XLII INTRODUCTION
Que de richesses ont été puisées dans le champ oavert par Vesale, depuis ce grand homme! Alors, pourtant, l’anatomie descriptive était plus avancée que ne l’est aujourd’hui l'anatomie chirurgicale. Ce fait, je le rappelle à dessein, car je ne sais rien de si contraire aux progrès d’une science que d'en vanter sans cesse la perfection quand elle est encore dans l'enfance. Il faut bien se le persuader, l'anatomie chirurgicale proprement dite n’a commencé à poindre qu'avec les travaux de Scarpa, de Burns, de M. Colles, et le présent traité est, je ne crains pas de le dire, jusqu'à présent le seul qui ait eu pour but d'en montrer l’ensemble et de la coordonner sous forme de science. Or, ce n’est point en un quart de siècle ou même en un demi-siècle qu’une science pareille peut être épuisée. |
Pour moi, plus je l’étudie, moins j'en concois les limites. En la résumant dans un traité dogmatique, je ne me: suis point dissimulé qu’elle était tout entière à dégrossir, que je n’en donnais, en quelque sorte, que la matière brute. J’ai reconnu, tout le premier, qu'après en avoir ainsi rempli le cadre, il faudrait en reprendre, pièce
par pièce, toutes les parties en détail, pour arriver à
quelque chose de précis; je sentais que le tissu cellulaire , les aponévroses, les muscles, les vaisseaux et
ganglions lymphatiques , les nerfs, les os, avaient parti-
culièrement besoin d’être étudiés , soit comme systèmes organiques généraux , soit dans chaque région du corps, autrement qu’on ne l’a fait jusqu'à présent. J'ai donc vu, avec intérêt , avec un véritable plaisir, M. Thomson s’emparer de quelques-uns de ses points, et les poursuivre de
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manière à faire naître chez ses contemporains l’envie de limiter. Ses travaux ne concernent encore, il est vrai, que les aponévroses et les muscles de l'abdomen et du périnée ; mais que d’autres en fassent autant pour la tête, le cou, la poitrine et les membres , et l'anatomie chirurgicale aura certainement fait un grand pas.
Tant de particularités nouvelles relativement à des tissus, à des régions qui ont déjà fixé l'attention d’un si grand nombre d’anatomistes habiles, autorisent, du reste, à penser qu'ailleurs la moisson sera encore plus abondante pour qui saura défricher le terrain.
N'ayant pas toujours vu ni interprété les objets de la même manière que M. Thomson , même en les discutant avec lui; voulant offrir ici le résultat de mes propres observations, autant que sa pensée personnelle, je parlerai en mon nom plutôt qu’au sien de ce que j'ai vu ou cru devoir admettre comme exact. Je ne voudrais pas qu'il fût responsable d’assertions ou d'opinions émises par moi autrement qu'il ne l'entend. Quand il s’agira de faits ou de remarques dont je n’aurai point été à même de constater l'existence ou la justesse , de points à discuter, je le nommerai, afin d'éviter toute confusion. De pareilles précautions sont encore nécessaires, en ce sens que les travaux de M. Thomson, déjà imprimés en partie dans divers journaux scientifiques, ou soumis à l’examen de plusieurs sociétés savantes, sous une forme, avec des détals ctune couleur dont je ne puis les revêlir, ne se présenteront ici qu'après avoir subi d'assez nombreuses modifications. Comme ; soit dans les faits, soit dans les pensées, soit dans les généralités, soit dans les détails,