TRAITEMENT DE LA CATARACTE EN GÉNÉRAL
A. — Traitement médical.
L'aversion que les malades ont, de tout temps, témoignée contre l'intervention chirurgicale, et les instances qu'ils ne manquent guère de faire, auprès du médecin, pour qu'il tente de les guérir sans opération, sont la cause des nombreux essais pratiqués en vue de dissoudre la cataracte. Chez un grand nombre, cette aversion se dissipera par l'assurance qu'on peut donner aux malades de pouvoir exécuter, grâce à l'emploi de la cocaïne, une extraction simple sans la moindre douleur. Les méprises de diagnostic, excusables à une époque où les moyens d'exploration étaient encore imparfaits, soutinrent, quelque temps, de vaines espérances en persuadant aux auteurs de ces tentatives qu'ils avaient trouvé le moyen de détruire des opacités cristalliniennes par un traitement général, seul ou associé à l'emploi de différents topiques. Le charlatanisme a tiré parti de cette erreur, en entretenant sciemment de pareilles méprises et en excitant avec avidité le faux espoir conçu par les malades. Tous les praticiens qui exercent dans les grands centres n'ont que trop souvent l'occasion de vérifier l'authenticité du ces faits regrettables, mais qui, fort heureusement, trouvent un terrain d'exploitation de plus en plus restreint.
Si, négligeant ce fâcheux côté de la question, nous recherchons quelles espèces d'opacités cristalliniennes sont susceptibles de disparaître d'ellesmêmes et sans opération, nous trouvons dans cette catégorie : 1° de faibles opacités disséminées, qu'on observe parfois à la suite d'irido-choroïdite, et qui tiennent probablement à des altérations morbides de la couche épithéliale intra-capsulaire; 2° de légers troubles occupant la superficie du cristallin et consécutifs à une blessure circonscrite de la capsule : ces troubles résident eux-mêmes, en majeure partie, dans la couche épithéliale, diminuent avec le temps et disparaissent même dans certains cas; 3° peut-être aussi des troubles peu avancés du cristallin, chez des diabétiques dont l'état général s'améliore d'une manière sensible. Il est vrai qu'on peut objecter aux cas observés par des médecins généraux (Seegen, Gerhardt), qui ont vu, avec la diminution du diabète, une augmentation de vue, et, inversement, que l'exploration du cristallin n'a pas été exécutée avec toute la préci* sion voulue. Le peu d'altérations anatomiques que présente un cristallin au début d'un trouble déjà assez marqué pour l'observateur,