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de quelque lésion spéciale. Enveloppe de tout le corps, elle joue nécessairement un grand rôle dans les blessures et la
plupart des opérations.
AnT. [%. — Derme et réseau muqueux.
Le derme ou le corion, qui forme la base et presque toute l'épaisseur de la peau , est composé de fibres denses , élastiques, tellement entrecroisées qu'il en résulte un véritable feutre et des vacuoles, une sorte de réseau à sa face interne. Les vaisseaux, les nerfs qui le traversent, raréfiés, entremêlés, épanouis à sa face externe, s’y présentent sous forme de bourgeons, de papilles rosés, que coiffe une lamelle blanchâtre excessivement fine ". Vient ensuite la couche gemmulée ou de matière colorante *; puis le feuillet albide ou épidermique superficiel , et enfin l'épiderme proprement dit. Ces divers feuillets, trop ténus dans Vétat naturel chez les Européens pour être facilement distingués , se voient assez bien chez le nègre, les grands quadrupèdes et dans certaines maladies , certaines variétés de l’éléphanthiasis, par exemple *. Toutefois aucun d'eux n’est réellement distinct du réseau muqueux. M. Eichhorn “ a tout-à-fait raison de ne pas les admettre comme lames indépendantes, isolables. Ce ne sont que des nuances d’une même couche. Je les ai vainement cherchées sur un jeune homme éléphantiaque, quoique Ja
SE am 7 CU
1 Gauthier, Thèse. Paris, 1809-1811.
2 Dutrochet, Journal comp., t. 5, p. 366.
3 M. Andral, Revue méd., 1827, t. 1, p. 234.
“ Journal des Progrès, ?. 8, p. 80.
TÉGUMENTS. o
peau eût acquis depuis long-temps chez lui un et même deux pouces d'épaisseur au scrotum.
D'un brun plus ou moins foncé dans la peau de l'Éthiopien, où M. Gerdy ‘ ne l’admet pas, la couche gemmulée existe à peine chez les races blanches, dont les bourgeons sanguins cutanés ne sont guère séparés de l'atmosphère que par les lamelles épidermiques : son absence complète caractérise les albinos. |
Les brûlures du premier degré, ne dépassant pas ia couche albide superficielle, ne sont point accompagnées de phlyctènes, non plus que les érythèmes en général, et n'ont d'autre suite, par conséquent, qu'une desquammation del’épiderme. L’ampoule du vésicatoire tient, comme les phlyctènes de la brûlure, à ce que le travail pathologique s'opère sur la couche gemmulée entre les deux lames albides. Aussi en résulte-t-il souvent une perte absolue de coloration dans le point qui l’a supportée pendant quelque temps. Plus profond, occupant surtout le corps papillaire et la superficie du derme, l’érysipèle ne soulève pas aussi constamment la cuticule. La pustule maligne, qui semble avoir son point de départ plus profondément encore, n’est accompagnée de vésicules ou de phlyctènes que par suite de son action concomittante sur un point du réseau de Malpighi. Le furoncle, ayant pour origine le dépôt d’une ou de plusieurs gouttelettes de pus qui se conerètent, ou la mortificetion d’une des cellules adipeuses, soit dans les cavités
lymplufères décrites par M. Eichhorn?, soit dans les
a me
1 Anat. des Formes, p. 311. Paris, 1829.
2 Journal des Progrés, t, -,p. 85.
mailles du derme, reste circonscrit et ne peut s'étendre, parce qu il est emprisonné à la manière des corps étransers dans l’un des tissus les plus solides de l'économie. Si l’anthrax s'éloigne du furoncle par plusieurs caractères, c’est qu'ayant son siége dans le tissu cellulaire qui remplit les vacuoles internes de la peau, et non dans l'épaisseur du corion, il est formé par divers pelotons mortifiés bien plus que par de simples parcelles de pus concret. Ons’explique ‘ainsi pourquoi, dans ces maladies, la peau se perce presque toujours en arrosoir ayant de se détruire et de disparaître sur le reste de la masse à éliminer.
Dans son ensemble, le derme offre une densité qui va croissant de sa couche moyenne vers ses deux surfaces. Les inflammations (je ne parle ici que de celles qui n’ont : point pour siége les éléments spéciaux dont il scra question plus bas) qui naissent en dehors de <cetie partie moyenne, ont, par cela même, une tendance manifeste à la diffusion et à rester superficielles. Au-dessous, elles sont au contraire plus disposées à gagner du côté du tissu cellulaire et à causer des érysipèles phlegmoneux. Les cavités lymphifères étant plus rapprochées de la face interne du derme que de l’externe, font que le furoncle, qui, ainsi que je m'en suis assuré, en est une maladie, forme des tumeurs circonscrites et ne se développe qu'en produisant de vives douleurs. Ges cavités n’arrivant au réseau muqueux que par un prolongement très-mince , que par une sorte d’orifice, et se trouvant à peu près complètement fermées par derrière, ilest tout simple aussi qu'un prompt débridement, que de larges incisions, soient le meilleur remède de toutes les affections anthracoïdes. La
pustule maligne et le charbon ont bien encore pour point
de départ les ampoules cellulo-graisseuses du derme,
mais elles envahissent presque toujours peu de temps
après , si ce n’est simultanément , le point correspondant
du tissu sous-cutané, outre qu’elles diffèrent essentielle . ment, par leur cause ou leur nature, du furoncle et de Panthrax.
“Si les autres maladies de la peau présentent de si nombreuses variétés de forme, c’est encore dans la contexture de cette membrane qu'il convient d'en chercher la raison. Les bouches absorbantes que M. Westromb' y a démontrées, les artères. séreuses, les canaua sudorifères étudiés avec tant de soin par M. Eichhorn ?, suflisent pour expliquer les apparences d’une foule d’ éruptions et de dartres. Le parenchyme glanduleux et les canaux spiroides que MM. Breschet et Roussel * croient avoir découverts dans le derme de la baleine, mériteraient aussi un examen sérieux, s’il répugnait moins à l'esprit d'admettre chez les cétacées et chez les poissons un appareil sudoral aussi complet. Les cryptes sébacés, les kystes pileux doi-. vent avoir, sous ce rapport , une importance pour le moins aussi grande. Ainsi, je me suis assuré cent fois que les
-commedones , les crinons, qui s’échappent sous l'aspect de filaments de certaines parties de la peau, quand on la
presse, sont constitués par de la matière sébacée retenue
concrète dans ses propres organes formâteurs ; que les
À Journal-des Progrès, t. 11, p. 13 2 Idem, t. 3, p. 88.
® Gazette méd. de Paris, 1834, p. 86.
tanes ne sont autre chose qu’une transformation en kystes de certains de ces eryptes, dont l’orifice est en partie fermé et que distend plus ou moins la matière précédente. Une parcelle de sebum , solidifiée dans son crypte, l’enflamme à la manière d’une épine, et cause cesecthyma, ces couperoses , qu'on observe surtout à la face, au scrotum , sur le sternum , et qu’on ne guérit jamais si bien qu’en les ouvrant pour en expulser la matière avec force par la pression. "
L'aspect ombiliqué des boutons de variole ou de vaccine, le pointillé de leur cicatrice, portent à croire que, si les follicules sébacés ne sont pas le siége de ces deux exanthèmes, comme je l'avais pensé ', et comme M. Deslandes l’a dit depuis ?, il n’en faut pas mois placer le point de départ dans quelques canalicules du derme. d "en dirai autant de la lèpre, dont les écailles primitives sont toutes déprimées au centre et garnies d’une petite pomte à leur surface profonde*, tandis que le psoriasis, le prurigo, le pythiriasis, et la plupart des aflections squammeuses ou vésiculeuses, dépendent plutôt d’une altération des canaux de la sueur.
La disposition des follicules, eu égard aux poils, doit particulièrement être notée. Chacun d'eux, il est vrai, se trouve traversé par un de ces poils, mais obliquement et par le côté ou par l’une de ses parois; de telle sorte que, tout en septant par l’orifice du follicule, le poil en
1 Archives gén., juillet 1825.
2 Revue méd., 1826, t. 3, p. 329.
5 Raver, Maladies de la Peau, 17° édit.,t. 2, pe 4.
TÉGUMENTS. à laisse le fond complétement libre. C'est ainsi du moins que MM. Mahon “ disent lavoir constamment observé, en résulte que l’ampoule pileuse reste indépendante du crypte, et prend sa racine jusque dans les vacuoles du derme par deux ou trois petites tiges vasculaires. fl en résulte aussi que toutes les maladies des follicules réagissent sur l’état des poils, mais sans en détruire le bulbe, tant qu’elles ne s'étendent pas au-delà de l'organe qui en a été le siége primitif. Les teignes donnent la preuve de ce fait, On voit en effet la teigne faveuse , par exemple, se développer en forme de cupule ou de godet, à la racine du cheveu sans le détruire nécessairement; la tergne tondante altérer tellement l'huile du crypte, que le poil qui le traverse devient fragile comme du verre, et se tient constamment rompu à une ou deux lignes de la peau; la teigne amiantacée* se manifester par suite de l’allongement anormal et de l’agglutination de la gaîne épidermique que prend le cheveu en traversant le follicule* et, amsi de suite, les teignes granulée #, muqueuse *, porrigineuse°, furfuracée, etc. , revêtir aussi et donner aux poils un aspect particulier, à cause de la manière dont l’état des cryptes et des autres éléments spéciaux de la peau réagissent sur eux,
1 Recherches sur le siège et la nature des teignes, p. 8. Paris, 1525. ? Mahon, loc, cit., p. 134.
3 Ibid,, p. 149.
k Jbid., p. 220.
* Ibid., p. 202.
$ Jbid., p. 183.
re) TÉGUMENTS.
Ant. Il. — Epiderme et surface externe.
Véritable excrétion membraniforme, qui ne s'organise qu’accidentellement, l’épiderme participe à toutes les maladies du réseau muqueux, de la couche aïbide superficielle surtout. Aussi est-il constamment altéré dans le porrigo, la teigne furfuracée, la teigne muqueuse, que MM. Mahon placent avec raison, je crois, dans les couches albides et papillaire , ainsi que la teigne granulée, qui me semble cependant avoir son siége spécial dans les artères séreuses ou les canaux sudoripares de M. Eichhorn. S'il se transforme en écailles si épaisses dans l’ichthyose, c'est qu'il reçoit un surcroît de nutrition par la vie trop active des couches sous-jacentes, ou que l'appareil de sécrétion épidermique, l'appareil keratogène annoncé par M. Breschet! est véritablement malade. Les productions cornées, qui sont une autre altération de l’épiderme, doivent leur forme à ce que les deux feuillets albides, dénaturés en même temps, sont accompagnés d’une végétation, d’une hypertrophie de quelques papilles cutanées. Les verrues diffèrent des productions cornées en ce qu'elles sont une transformation très-circonscrite, non plus de l’épiderme seulement , mais bien de toutes les couches annexes de la peau, y compris le réseau papillaire. Les durillons, les cors, ne causent de la douleur et de la gêne que par la pression qu’ils exercent sur les bourgeons sanguins en s’épaississant. Le suintement du pourtour des ongles et la paronychie ne sont également que des lésions
1 Gazette méd. de Paris, 1834, p. 82.
TÉGUMENTS. (] primitives des couches bourgeonnées et gemmulées aliérant la sécrétion épidermique, comme elles le font à Ja tête dans la plique polonaise, que M. Ch. Sedillot ' et M. Toussaint * ont démontrée être bien do ie une maladie des cheveux.
Une conséquence toute naturelle à tirer de ces premières remarques, est quà part leur nature et leur intensité, les maladies de la peau sont loin d'offrir toutes la même prise aux médications topiques; que celles qui ont leur siége entre l’épidérme et la couche feutrée du derme doivent être, toutes choses égales d’ailleurs , moins difficiles à traiter que celles qui naissent de quelque élément spécial, des cryptes, des bulbes pileux, des tubes sudoripares, des aréoles lymphifères, etc. Ce qu’on sait à ce sujet est donc un motif pour chercher encore, afin de préciser de plus en plus le nombre des parties constituantes des téguments et d’en déterminer, en suivant la voie ouverte par Willan, Batteman et M. Rayer, les affections propres, d’une manière plus exacte qu’on ne l'a fait jusqu'ici.
Fnégalités. — Outre Les poils qui l’ombragent, et dont les altérations, d’ailleurs assez rares, dépendent à peu près constamment des cryptes, du bulbe ou des filaments de leurs racines, la face libre de la peau présente de nombreuses inégalités naturelles.
De ces inégalités, les unes, celles que constituent les follicules, ordinairement peu marquées, à peine dis-
1 Considérations sur la Plique. Paris, 1832.
2 Thèse sur le Trichoma. Paris, 1825
tinctes sur le trajet des gros vaisseaux et plusieurs parties du corps, moins manifestes chez la femme que chez l'homme , se montrent surtout pendant le froid ou la crainte, en donnant lieu à cet aspect granulé qu'on nomme chair de poule. Certains hommes les ont habituellement si développées, qu’elles deviennent chez eux une cause perpétuelle d’irritation et de pustules.
Les autres inégalités de la peau, connues sous le nom de rides ou de sillons , forment deux classes différentes. Il en est effectivement qui sont en quelque sorte la reproduction des forme du corps papillaire, tandis que le reste s'explique par le mouvement des parties sousjacentes. Le raccourcissement et l'allongement, le gonilement et l’affaissement alternatifs des muscles, la turgescence et la constriction du tissu cellulaire, dont elle suit tous les déplacements, obligent en elfet l'enveloppe cutanée à se distendre, à se resserrer sans cesse ; et, comme cette enveloppe n’est point contractile, ou ne l’est du moins que par sa couche feutrée, toute sa surface externe, sa cuticule notamment se plisse et se ride nécessairement. Ce genre de sillons présente lui-même trois nuances.
La première variété de sillons cutanés ne porte que sur les couches superficielles de la peau, et occupe tout le corps, mais la prédominance du tissu cellulaire en préserve l’enfance et la plupart des jeunes filles.
Les sillons du second genre comprennent toute l'épaisseur de la peau, tiennent à la diminution d'un embonpoint antérieur plus ou moins considérable, ou bien à ce que, par suite d'une maladie quelconque, les téguments ont
dû rester long-temps distendus au-delà de leurs limites na-
turelles, ainsi que cela se remarque dans la grossesse, l'hydropisie, etc. : on les observe au déclin de la vie, principalement chez les vieilles femmes, et ils ne se voient guère qu’accidentellement dans l’âge adulte.
La troisième espèce de ces enfoncements comprend aussi toute l'épaisseur de la peau, avoisine les articulations diarthrodiales, et se montre en outre sur toutes les autres parties sujettes à de grands mouvements, ainsi qu’on l'observe au visage, à la paume des mains, au ventre des personnes grasses, par exemple.
Les rides de la premièrenuance ne sont d'aucune importance en médecine opératoire. Il faut seulement noter qu'en se combinant avec les corpuscules ambiants, ja matière sébacée s’y arrête, s’y colle de telle sorte qu'il faut au moins de l’eau chaude, si ce n’est de l’eau de savon ou de la pâte d'amande, pour en obtenir un nettoyage complet. De là même l’origine de certaines maladies, de quelques dartres, du cancer des ramoneurs peutêtre, des gerçures, des crevasses des mains, des pieds, des lèvres, par suite du dépôt irritant qui reste habituellement au fond de ces rides chez les personnes malpropres ou livrées par nécessité à certaines professions : j'ajouterai que chez quelques individus, ces rides se noircissent, en hiver surtout, avec tant de rapidité qu’elles sont presque toujours crasseuses.
La flaccidité causée par la seconde variété de rides cutanées éxpose aux infiltrations, aux ecchymoses, au boursoufflement des tissus placés au-dessous ; fait 1° que, dans les inflammations, la gangrène s'empare facilement de La
peau; 2° que la réunion imtaédiate des plaies du voisinage
ne s'obtient guère qu’à l’aide de la suture; 3° qu'après les amputations la peau se rétracte mal, et 4° que, dans les opérations en général, les lèvres de la blessure se roulent presque inévitablement sur elles-mêmes, si le chirurgien n’a pas eu la précaution d’exciser une suflisante quantité de téguments avec les parties malades.
Le dernier ordre de rides, celles qui dépendent des mouvements du squelette ou des muscles peauciers, ne mérite pas moins d'attention que le précédent, mais sous un autre point de vue. Comme leur position est à peu près invariable, elles forment parfois un excellent guide quand il s’agit d'ouvrir l'articulation voisine, ou de tailler des lambeaux. Aux doigts, au poignet, à la cuisse, elles permettent de pénétrer dans l’article avec une certitude en quelque sorte mathématique. À moins d'indications spéciales, les incisions doivent leur être parallèles, quelle que soit ladirection des parties qu'elles recouvrent. Il en résulte qu'à la paume des mains, sur les faces dorsale et palmaire des doigts, à la face, aux paupières, au . front, à laine, on néglige généralement le trajet des muscles, des vaisseaux et des nerfs, pour suivre celui des rides ou des sillons cutanés. Autrement, les cicatrices, outre l'inconvénient de rester difformes. et très- apparentes, pourraientencore gêner plus oumoins les fonctions de l’article ou de la région affectée. Enfin, leur adhérence, généralement assez forte, aux tissus profonds, fait quelles mettent quelquefois obstacle à la propagation des inflammations sous-cutanées, des infiltrations, soit séreuse, soit
sanguine, soit purulente.
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“ Anr. I. — Face adhérente.
Par sa face interne, la peau se continuant avec le tissu cellulaire ou les muscles, n’offre plus les mêmes particu- Marités qu’à l'extérieur. Unie aux couches sous-jacentes par un tissu cellulo-fibreux très-dense sur la ligne médiane, en avant et en arrière, elle ne cède que très-peu aux efforts distensifs, sur le sternum, la ligne blanche ct l’épine vertébrale, de même qu’à la plante des pieds et à la paume des mains. Aussi est-il rare de voir des tumeurs volumineuses se développer sur ces points, qui deviennent, par lamême raison, comme déprimés et plus ou moins enfoncés, chez les sujets doués de beaucoup d’embonpoint ou aflectés d'infiltration, soit partielle, soit générale. Cet arrangement fait aussi que les plaies avec déperdition de substance ne peuvent y être que très-diflicilement fermées par première ‘intention ; mais il faut dire en même temps que leurs lèvres ne se rétractent que très-peu. De là le précepte de conserver, autant que possible, les téguments quand on opère sur les régions ainsi disposées ; de là le besoin d'en disséquer au loin les lambeaux, pour mettre à nu la moindre tumeur ; de là, par compensation, le peu de danger de la stagnation des matières morbifiques, la rareté de leur infiltration dans les régions circonvoisines, à la suite des plaies sans décollement.
Aülleurs, les adhérences de la peau, quoique moindres, sont cependant loin d’être partout lâches et peu solides. Il est des points, tels que les lombes, les épaules, où le tissu cellulaire filamenteux qui la double en augmente sonsidérablement l'épaisseur, et d’autres, tels que le de-
vant du cou, où elle est tellement mince que ses vacuoles et ses aréoles ne peuvent plus être distinguées.
Vis-à-vis des articles, des intersections fibreuses, des dépressions musculaires, les adhérences de la peau, ordinairement plus fortes que dans les intervalles, représentent souvent des sortes de brides dontil faut aussi tenir compte dans les opérations, et quimodifient toujours plus oumoins la marche des inflammations ou de la transmission du pus après les incisions.
Lorsque des muscles se fixent à La peau, comme on le voit à la tête, au cou, elle en suit nécessairement tous les mouvements, et se plisse en raison de l'âge ou de l’'embonpoint des sujets.
Recevant presque toutes ses artères des parties profondes, la peau se mortifie ou se dénature avec une extrême facilité, une fois que le bistouri ou la suppuration l’a complétement dénudée ; ce qui fait que, règle générale, on doit renverser avec elle autant de tissu lamelleux que possible dans les opérations, et qu’en attendre l’extrême amincissement dans les abcès est une mauvaise méthode. A la face et à la périphérie du crâne, où les vaisseaux serpentent dans l'épaisseur même de la peau ou des couches immédiatement sous-jacentes, ces inconvénients ont beaucoup moins de valeur, il est vrai; mais il en résulte une dispositon plus grande à l’érysipèle simple et phlegmoneux, aux inflammations purulentes, comme suite des moindres lésions traumatiques.
Du reste, la manière dont se rendent les vaisseaux dans l'épaisseur ou à la surface du derme en se mélant
aux papilles nerveuses ‘ pour constituer les bourgeons sanguins, explique en partie pourquoi les taches de naissance, les nœvi materni, les tumeurs érectiles, sont si fréquents à la peau et si rares dans les autres tissus.
AnT. IV. — Structure.
La contexture des téguments donne donc la raison de presque tous les phénomènes pathologiques dont ils sont le siége, dès qu’on prend la peine d’en étudier avec quelque soin les divers éléments. Il s’y développe parfois des masses de consistance variable, qui n’en changent pas la couleur, du volume d’une noisette ou même d’un œuf de poule, sans douleur, mobiles, qui paraissent avoir pour origine une dégénérescence des globules naturellement contenus ou accidentellement épanchés dans les vacuoles ou les cavités lymphifères du derme.
Un malade opéré en 1823, à la Clinique de l'École , avait près d’une douzaine de ces tumeurs sur la partie postérieure du tronc. On en comptait près de quatrevingts sur les différentes parties du corps d'un homme adulte entré en 1831 à la Pitié pour une autre maladie. M. Beau, alors interne dans mon service, m'en présenta de pareilles qui avaient été prises à Bicêtre sur un cadavre d’aliéné Ces tumeurs, dont il n'existe que très-peu d'exemples connus, n’ont d'ailleurs pas plus de rapport avec les tanes ou tumeurs graisseuises des cryples cu-
CO
1 Breschet, Gazette méd., 1834, p.
tanés, que les furoncles n'en ont avec les verrues : elles en diffèrent autant par leur nature que par leur siége, et méritent à tous égards d’en être distinguées.
Si les cancers spéciaux de la peau ont pour caractère de s'étendre en largeur plutôt qu’en profondeur, de la ronger à mesure qu'ils la désorganisent, n’est-ce pas à sa texture complexe, serrée, vasculeuse et homogène tout à la fois, aux humeurs nombreuses et altérables qui la traversent, à la présence des poils, des follicules , des cryptes, de canaux de diverses espèces au milieu d’un tissu dense et membraneux qu'il faut s’en prendre ?
L’adhésion immédiate des plaies de la peau n’est si prompte et si facile que par suite de la coupe nette qu’elle présente, et du suintement glutineux qui en exsude sans pouvoir s’épancher en trop grande quantité dans les mailles de son tissu. En effet, cette agglutination ‘ n’est nulle part plus rapide qu'à la face et aux doigts, où l’enve- Joppe cutanée se continue, pour ainsi dire, sans démarcation avec les couches qui la doublent. Si, partout ailleurs , on voit souvent la réunion immédiate ne comprendre d’abord que le derme, et manquer ainsi de succès, ne fautil pas en chercher la raison principale dans la différence de densité et d’homogénéité qui existe entre le corion et les couches plus superficielles ou plus profondes? En se rapprochant de l'extérieur, l'espèce de cambium qui suinte d'une solution de continuité récente, trouvant moins de résistance qu'entre les bords du derme, tend à soulever l'épiderme, et ne tarde pas à le décoller de chaque côté.
1 Serre, De la Réurion immédiate, in-8°, p. 42, Paris, 1830,
Plus profondément ce suintement rencontre le tissu cellulaire, qui, plus souple encore et moins adhérent, en est bientôt irrité au point de s’enflammer, de faire naître de la suppuration. De Ià tant d’accidents à la suite des plaies.
La peau ne conserve sa coloration et sa souplesse habituelles, dans les cas de réunion primilives, que parce qu'il ne se développe alors aucune substance nouvelle entre les lèvres de la plaie. Toutes les fois, au contraire, que la division ne se cicatrise qu’après avoir suppuré, la forma tion de bourgeons cellulo-vasculaires devenant indispensable , le derme perd, dans ce point, la teinte, l’extensibilité et la plus grande partie du moelleux qui lui sont naturels. Dans les cas de plaies avec déperdition de substance, la cicatrice ne se réduit parfois à si peu de chose, que par suite de l'allongement ou du glissement que la grande laxité de ces adhérences permet à la peau, et ne reste si large dans d’autres cas que par l’impuissance où elle se trouve d'attirer les téguments vers son centre. On voit, par la même raison, qu’entrainée, que ramenée de loin par de telles cicatrices, la peau doit réagir à son tour sur les organes mobiles qu'elle recouvre, de manière à former des brides, à déplacer ces organes, à les porter dans la flexion comme il arrive à la face, aux doigts, et que, dans ces lieux, la réunion des plaies par première intention à des avantages | vraiment inappréciables. Enfin , c’est à la forme membra- Ineuse , à la texture gélatineuse, solide et vasculaire , à Ja
igrande vitalité de la peau, qu'on doit de pouvoir découper, déplacer, transplanter les téguments d’un lieu dans
Pt 1 2
l'autre à la manière des végétaux qu'on reproduit par marcotte ou par écusson, et d’avoir imaginé une foule d’opérations ingénieuses qui font la gloire de la chirurgie moderne.
Ce qui précède ne concerne au surplus que la peau à l’état normal. Les maladies amènent dans cette membrane des changements qu’ilne faut jamais perdre de vue en chirurgie. Raréfiée, épaissie sans être enflammée par léléphantiasis, elle perd son extensibilité, et se prête difficilement au rapprochement des lèvres de ses plaies avec perte de substance. Ses inflammations chroniques en gênent la réunion
immédiate dans les solutions de continuité. À l’état aigu
inflammation ne s'oppose pas à l’aglatination primitive des
plaies dans la peau, mais elle fait que la suppuration est beaucoup plus à craindre, soit du côté de l’épiderme, soit du côté du tissu cellulaire. Les adhérences qu’elle contracte au fond des cicatrices sur les os en rendent la dissection et la conservation presque impossibles, lorsqu'il s’agit de praquer là quelques opérations. Les cicatrices dont elle est souvent affectée en modifient d’ailleurs étrangement les propriétés, Dépourvue alors des appareils de sécrétion multipliés que MM. Eichhorn, Westromb, Breschet et Roussel disent y avoir observés , la peau n’a plus la vascularité, j'extensibilité, les qualités glutineuses qui permettent d'en réunir si facilement les plaies, de l’attirer au lom,
de la transplanter si aisément d’une région sur l’autre.
SAVANT AV AAA AVR AAA AAA AT ENV IAA AA AAA AN AA A ANA, AV AR AAA LA AAA AAA