie purement topographique qu’il a faite, et qu’il a voulu faire , en résumant à la fin de son dernier volume, par ordre de superposition , les diverses couches qui entrent dans la composition de chaque région du corps.
Malacarne * est le seul, jusque-là, qui ait positivement cherché à se rendre compte, par l’anatomie étudiée région
par région, d’un certain nombre de phénomènes patholo-
giques et chirurgicaux. Malheureusement les notions , les
remarques dignes d'intérêt, sont si rares dans son ou-:
vrage; cet ouvrage est tellement incomplet, à tous égards, |
qu'il n’a fait aucune sensation, et qu’il ne mérite d’être cité que pour rendre justice à l'intention de l’auteur.
1 Cours d’Anat. méd., 5 vol. in-8. Paris, 1803.
2 Trailé complet d’Anatom., etc.; 2e édit,, t, 4. Paris, 1805.
3 Ricordi della Anatomia Chirurgica, etc.; trois parties en un vol. in-8. Padoue, 1801-1802.