‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 27 sur 173 · INTRODUCTION, . # XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, . # XXXIX

M. Nélaton propose de nommer sphincter-superteur , est formé de fibres réunies en faisceaux. Sa hauteur est de six à sept lignes en avant, el d'un pouce environ en arrière, On observe un rapport inverse dans son épaisseur, qui est beaucoup plus considérable dans le premier sens, où les fibres semblent ramassées dans l’angle rentrant qui correspond à l’union de la première avec fa seconde courbure de l'intestin, tandis qu’en arrière elles sont disséminées sur sa convexité.

Les usages de ce sphincter seraient :

1°. D’arrêter les matières fécales, au-dessus du renflement inférieur du rectum, dans lequel elles ne descendraient que peu de temps avant la défécation.

2°, Pendant l'acte de la défécation, il aurait pour office de fractionner la masse stercorale, et d'empêcher le reflux des matières dans le colon.

3°. Après la section des sphincters inférieurs dans les opérations de fissure, de fistule à l'anus, l'extirpation de l'extrémité du rectum, la destruction d’une partie de ce conduit dans les fistules vésico-vaginales, c’est lui qui s’opposerait en grande partie à la sortie continuelle et involontaire des excréments. On observe alors dans ce muscle un épaississement qui est en rapport avec le surcroît d'activité de sa fonction.

D'un autre côté, le sphincter-supérieur serait le point de départ de plusieurs maladies. Ainsi les rétrécissements valvulaires n'en seraient le plus souvent qu’une hypertrophie. L'arrêt des corps étrangers anguleux dans le rectum devrait bien plutôt être rapportée à la saillie formée par lui dans la cavité de l'intestin, à sa contraction spasmo-

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dique, qu'à l’évasement et à l’obliquité des orifices des follicules, qui ne diffèrent nullement ici, dit M. Nélaton, de ceux que l’on remarque dans les autres points du rectum. Enfin, ce serait là le point de départ des invaginations qu’on observe si souvent chez les jeunes enfants.

Je ne pense pasqu'ondoive admettre comme démontrées tous les attributs que M. Nélaton accorde à ce muscle ; qu'il joue un grand rôle dans l’acte de la défécation, par exemple; mais je le crois de nature à suppléer jusqu'à un certain point aux sphincters inférieurs, et à servir de point de départ à certaines coarctations, aux chutes, aux invaginations du rectum. En arrière, ses fibres m'ont semblé s’entre-croiser pour aller se fixer sur la face antérieure du sacrum.

Le même anatomisie a vu, et j'ai vu de mon côté, que des fibro-cartilages analogues à ceux du genou existaient à l’état rudimentaire, dans une foule d’autres articulations, où on ne les admet pas généralement; dans les articulations métacarpo et métatarso - phalangiennes en particulier.

C’esi aux travaux de M. Thomson que j'ai surtout l’intention de m'arrêter. Les dissections auxquelles ce jeune anatomiste se livre sans relâche depuis six ans, dans nos amphithéâtres ; les pièces nombreuses qu'il a conservées,

les superbes dessins qu'il en a pris, m’avaient dès longtemps frappés. Convaincu que, sous le point de vue chi- ‘4 rurgical, l'anatomie n’est encore qu'ébauchée, je n’ai point été arrêté par les prétentions de M. Thomson, d’avoir | prouyé que nous n’avions encore aucune notion exacte sur les aponévroses et les muscles. Après avoir Iu ses manus-

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INTRODUCTION. F XLI crits, j'en ai fait des extraits; non content de l'examen de ses dessins, je l’ai prié de préparer de nouveau, et de me montrer sur le cadavre, les résultats auxquels il croit être parvenu. Recherchant ensuite moi-même ce qu'il pouvait y avoir d’exact au fond de ses assertions , j'ai cru devoir disséquer avec lui, et en présence de beaucoup de médecins ou d'élèves, la plupart des objets, soit à l’amphithéâtre de la Gharité, soit à l’école Pratique ; en procédant ainsi, J'ai bientôt acquis la preuve qu’une voie anatomique nouvelle s'était ouverte sous le scalpel de M. Thomson, et qu'il y avait là ample matière à des efforts ultérieurs; on a répété si souvent, de nos jours, que l’anatomie n’avait plus de progrès à faire ; on a parcouru de tant de manières les routes indiquées par Winslow, Sabatier, Boyer, Bichat, Cloquet et Meckel, que les esprits doivent se trouver heureux de rencontrer enfin un autre sentier à explorer.

Sous le point de vue pratique, le tissu cellulaire me paraît se prêter à tant de vues reuves, les aponévroses ont une telle importance, que lAnatomie chirurgicale bien entendue ne peut pas tarder à fixer l'attention de tous les

chirurgiens instruits. Qu'on ne s’y trompe point, son do-

maine est assez vaste pour servir d’appât aux recherches de tout un siècle. Qu'au lieu de s’énerver à la puérile invention d’inutiles instruments , de se perdre dans d’interminables discussions vagues et sans portée, les jeunes travailleurs la prennent donc pour base de leurs investigations : avec l'avantage de faire avancer la science, ils

y trouveront tous une véritable satisfaction intellectuelle. |

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