‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 64 sur 173 · INTRODUCTION. XCI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XCI

mais dont on ne saurait former deux couches générales distinctes dans toute l'étendue de la région.

Les anatomistes qui ont prétendu trouver des lames à volonté dans le fascia superficiel du périnée n'ont point examiné cette aponévrose dans toute sa largeur, mais seulement dans quelques endroits très-circonscriis. Ses fibrilles s’étalent, du reste, et s’entrecroisent de manière à former de nombreux petits trous destinés aux vaisseaux cutanés. Pour cela elles se croisent avant de s’écarter les unes des autres, de telle sorte que celles qui étaient antérieures deviennent postérieures, et se croisent de nouveau, en achevant les petites ouvertures pour reprendre leur direction primitive. La disposition des fibres autour des trous dont il s’agit est la même que celle des fibres qui composent les anneaux herniaires, Aussi, les résultats de l'action musculaire sont-ils les mêmes de part et d'autre, c’est-à-dire que les efforts déterminent ici la compression des vaisseaux, comme elle produit ailleurs l'étranglement des viscères.

Cette couche aponévrotique s’amincit graduellement en approchant de l'anus ; à, ses fibres s’entrelacent avec les extrémités inférieures des fibres charnues longitudinales du rectum, au moment où celles-ci se réfléchissent en dehors pour aller s'attacher sur le détroit inférieur du petit bassin. N’ayant aucune attache tendineuse ou osseuse dans la région ano-périnéale, sauf sur l'extrémité du coccyx, elle fait que tout épanchement de sang, d’urine, de matière purulente, qui arrive jusqu’à sa surface supérieure, peut s'étendre aux fesses, aux cuisses et aux bourses, sans pénétrer dans les dartos.

XGIV INTRODUCTION.

soit dans l’intérieur même des dartos, en décollant de l’intérieur de ces sacs, le prolongement que la couche profonde du fascia sous-cutané du ventre y envoie.

S 6. — Sphincier cutané de l'anus.

La portion superficielle ou cutanée du sphincter anal fournit, en grande partie, la couche fibro-musculaire précédente. Elle se présente sous la forme d’une masse aplatie de haut en bas, large d’un pouce vis-à-vis de l’anus, chez les sujets robustes ; large de deux pouces et démi environ vers son attache antérieure, et de deux pouces seulement vers son attache postérieure. Épais de deux lignes au plus, chez les sujets les mieux musclés, vis-à-vis les points latéraux de l'anus, ce muscle diminue ensuite d'épaisseur dans toutesles directions; ses faisceaux, terminés par des fibres tendineuses, qui s’épanouissent en éventails chez les sujets maigres, sont quelquefois charnus jusque vers leur point d'attache chez les sujets fortement musclés. Du sommet des apophyses épineuses et de tout le côté du coccyx, ces fibres sé dirigent d’arrière en avant, traversent , presque à angle droit, le bord périnéal du muscle grand fessier, s’entrelacent, contournent chaque côté de l’anus, s’entrecroisent de nouveau en avant de cette ouverture, et s’étalent ensuite, en larges éventails aponévrotiques, pour se fixer définitivement sur toute la lèvre externe de l’arcade pubienne. Ici, comme ailleurs, lorsque le sujet est bien musclé, les fibres charnues s'étendent bien au-delà

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