‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 27 sur 147 · WAN0FF · texte numérisé non relu

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de plusieurs couches et renferme un nombre considérable de fibres nerveuses à contour foncé, tandis que les fibres pâles prévalent dans le premier réseau. Outre cela, une différence sensible existe entre les deux pour ce qui concerne le nombre et la grandeur de leurs cellules ganglionnaires, car dans ce second réseau, les cellules sont petites, plus isolées et pour la plupart bipolaires, tandis que les cellules du premier réseau sont plus souvent multipolaires. Par conséquent on peut désigner ce second réseau musculaire comme moteur. Quelques petites branches de ce dernier réseau retournent de nouveau vers la choroïde, mais nous ne pouvons poursuivre ces rami récurrentes que jusque vers ïora serrata, et il est difficile de ce prononcer si ces branches servent seulement à faire communiquer les deux réseaux, ou si elles sont destinées aux muscles de la choroïde.

On sait depuis longtemps que les nerfs de la choroïde renfermentdes cellules ganglionnaires, aussi déjà Krause les mentionne.

H. Mûller porta le premier sur ce sujet une attention particulière. En 1859, dans son travail : « Sur les cellules ganglionnaires du muscle ciliaire de V homme », et dans un autre intitulé Desmicscles lisses et des plexus nerveux de la choroïde de l'œil humain (H. Mûller, Gesammelte und hinterlassene Schriften, 1. I, p. 198- 201), il fait mention de cellules de la grandeur de 0,016 à 0,025 qu'il a rencontrées dans les ramifications des muscles ciliaires et qui ressemblaient complètement aux cellules ganglionnaires.

De même, dans les parties postérieures de la choroïde, cet auteur a rencontré des cellules ganglionnaires de la grandeur de 0,04 ",m et cela dans les petits troncs des nerfs ciliaires, où elles se trouvent parfois réparties en groupes de vingt. Schweigger décrit aussi de pareilles cellules ganglionnaires dans la couche vasculaire (« couche vasculaire la plus interne » comme il la désigne) de la choroïde. Dans ces derniers temps, Jeropheeff s'est occupé chez moi de cette question; nous donnons ici les dessins empruntés à son mémoire.

Fie,. 61. — Ganglion ries parties vaso-motrices des nerfs de !a choroïde.

a, petite artère; — 6, cellules ganglionnaires;— c, fibre nerveuse piïle.

§ 1. On distingue dans l'iris un bord pupillaire, margo pupillaris, qui

TRACTUS UVÉAL.

contourne l'ouverture centrale de la pupille, et un bord ciliaire, margo ciliaris, qui l'attache au corps ciliaire et à la cornée, enfin une surface antérieure et une postérieure.

On voit à la surface antérieure de l'iris une ligne en zigzag qui la divise endeux zones. La zone pupillaireinterne, à peu'près de la largeur de 1 millim., est garnie de petits plis ramassés et rayonnants ; la zone externe, zone ciliaire, mesure à peu près 3 millim. (lors d'une dilatation moyenne de la pupille de 4 millim. sur le cadavre) et possède dans la moitié externe 5-7 plis disposés conccntriquement, qui font saillie, surtout lorsque la pupille se dilate.

La surface antérieure de l'iris est recouverte d'un épithélium qui est en quelque sorte la continuation de celui de la membrane de Descemet, mais qui s'en différencie un peu, car il se compose de cellules plus petites qui sont grumeuses et moins précises comme forme hexagonale ; aussi les cellules ne se différencient pas autant les unes des autres, que celles de l'épithélium de la membrane de Descemet.

La surface postérieure de l'iris est teintée en noir, ce qui provient de la présence d'une épaisse couche pigmentaire; c'est l'uvée des anatomisles. L'uvée commence au bord de la pupille qui pendant son resserrement en est nettement ourlé (tandis que pendant la dilatation cet ourlé disparaît tout d'abord) et se termine près du bord ciliaire en passant dans la couche pigmentaire des procès ciliaires. La limite entre ces deux sortes de pigment est toujours nettement indiquée, attendu que le pigment des procès ciliaires se trouve, jusqu'à son point de jonction avec celui de l'uvée, recouvert d'une partie de la portion ciliaire de la rétine.

En ce qui concerne la composition histologique des cellules de l'uvée, leur protoplasma est farci de granules pigmentaires qui recouvrent complètement le noyau. En dilacérant cette couche, il se place ordinairement sous le mi croscope des grumeaux de dimensions les plus diverses et d'une surface rugueuse; il est donc impossible de déterminer par l'aspect que présentent ces fragments la forme des cellules. Les noyaux complètement recouverts de pigment sont ronds, finement granulés.

La surface libre de l'uvée possède une série de plis peu saillants et disposés en rayons; ceux-ci, régulièrement rangés en lignes droites, s'étendent ou nombre de 70-80 du bord pupillaire vers le bord ciliaire.

Il n'existe chez l'homme aucun revêtement membraneux de cette couche de pigment. Ce qu'on désignait autrefois sous le nom de membrana limitans Pacini,Jacobi, pigmenti, est représenté, suivant Kolliker, par la réunion des parois externes des cellules pigmentaires; d'après Henle, ce serait la limite du ciment qui réunit les granules pigmentaires, interprétation qui paraît d'autant plus plausible qu'on ne réussit pas à découvrir de parois aux cellules de cette couche.

Le tissu de l'iris se compose, comme celui de la choroïde, de vaisseaux, de muscles, de nerfs et d'un stroma.

IWANOFF. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

Les vaisseaux de l'iris se distinguent en général par l'extrême épaisseur de leurs parois (Arnold), particulièrement celle de la membrane adventive (Henle), qui est à elle seule plus importante, comme épaisseur, que toutes les autres parois des vaisseaux. En outre, les parois des vaisseaux de l'iris

FiG. 62. — Muscles de l'iris.

a, sphincter ; — b, dilatateur et terminaison ciliaire du dilatateur.

montrent le puissant développement de leur musculature ( Arnold et Hûttenbrunner).

Les mouvements de l'iris s'accomplissent par deux muscles, le sphincter, qui resserre la pupille, et le dilatateur, dont l'action entraîne la dilatation de la pupille.

Le sphincter de la pupille (fig. 62, a) occupe la zone pupillaire de l'iris et s'étend du bord pupillaire à une distance de 0rara,9-l,3 en dehors. Près du.bord pupillaire il est moins épais (il mesure ici, comme épaisseur, 0mm,10), puis

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il s'épaissit et atteint, non loin de son bord externe, l'épaisseur de Omm,25. Il est situé plus près de la surface postérieure de l'iris, de manière à n'être séparé de l'uvée que par une mince couche de tissu cellulaire ainsi que par des trames musculaires extrêmement tendres qui appartiennent au dilatateur.

Le dilatator pupillœ (fig. 63, b) se développe aux dépens des faisceaux du

Fig. 63. — Segment de l'iris vu de face. a, sphincter; — S, dilatateur.

sphincter formant ainsi sa continuation non interrompue. Son origine se présente sous la forme d'une zone de faisceaux, en arcades entrelacées placées en partie dans l'intérieur même du sphincter, en partie à sa surface externe, entre celui-ci et la couche pigmentaire. Ces faisceaux se réunissent

e c Fig. 64. — Arrangement des traînées musculaires de l'iris.

après avoir déjà dépassé la limite du sphincter, en une plaque musculaire continue qui recouvre toute la surface postérieure de l'iris ; toutes les fibres de cette plaque ont une disposition régulière, parallèle, les unes aux autres, et rayonnent du bord pupillaire vers le bord ciliaire.

A la distance de 1/2 millim. de son point d 'insertion, le muscle se divise en faisceaux isolés qui se placent suivant deux couches superposées (fig. 64, a'). Les fibres de ces faisceaux changent, tout près du bord ciliaire , de nouveau leur direction, se retournent en arc b) et forment, en s'entrelaçant, un

mince plexus musculaire (c) qui embrasse, sous forme d'anneaux, le bord ciliaire.

La littérature qui se rapporte au dilatateur nous suggère inconsciemment l'idée que, jusqu'à Henle, on a admis l'existence de ce muscle chez l'homme, plutôt d'après la nécessité physiologique de sa présence que parce qu'on en avait démontré, en réalité, la présence. Que la plupart des auteurs l'aient vu chez les animaux, cela est indubitable; il ne paraît pas moins probable également qu'ils ont rapporté à l'homme les résultats de leurs recherches. Mais en raison des particularités que tout l'appareil du mécanisme accommodateur et musculaire présente chez l'homme, une simple transposition des résultats que donne l'examen des yeux des animaux, ainsi faite sur l'homme, n'est pas admissible. — Les particularités déstructure du dilatateur de l'homme forcèrent même Henle à faire cette juste remarque que, entre l'objet de sa description et ce que Briïcke et Kolliker avaient indiqué comme dilatateur, il n'y avait rien de commun.

Kolliker (1) ne cache même pas que sa description du dilatateur est empruntée au lapin. Le dilatateur se compose, d'après lui, de faibles faisceaux isolés qui sont situés entre les vaisseaux, par conséquent, dans la substance même de l'iris. Henle ("2) indique une couche particulière de fibres qui se trouve sur la surface interne de l'iris, et pense reconnaître dans cette couche uniforme et sans lacunes, mais très mince, des fibres radiées s'étendant du bord pupillaire au bord ciliaire, le muscle dont la contraction a pour résultat la dilatation de la pupille.

Cette opinion engagea à de nouvelles recherches sur le dilatateur. D'après Hiittenbrenner (3), le dilatateur montre, chez le lapin, cette couche continue de fibres musculaires située immédiatement derrière l'épilhélium qui remplace, chez ces animaux, la couche pigmentaire. Ce muscle s'étend jusqu'au bord ciliaire; quelques fibres peuvent aisément être poursuivies jusqu'au lig. pectinatum. Kolliker l'a vu chez le lapin. Suivant Huttenbrenner, le dilatateur serait aussi chez l'homme, disposé de cette manière. D'après ce que nous venons de dire, cet auteur confirme, à l'exception du passage des fibres musculaires dans le lig. pectinatum, l'opinion de Henle, et cela non seulement en ce qui concerne l'homme, mais encore les animaux.

Merkel (4) décrit et dessine le dilatateur de nouveau plus semblable à la définition de Kolliker. Il n'est pas ici question d'une couche uniforme sans lacunes, comme Henle l'a vue, mais de faisceaux isolés qui pourtant se trouvent, comme chez Henle, situés immédiatement derrière le pigment.

Dogiel (5) décrit un muscle qui s'adapte à la description que Briicke et Kolliker ont donnée. Il commence à la surface de l'iris à partir du sphincter; alors il se dirige, fendillé en faisceaux isolés, entre les vaisseaux, en arrière et en dehors, et se fixe à l'anneau ciliaire.

En présence de cas contradictions, j'engageai M. Jeropheeff à examiner le dilatateur chez l'homme. Les résultats de ces recherches sont indiqués plus haut; ils concordent avec la description de Henle. A part cela, M. Jeropheeff a encore réussi à découvrir complètement les faisceaux circulaires près du bord ciliaire.

Depuis le manuel de Stricker (Lherevon (1er Geiveben), trois travaux ont déjà apparu sur ie dilatator pupillœ : deux appartiennent à Griinhagen, l'autre à Merkel.

Griinhagen est, de longue date, un adversaire du dilatateur. Déjà, en 1864 (6), et ensuite en 1867 (7), il s'est élevé, dans deux grands mémoires, contre la doctrine qui avait cours en ce temps sur le siège et la structure du dilatateur.

Le mérite de Griihagen, en ce qui concerne cette question, ne doit, en réalité, pas être négligé. Grâce aux deux mémoires susmentionnés, on est arrivé à ce résultat qu'on

(1) Handbuch des Gewebelehre der Meuchen, 1867, p. 667.

(2) Handbuch des System, anatom. des Menchen, t. II, p. 635.

(3) Sitzungsberichte d. K. Akademie d. Wissemchaftcn, 1 Abth., 1868. . ■ (4) Zeitschrift fur rat. Med., XXXI, XXXIV.

(5) Archiv fur mikrosc. Anat., t. VI, p. 95.

(6) Archiv fur palliai. Anat. u. Phgsiol. v. R. Virchow, t. XXX. Ueber Irisbewegungen- (von Griinhagen).

(7) Zeitschrift fur rationnelle Medicin., v. Henle et Pfeuffer, t. XXVIII, 2, 3.

TRACTUS UVÉAL.

ne s'est plus contenté de copier simplement, d'un manuel dans l'autre, une description inexacte du dilatateur. La question, alors, se posait donc ainsi : on devait, ou nier avec Griinhagen la présence du dilatateur, ou le découvrir. — C'est ce que fit Henle en démontrant que le dilatateur se trouve à la surface postérieure de l'iris adossé à l'uvée. Les travaux ultérieurs de Griinhagen concernant ce point sont toujours conçus de cette manière, qu'ils nient tout de suite les recherches confirmant l'existence du dilatateur.

Lorsque, par exemple, Merkel décrit, en 1808, pour confirmer les observations de KbTliker et Henle, que le dilatateur court sous le pigment de l'iris en forme de faisceaux rayonnants, Griinhagen (1) réplique tout de suite qu'il n'existe pas ici de muscle, attendu que, dans la couche de fibres décrite par Merkel comme composée de faisceaux musculaires, il ne rencontre nulle part de noyaux.

J'indique moi-même, dans le manuel de Stricker (2) (me basant sur les recherches que Jeropheeff avait faites sous ma direction), le siège du dilatateur, là où il commence, là où il cesse. Il me fut répondu de même par Griinhagen (3) que mon dilatateur n'était pas un muscle, mais plutôt une membrane de structure toute particulière qui se divisait en beaucoup de fibres, lesquelles suivant leur aspect et leur réaction chimique, ressemblaient à de fines fibres élastiques. En outre, qu'on réussissait à enlever, sur de grandes étendues, cette membrane sans rencontrer trace de noyaux.

Lorsque, plus tard, Merkel (i) eut confirmé ces travaux et ceux de Jeropheeff (5), en donnant un magnifique dessin dans lequel chaque fibre contient une cellule fibrillaire avec son noyau très visible, Griinhagen (6) se procura des préparations de Merkel, en prépara lui-même, et put se convaincre enfui, qu'en réalité, chaque fibre renferme un noyau. Nonobstant il conserva son opinion qu'il ne s'agissait plus de cellules musculaires.

Grâce à cette persécution concernant le dilatateur, on est au moins renseigné sur la question en litige. Toute cette polémique se réduit à ceci : Faut-il, oui ou non, envisager les fibres cellules situées dans la membrane susjacente à l'uvée comme des cellules de fibres musculaires? — J'ai donc de nouveau examiné cette membrane et crois devoir affirmer qu'on peut bien les envisager ainsi. Toute la membrane qui recouvre la face postérieure de l'iris se compose d'une couche de fibres rayonnantes. Chaque fibre se rend régulièrement du sphincter au bord ciliaire de l'iris où elle prend une direction circulaire. En les dilacérant, les fibres se déplacent aisément, ainsi que le montre le dessin (fig. 05, a). Chaque fibre se compose d'une série de cellules fusiformes avec noyau en forme de bâtonnet. Sur ce même dessin (6) se trouve représentée une pareille fibre composée d'une série de cellules. Ces cellules mêmes (c) présentent une structure assez singulière; elles sont fusiformes et renferment, pour la plupart, des noyaux semblables à des bâtonnets, mais parfois aussi ovales. Beaucoup de ces cellules contiennent, dans le proloplasma qui entoure le noyau, du pigment. Une pareille structure de cette membrane composée de fibres, les fibres des cellules étant très semblables aux cellules des muscles, nous engage à envisager cette membrane comme musculaire.

Tout ce que l'on peut objecter toutefois, c'est qu'il reste avéré que le dilatateur est un dilatateur physiologique dont nous ne saurions nous passer, et nous nous félicitons d'avoir enfin trouvé une membrane qui ne soulève pas, au point de vue anatomique, de sérieuses objections qnant à sa nature musculaire, et qui répond ainsi parfaitement à ce que réclame la physiologie.

Les nerfs de l'iris, par suite des grandes difficultés qui s'opposent à des recherches sûres, ne sont pas encore étudiés d'une façon satisfaisante. Les

(1) Zeitschrift fur rationelle Medicin., v. Henle et Pfeuffer, t. XXXI. Zur Anatomic. der Iris.

(2) Ibid., t. XXXI, p. 403.

(3) Strwker's Handbuch der Lehre von den Geweben, p. 104G

(4) Archiv f 'ùr mikrosc. anatomie von M. Schultze, t. IX. Ersles Heft. ZurFrage ùber die Iris musculaten, p 286.

(5) Die Musculatur der menschl. Iris Rostock, Stiller'sche Buehhandlung , 1873.

(6) Archiv fur mikrosko. Anatomic von M. Schultze, t. IX. Erstes Heft. Ueber die hintere Begremungssclucht der Iris. Griinhagen, t. X.

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meilleures recherches concernant ce sujet sont celles de Arnold (1) et elles ne se rapportent qu'aux nerfs du lapin.

Les nerfs de l'iris sont des branches des nerfs ciliaires de la choroïde. Après avoir pénétré dans l'iris, ils se divisent à leur extrémité diehotomiquement, forment des arcs et se perdent en un réseau composé de branches de grandeur moyenne. On aperçoit dans ce réseau un échange de fibres entre les troncs nerveux, dont le groupement rappelle

FiG. 65.

beaucoup le chiasma nerv. opticorum. De ces points d'entrecroisement naissent trois sortes de fibrilles nerveuses : a) des fibres pâles appartenant, suivant toute probabilité, au nerf sympathique, prennent la direction de la surface postérieure de l'iris où elles forment un réseau très fin (par conséquent destiné au dilatateur) ; b) des fibres à moelle qui se dirigent vers la surface de l'iris et se perdent ici en un épais réseau de fines fibres, ce sont les fibres sensibles de l'iris; c) enfin un troisième réseau est réparti dans le sphincter, les nerfs très fins qui le composent sont pour la plupart moteurs.

(1) Archiv fur pathol. Anotamic et Physiol., t. XXVII. Ueber die Nerven u. dos Epilhelder [ris.

TRACTUS UVÉAL.

Les vaisseaux et les nerfs de l'iris se trouvent couchés dans un stroma composé en majeure partie de fibrilles et de cellules de tissu cellulaire.

Le tissu cellulaire accompagne sous forme de faisceaux fibrillaires minces les vaisseaux , en outre on rencontre aussi dans les interstices des vaisseaux des fibres qui courent de préférence en sens longitudinal.

Dans les yeux foncés, la plus grande partie du stroma se compose de cellules pigmentées, étoilées, qui communiquent entre elles par des anastomoses serrées. Ces cellules se trouvent surtout entassées dans la couche la plus superficielle de l'iris. Dans les yeux noirs, on rencontre encore en outre des cellules libres, rondes, fortement pigmentées.

Dans les yeux clairs, on trouve des cellules étoilées sans pigment, munies de longs prolongements minces, et à part cela encore une grande quantité de cellules rondes, ressemblant aux corpuscules lymphatiques.

MALADIES DE L'IRIS

Par L. DE WECKER

ARTICLE PREMIER

HYPÉRÉMIE DE L'iRIS

Principalement au point de vue d'un diagnostic précis, il est nécessaire de séparer de l'inflammation de l'iris, la simple hypérémie, qui, tout en ayant Lien des symptômes communs avec la première, sera pourtant constamment privée de produits inflammatoires, que ceux-ci soient fournis par exsudation, migration, ou prolifération cellulaire. Dans nombre de cas, il est vrai, ces produits viennent, par leur apparition, transformer l'image de la simple hypérémie en celle d'une véritable inflammation, mais cette transformation n'étant nullement obligatoire, il nous faut tracer cliniquement les phénomènes que présente la simple hypérémie de l'iris.

Lorsque l'iris, à la suite d'une irritation quelconque, est hypérémié, les parties parcourues par les vaisseaux nourriciers de cette membrane présentent des modifications : ce sont, en particulier, les parties antérieures de la choroïde et le tissu épiscléral voisin de la cornée dans lequel courent les vaisseaux ciliaires antérieurs. Les variations survenues dans l'afflux sanguin qui se fait dans les parties antérieures de la choroïde échappent même à l'examen ophthalmoscopique, tandis que la congestion anomale des vaisseaux du tissu épiscléral s'aperçoit nettement par suite de l'injection périkératique. Comme premier symptôme de l'hypérémie de l'iris, on trouve donc cette injection plus ou moins accusée, sans qu'aucune altération de la cornée en explique la présence : on peut même dire que, lorsque l'injection périkératique est très prononcée par le fait d'une altération de la cornée, elle coïncide presque toujours avec une hypérémie de l'iris.

Un second symptôme de l'hypérémie de l'iris est la décoloration de cette membrane. Les diverses couleurs que présente ce voile membraneux se modifient par la suraddition d'une nuance rouge jaunâtre. Ainsi, le bleu devient légèrement verdâtre, le brun prend une teinte rousse, et le gris bleuâtre se transforme en un jaune verdâtre particulier. Les changements de coloration sont quelquefois bien plus tranchés dans les cas de simple

HYPÉRÉMIE DE L'IRIS.

hypérémie de l'iris que dans l'inflammation franche de cette membrane : car, dans ce dernier cas, les exsudats versés à sa surface et dans l'humeur aqueuse, et les métamorphoses que subit le tissu, donnent lieu à des changements de coloration d'une autre sorte, tandis que l'humeur aqueuse reste parfaitement transparente dans le cas de simple hypérémie , et permet d'apprécier les moindres différences survenues dans la coloration de l'iris. Il ne faut en effet qu'un trouble à peine sensible de l'humeur aqueuse pour rendre cet examen fort difficile.

Il est encore assez difficile de s'expliquer pourquoi, dans les cas de forts épanchements de sang dans son voisinage, l'iris change de couleur. Lorsque pareils épanchements se sont faits sous la conjonctive, l'observateur doit se mettre en garde contre l'effet d'un contraste de couleurs. Dans le cas d'épanchement considérable dans les chambres, la matière colorante du sang peut, par imbibition, changer la coloration de l'iris, à l'instar de ce qu'on observe lorsque des parcelles métalliques et oxydables occupent le cristallin ou la chambre antérieure. Cette coloration peut non seulement s'être communiquée à l'iris, mais aussi avoir teinté l'humeur aqueuse et rendre alors très difficile l'appréciation du véritable degré d'altération de couleur qu'a subi l'iris.

Nous devons encore signaler un changement de coloration de l'iris qui ne s'observe que dans les cas d'hypérémie très chronique. Il consiste dans une diminution du contenu pigmentaire des cellules du stroma, analogue à celle que l'ophthalmoscope permet de voir dans la choroïde. Pour que ces changements s'effectuent, il faut que la circulation ait été notablement troublée pendant un temps assez long. La modification qui en résulte se manifeste par une teinte grisâtre qui altère le brillant de l'iris. En même temps on peut observer une atrophie des cellules pigmentaires de l'uvée, au pourtour de la pupille dont les bords perdent leur coloration foncée et leur régularité.

Un troisième symptôme caractéristique de l'hypérémie de l'iris est la paresse r r

avec laquelle il se contracte. En outre, il offre une résistance anomale à

l'action des mydriatiqûelTct myotiques. La rapidité avec laquelle se produit J

l'action de ces alcaloïdes et, d'autre part, la durée de leurs effets fournissent

donc au praticien une indication précieuse sur /e degré d'irritabilité de

l'iris, ainsi que sur la conservation de ses qualités fonctionnelles, que la

persistance plus ou moins prolongée d'états hypérémiques pourrait avoir

plus ou moins sensiblement modifiées. Plus les mydriatiques et les myotiques

agissent rapidement et conservent longtemps leur action, plus on peut compter

sur un état normal de l'iris, quant à ce qui concerne sa structure anatomique

et son degré d'hypérémie. Celle-ci se révèle du reste constamment par un

certain degré de contraction pupillaire.

Toutes les irritations directes de l'œil et de ses annexes peuvent amener, nous le savons, une contraction de la pupille. L'instillation d'un caustique faible, d'une simple goutte de laudanum, nous en donne aisément la preuve. Dans les cas d'hypérémie, qui sont le plus souvent le résultat d'une irritation directe de l'œil, la pupille se trouve contractée. Aussi, l'atropine n'agit que

lentement, et la pupille ne se dilate pleinement qu'à la suite d'instillations répétées de ce mydriatique.

Étiologie. — L'hypérémie de l'iris se rencontre dans tous les cas où les membranes internes ou externes de l'œil se congestionnent fortement. Ainsi elle ne manque jamais quand une congestion aiguë de la choroïde s'est développée surtout dans les parties antérieures de cette "membrane. Tandis qu'il peut exister au pourtour du nerf optique des inflammations de la choroïde qui restent sans influence sur le degré de vascularisation de l'iris, mais on ne voit guère survenir des inflammations étendues de la choroïde ou de la rétine, un décollement rétinien considérable, sans hypérémie de l'iris. Cela s'explique du reste aisément par la distribution particulière du système artériel.

On l'observe encore fréquemment dans l'inflammation du tissu sous-conjonctival, par exemple lors de l'apparition des granulations, de l'ophthalmie purulente, de la diphthérite et même de la conjonctivite pustuleuse intense. Les altérations morbides de la cornée se compliquent presque constamment d'une hypérémie de l'iris, lorsqu'elles proviennent d'une lésion directe, c'est ce qu'on peut constater après la pénétration dans la cornée d'un corps étranger qui y séjourne quelque temps. Ainsi, les inflammations ulcéreuses qui atteignent les couches profondes de la cornée sont presque constamment suivies d'une hypérémie de l'iris. Il nous faudrait passer en revue toutes les causes nuisibles capables de produire une congestion des parties internes ou externes de l'œil pour épuiser les causes de cette altération.

Pour la thérapeutique, nous renvoyons au traitement de Piritis.

ARTICLE II

INFLAMMATION DE L'iRIS, IRITIS

Pour que l'hypérémie de l'iris prenne les caractères d'une iritis, il faut, ainsi que nous l'avons fait observer dans le précédent article, qu'il s'y ajoute un symptôme essentiel, la production d'un exsudât, ou l'hygergenèse des éléments du tissu cellulaire ; ou encore, ce qui arrive le plus fréquemment, une infiltration d'éléments cellulaires. C'est la nature variée de ces produits et leur localisation en divers points de la membrane malade, autrement dit l'étude anatomo-pathologique des produits inflammatoires, qui nous guident dans la classification pour admettre trois formes principales d' iritis. Les simples données étiologiques nous mettraient singulièrement dans l'embarras, car le rhumatisme, la syphilis et les traumatismes peuvent, suivant le degré d'intensité avec lequel ils agissent, produire, non une unique, mais des formes variées d'inflammation.

Comme dans l'hypérémie, les principaux symptômes de l'iritis sont Fin-

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