INTRODUCTION. CXXXI
celluleux, je dois cependant convenir, avec M. Thomson, que la confusion de ces deux éléments est infiniment moins fréquente et moins facile qu'on ne le pense géncralement. Gequi en a imposé aux anatomistes, et à moi tout le premier, sous ce rapport, c’est la dispersion de l’un au milieu des lamelles de l’autre; c’est l’écartement de leurs fibres et de leurs lamelles par la graisse, la fibrine ou des liquides infiltrés. J’ai vu, en effet, que les filaments du tissu fibreux et les aponévroses sont pour le moins aussi manifestes, quand on les dissèque avec soin, chez les sujets jeunes, chez les femmes, chez les hydropiques, que chez les sujets âgés et maigres. Les individus gras ou fortement musclés sont les seuls qui se prêtent mal à l’étude de ce tissu; encore parvient-on, avec de la patience, à l’isoler chez eux comme chez les autres.
Il en résulte qu'avec des précautions, on parvient à retrouver les faisceaux fibreux intacts, au milieu des plus graves désordres pathologiques, et qu’ils permettraient ainsi de préciser le point de départ ou le siége exact d’un certain nombre de maladies,
Ant. IT. — Tissu usculo-fibreuæ,
La continuité du tissu fibreux avec le tissu musculaire est évidente sur toutes les régions du corps. Il en résulte que la tension des aponévroses est toujours en rapport avec la contraction des muscles, et que tous les fascias peuvent réagir sur les organes situés au-dessous, ou dans les écartements de leurs fibres. On voit ainsi que la graisse, les artères, les veines, les nerfs, les corps quels qu'ils
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soient, sont exposés à la compression entre les aponévroses comme entre les muscles.
Anr. LIL — Entrecroisement.
L’entrecroisement des fibres du système fibro-musculaire est un fait de haute importance physiologique et chirurgicale, à l’abdomen surtout. Il montre que la ligne blanche n’est qu’un simple raphé ou une suture, qu'il en est de même des intersections dites aponévrotiques en général, et de celles du muscle droit en particulier. On voit, à son aide, comment toutes les ouvertures dont les aponévroses sont criblées doivent représenter de véritables losanges , ou de simples boutonnières; comment ces ouvertures, soit qu’elles entourent des cellules graisseuses , des vaisseaux ou des nerfs, soit qu’elles donnent passage à quelque organe particulier, sont toutes formées par le même mécanisme, c’est-à-dire par l’entrecroisement oblique de quatre faisceaux de fibres, ou par l’écartement en demi-lune de deux rubans du même genre. Les ouvertures destinées au passage des vaisseaux ombilicaux , du cordon testiculaire, des vaisseaux cruraux, ne diffèrent, en réalité, des petites ouvertures vasculaires, que par leurs dimensions plus grandes. Les mêmes remarques s'appliquent aux ouvertures du périnée, soit qu'il s'agisse des vaisseaux, Soit qu'il s'agisse de l'urètre, des uretères ou du rectum.
Un pareil arrangement fait que les contractions musculaires tendent sans cesse à resserrer ces ouvertures, à
transformer les losanges en boutonnières, à transformer!
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les boutonnières en de simples fentes. D'après cela , il est difficile de ne pas admettre la possibilité d’un étranglement spasmodique ou par l’action musculaire, des vaisseaux , des nerfs, comme de tous les organes qui traversent naturellement ou accidentellement les ouvertures aponévro
tiques ou musculaires. Le col de la vessie et l’urètre, les veines, comme le rectum, commeune hernie quelconque, peuvent être ainsi plus ou moins comprimés ou étranglés.
ART. IV. — Torsion des fibres.
En relatant, avec M. T homson, quelques-uns des orga nes où la torsion des cordons fibro-musculaires est vi dente, j'ai indiqué les déductions soit physiologiques , soit chirurgicales, qu'il serait permis d’en tirer. Cet état, qui se remarque à divers degrés dans les sphincters de l’anus, le muscle transverse du périnée, le bulbo-caverneux, le digastrique , l’omoplat-hyoïdien, l’aponévrose plantaire et une infinité de tendons et de ligaments arrondis, n’a pas encore été assez étudié pour qu’on puisse en apprécier exactement l'importance aujourd’hui.
Ant: V. —- Transformations.
Jointes aux autres conditions anatomiques déjà indiquées, les transformations fibro-musculaires ont aussi leurs valeur pathologique, anatomique et chirurgicale. D’abord, elles montrent comment tel anatémiste a pu ne voir qu'une aponévrose à où un autre azait décrit un muscle, et réciproquement, Elles établissent ensuite que le tissu libreux forme la trame du tissu Charnu, et que ce système