‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 89 sur 173 · INTRODUCTION, CXXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, CXXXVII

jourd’hui que toutes les dépendances utérines que je viens de nommer appartiennent au système fibro-musculaire, et que, soit chez certains animaux à l’état normal, soit dans l'espèce humaine accidentellement , elles se présentent quelquefois sous forme de tissu charnu.

La vessie est dans le même cas. Ses fibres, qui se continuent par le sommet de l'ouraque avecles fibres du muscle droit, se fixent manifestement, en partie du moins, du côté de l’urètre sur la face interne des pubis, et jusque sur le detroit supérieur, par l’intermède de l’aponévrose pelvienne,

Les fibres du tube intestinal ne font point exception. On sait où s'attache, en haut, le plan longitudinal de ce conduit, pris au pharynx. Réunies en faisceaux parallèles et serrés dans l’œsophage, éparpillées en rubans spiroïdes dans l'estomac, redevenues parallèles le long de l'intestin grêle, formant trois lougues bandelettes dans le gros intestin, les fibres verticales des entrailles sont épanouies en lignes parallèles dans le rectum, avant qu’elles ne divergent, en s’entrelaçant avec les sphincters, pour. aller se fixer à la circonférence du bassin. Celles qui forment le plan circulaire ou horizontal n’arrêteraient pas davantage aux extrémités, soit céphalique, soit anale, du conduit alimentaire. Les attaches connues des constricteurs du pharynx et des sphincters de l’anus le prouvent suffisamment ; mais, il faut l'avouer, la difficulté devient réelle quand on les examine dans l'intervalle. Cependant, si on fait attention que le fascia propria se prolonge partout entre les replis du péritoine ; qu’il va, par le mésentère, Jusqu'à l’intestin grêle; par les méso-colons, jus-

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qu'au gros intestin; comme à la vessie par le contour de Fexcavation pelvienne ; comme à la matrice, par les ligaments larges; qu’il n’est pas sûr que l'estomac ait des fibres circulaires indépendantes de ses fibres spiroïdes ; que l’'æsophage en ait d’autres que les fibres longitudinales ; si l’on réfléchit ensuite que le fascia propria, comme le fascia sous-cutané, est bien une véritable dépendance du système fibro-musculaire ; on cessera de trouver l’idée de donner des attaches osseuses aux deux extrémités des fibres intestinales, aussi étrange que de prime abord.

Quoi qu’il en soit, les fibres se présentent sous forme d’anneaux presque distincts, de plaques circulaires hypertrophiées à la manière des sphincters, sur certains points du canal alimentaire, comme dans la région signa. lée par M. Nelaton; et c’est ordinairement sur les parties ainsi conformées que se rencontrent les coarctations, soit purement spasmodiques, soit réellement organiques.

Étant admis, ce fait anatomique donnerait la clef des invaginations intestinales. Faisant obstacle aux matières, aux corps étrangers, aux efforts qui tendent à le traverser, à le dilater ou à le refouler, l’un de ces anneaux, trouvant l'intestin plus large et moins résistant au-dessous, s’y engage à la manière d’un doigt de gant, et s’invagine ainsi plus ou moins profondément. M. Nelaton a constaté que J'invagination connue sous le nom de chute de l'anus s’opérait quelquefois par ce mécanisme; et je soupçonne fort qu'il en est de même des invaginations de l'intestin grêle. On comprend, en outre, que les rudiments des sphincters,

qui ne sont, au total, que des anneaux un peu exagérés de

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