‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 3 sur 147 · SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

SCLÉROTIQUE

La substance histologique fondamentale de la sclérotique est constituée par un tissu cellulaire à fibrilles fines, dont les faisceaux ou trames de faisceaux sont entrelacés de la manière la plus variée, à l'instar de ce qu'on rencontre pour tous les autres téguments fibreux et résistants, tels que la dure-mère, le périoste, le stroma cellulaire du derme, etc. Entre ces faisceaux sont situées de fines fibres élastiques réunies en réseaux, mais qui ne représentent qu'une faible fraction du tissu scierai.

Nous distinguons, comme pour la cornée : a, le tissu fondamental fibrillaire; — b, la substance interfibrillaire ; — c, l'appareil conducteur de la lymphe; — et d, les éléments cellulaires que ce dernier renferme. Nous pouvons distinguer ces diverses parties comme « éléments constituants » de la sclérotique. A leur description nous ajoutons un court exposé concernant les vaisseaux et les nerfs, ainsi que quelques remarques sur certaines variantes de l'enveloppe résistante de l'œil et les variétés de structure qu'elle présente chez les divers vertébrés.

Eléments constituants de la sclérotique. — Les fibrilles extrêmement fines qui forment la masse principale de la sclérotique sont réunies par une petite quantité de substance interfibrillaire pour former des faisceaux d'épaisseur variable. Ces faisceaux s'entrelacent dans les directions les plus variées, parmi lesquelles celles en sens équ^lorial et méridional (le globe oculaire étant envisagé comme sphère) prédominent. Il ne se rencontre pas de faisceaux transversaux ou verticaux qui traverseraient par conséquent la sclérotique soit d'avant en arrière, soit de haut en bas ; mais on rencontre de nombreuses trames affectant une direction diagonale à l'épaisseur de cette membrane, et qui doivent cette disposition à ce que beaucoup de faisceaux méridionaux etéquatoriaux après un court trajet, et, étant entrés dans un autre plan, changent de direction, s'enlacent avec des faisceaux allant en un sens différent.

Il n'existe pas dans la sclérotique des faisceaux de fibres ayant la même direction dans toute l'étendue de la membrane; aussi je ne saurais m'associer à la manière de voir de lîenle (106) qui fait prédominer dans les couches externes, en général, les faisceaux méridionaux et les équatoriaux dans les couches internes. D'après ce que je vois, il se trouve, par exemple, autour de l'entrée du nerf optique, dans les couches internes de préférence, des traînées méridionales, et par contre, en dehors, beaucoup de fibres équatoriales. Vers le milieu de la circonférence oculaire se rencontrent partout presque autant de fibres équatoriales que méridionales. Vers le bord cornéen, les tendons des muscles apportent beaucoup de fibres méridionales externes ; et tout près du canal de Schlemm réapparaissent de nouveau, en plus grand nombre, des faisceaux équatoriaux.

Les faisceaux de fibrilles se réunissent de deux manières différentes. D'une part, de nombreuses petites traînées fibrillaires se détachent des faisceaux principaux pour se joindre à des faisceaux voisins et prendre une autre

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direction; d'autre part, tous les faisceaux sont soudés par la même substance interfibrillaire, qui maintient aussi les diverses fibrilles. Cette soudure des faisceaux (accollement) est moins solide que celle des fibres entre elles.

On trouve creusées dans le ciment, à l'instar de la cornée, des lacunes avec leurs canalicules. Ces lacunes renferment les cellules scléroticales, soit pigmentées, soit non pigmentées, ainsi que de rares cellules migratrices et de la lymphe transparente. Ces dispositions ressemblent, en général, complètement à ce qui a été exposé en détail pour la cornée. Je puis donc me borner ici à l'exposition de quelques particularités et à indiquer les différences avec ce qui a déjà été décrit. Tout d'abord, je ferai remarquer, pour ce qui concerne la récente description de Michel (197), qui remplace le système de canalicules lymphatiques par de simples espaces interfasciculaires, qu'il est toujours aisé de présenter constamment dans les mêmes formes les espaces et les canalicules delà sclérotique humaine par l'imprégnation avec l'argent. Au moyen de la coloration avec l'hématoxyline, il est alors possible de rendre apparentes dans les espaces lymphatiques les cellules sclérales. De Recklinghausen (236) compare les espaces lymphatiques de la sclérotique aux espaces à forme irrégulière, tels qu'on les rencontrait dans les couches moyennes de la dure-mère. Je dois dire que j'ai parfois obtenu, sur un court trajet de la sclérotique humaine, un système canaliculaire aussi régulier et aussi élégant que cela se voit pour la cornée.

Les cellules sclérales non pigmentées (cellules fixes) se comportent identiquement comme les cellules de la cornée. Elles représentent de minces plaques endothéliales, dont le noyau est le plus souvent contourné par un léger reste de protoplasma grumeux. Le nucléole ne s'aperçoit pas toujours. Dans quelques espaces de plus grand calibre, se rencontrent plusieurs cellules plates. Ici, elles sont partout accolées à l'une ou l'autre paroi de l'espace lymphatique. Si l'on déchire ou dilacère le tissu sclérotical avec des aiguilles, on obtient beaucoup de préparations dans lesquelles les cellules plates sont adossées aux faisceaux fibrillaires ainsi isolés. Il doit en être ainsi, aussi bien s'il existe un système canaliculaire régulier que si l'on n'admet que la présence d'un système d'espaces quelconques formant interstices entre les faisceaux fibrillaires.

Dans la sclérotique humaine, les cellules pigmentaires ne sont que fort rares; elles ne se rencontrent d'une façon plus régulière que près de l'entrée du nerf optique et à l'entour de la cornée dans les couches scléroticales profondes. Par contre, on les constate très fréquemment chez les animaux, chez lesquels, autant que je sache, elles se trouvent dans la totalité de la sclérotique et parmi toutes les espèces. Ici, elles présentent des formes variées. Chez le jeune bœuf, elles se montrent, par exemple, sous la forme de corps allongés, munis de prolongements en forme d'arêtes , comme on peut parfaitement s'en convaincre en examinant les cellules près du bord de la cornée. Le chat présente, par contre, plutôt des cellules plus courtes, d'une forme étoilée plus régulière. Isole-t-on ces cellules, elles apparaissent

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comme les mêmes éléments plats qu'offrent] les autres cellules scléroticales non pigmentées : le pigment, adhère ici partout au protoplasma granuleux qui, clans ces cellules pigmentées, se trouve en plus grande abondance et envoie même quelques prolongements.

On ne rencontre que fort rarement, dans le tissu frais de la sclérotique, des corpuscules migrateurs. Il est naturel que, vu le défaut de transparence du tissu, on ne saurait se renseigner avec précision sur les voies dans lesquelles ils se meuvent. Les dispositions que nous montre la cornée font supposer que ces corpuscules se rencontrent et se meuvent de même dans un système canaliculaire.

Vaisseaux de la sclérotique. — Pour ce qui regarde les voies circulatoires de celte membrane, nous avons à distinguer les vaisseaux nourriciers de ceux qui la traversent simplement. Les premiers dérivent des artères ciliaires postérieures courtes et longues, ainsi que des artères ciliaires antérieures. Ces vaisseaux traversent l'espace supra-vaginal (Schwalbe, Michel), ainsi qu'ultérieurement l'espace de Tenon, dont il sera question plus loin. La réunion anatomique que les artères ciliaires postérieures courtes affectent avec le réseau capillaire dérivé de l'artère centralis retinœ, dans la région de la lame criblée (circulas Zinnii), est digne d'être notée. Il n'existerait pas ici, d'après Leber (Graefe-Saemisch, t. II, 2, p. 306), de veines qui correspondraient aux branches anastomosantes des artères ciliaires susmentionnées. H. Mùller (211) a décrit pour les artères ciliaires une gaine propre, munie de fibres élastiques et de noyaux allongés que Michel (197) n'a pu retrouver de la même manière. Il indique, comme je l'ai confirmé, que l'adventice des artères est enlacé de faisceaux de tissu cellulaire, enfeutrés, qui renferment un petit nombre de cellules de tissu connectif plates. Les veines, les capillaires et les nerfs ciliaires ont une gaine cellulaire particulière (Michel), formée de cellules endothéliales, qui sont, ainsi que je le constate, plus riches en protoplasma que les cellules endothéliales ordinaires. Je suis disposé à désigner cette gaîne, avec Éberth, comme « gaîne périthéliale », et je rappelle ici, ainsi que je l'ai ailleurs démontré (Archives de Virchoiv, t. LV, p. 48), que les cellules du périthèle (cellules plasmatiques) peuvent dans certaines régions du corps, comme par exemple dans le tissu intermédiaire du testicule, acquérir un développement particulier en formant de grandes cellules protoplasmatiques. Ces mêmes cellules périthéliales, je les retrouve, quoique un peu moins développées que dans le testicule, aux vaisseaux nourriciers propres de la sclérotique. Ces vaisseaux, représentant de petites artères, veines et capillaires, sont rares et se rencontrent principalement dans les couches superficielles, dans les régions antérieure et postérieure de la sclérotique. Des préparations à l'hématoxyline permettent souvent d'apercevoir le réseau vasculaire de la sclérotique d'une manière complète. Il sera ultérieurement question des vaisseaux du bord scléru-cornéen. Pour ce qui regarde le réseau à anses du bord de la cornée, voyez page 44

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Comme vaisseaux perforants, nous avons à citer les troncs des artères ciliaires qui se rendent à l'intérieur de l'œil, et les venœ verticosœ. Il est à remarquer ici que les artères ciliaires longues et les antérieures, ainsi que les venœ verticosœ, et principalement ces dernières, traversent la sclérotique très obliquement. On peut parfaitement se rendre compte de cette obliquité de leur trajet, en examinant les yeux des grands animaux, par exemple ceux du jeune bœuf et du cheval. Dans le canal qui sert de passage aux vaisseaux, se trouve un peu de tissu connectif lâche avec de nombreuses cellules. En outre, comme l'a démontré Schwalbe (265), les venœ verticosœ sont entourées d'espaces lymphatiques périvasculaires qui font communiquer l'espace périchoroïdien avec celui de la capsule de Tenon. Il ne se trouve pas autrement de vaisseaux lymphatiques garnis de parois dans la sclérotique. Pour ce qui concerne les voies lymphatiques de cette membrane, il en sera ultérieurement question dans un article qui comprendra l'étude des voies lymphatiques de la cornée.

Nerfs de la sclérotique. — Les recherches sur les nerfs de la sclérotique n'ont jusqu'à présent conduit qu'à des résultats négatifs, ou du moins fort peu satisfaisants. Moi-même, je n'ai pu, sur des préparations au chlorure d'or qui avaient rendu très apparents les gros troncs nerveux de la cornée, ainsi que les fins réseaux, apercevoir, nf'dans les parties moyennes, ni dans les régions postérieures de la sclérotique, des réseaux de fines fibres nerveuses composées de cylindres d'axe ou de fibrilles d'axe. Par contre, j'ai réussi, sur plusieurs préparations de sclérotique humaine, à poursuivre, près du bord cornéen, de fines fibrilles d'axe, provenant de la segmentation d'un cylindre d'axe, sur un assez long trajet dans les couches superficielles de la sclérotique, où elles enlaçaient parfojs les vaisseaux sanguins qui s'y trouvaient. Pourtant il ne m'a pas été possible de me renseigner comment ces fibrilles se terminaient dans les éléments composant les parois vasculaires; plusieurs fois on pouvait apercevoir des extrémités libres très fines ; mais bien entendu qu'il est impossible d'affirmer, en pareil cas, si une fibrille, qui paraît se terminer en pointe effilée, représente aussi, en réalité, la terminaison nerveuse.

Helfreich (103) est jusqu'à présent le seul qui décrit, sans hésitation, un réseau terminal richement garni et répandu dans la sclérotique ; il est vrai qu'il ne s'appuie que sur des préparations peu nombreuses. D'après sa description, ces nerfs fins qu'il envisage comme nerfs propres de la sclérotique, dérivent, chez la grenouille, de 4—5 petits troncs qui se rendent à côté du nerf optique et courent dans la gaîne du tissu cellulaire du globe de l'œil. Il ne parvint pas à reconnaître de quel tronc principal ils dérivent. Près de l'entrée du nerf optique, ces petits troncs forment un entrelacement en cercle et se dirigent de là, après une division dichotomique multiple, en avant, jusqu'à ce qu'ils perdent brusquement leur moelle. Les fines fibres ainsi dépourvues de moelle, forment un riche plexus, — ■ de véritables soudures en réseau ne pouvant pas être constatées. — Les extrémités libres en forme de pointe effilée se rencontrent, comme je l'ai aussi vu chez l'homme, au voisinage du bord conjonctival, ou dans la région de la sclérotique même. Nulle part les nerfs ne pénètrent dans la couche cartilagineuse de la sclérotique de la grenouille. Nulle part il n'était possible de constater la réunion avec des cellules de la sclérotique. — Les premières recherches des nerfs de la sclérotique ont été faites par Bochdalek (24) et Fr. Arnold (6, 7); mais ces auteurs ne donnent aucune indication

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précise sur les terminaisons nerveuses. En tout cas, comme les recherches de Helfreich aussi bien que les miennes, ne se rapportent qu'à des faits isolés, de nouvelles investigations restent à faire.

Comme particulièrement dignes de fixer notre attention, il faut signaler les zones limitantes de la sclérotique, qui sont les surfaces interne et externe de la sclérotique, l'entrée du nerf optique et la limite scléro-cornéenne.

A peu près jusque vers l'insertion des muscles droits, et encore un peu plus en arrière, la sclérotique se trouve recouverte par la conjonctive bulbaire. Les faisceaux lâches du tissu cellulaire sous-conjonctival se réunissent ici directement avec ceux de la sclérotique, de manière que des traînées fibrillaires, qui appartiennent au tissu cellulaire sous-conjonctival, continuent, en petite partie au moins, à cheminer dans le territoire de la sclérotique; une délimitation absolue n'existe pas et ne saurait exister, vu la complète identité histologique des tissus contigus. Plus on avance vers la limite cornéenne, plus le tissu sous-conjonctival devient dense, moins il se distingue de la sclérotique sous-jacente, et plus aussi est nombreuse la quantité de traînées fibrillaires qui s'entremêlent. Nous reviendrons avec plus de détails sur ce sujet en traitant de la limite sclérocornéenne.

Pour ce qui concerne le rapport des tendons musculaires avec la sclérotique, les premiers se différencient très nettement sur des coupes par les traînées fibrillaires, qui affectent la même direction dans le tissu sclérotical ambiant. Les fibres tendineuses ne courent pas exactement parallèlement à la surface scléroticale, mais sont inclinées sous un faible angle vers celle-ci. 11 est intéressant de savoir qu'arrivées à la surface de la sclérotique, les fibres tendineuses ne se superposent pas simplement aux fibres scléroticales poulies doubler, mais qu'elles s'enfoncent, à l'instar d'un cône, dans le tissu scléral, de manière qu'une couche externe de fibres scléroticales entre-croisées, et ayant tout à fait le même aspect que le restant de cette membrane, vient couvrir le tendon du muscle, et que celui-ci peut encore être poursuivi et reconnu dans lestroma sclérotical, par la direction particulière qu'affectent les fibres tendineuses. Celles-ci prennent, comme Loevvig (178-1 79) l'a explicitement décrit, pour ce qui concerne les muscles droits, la direction des faisceaux fibrillaires méridionaux, et, pour les tendons des muscles obliques, celle des faisceaux équatoriaux.

Derrière l'insertion des muscles, la sclérotique est délimitée en dehors par la mince couche de tissu cellulaire qui constitue le revêtement interne de l'espace de Tenon [feuillet interne de la capsule de Tenon (Schwalbe, 265)]. Cette couche se réunit à la surface scléroticale. Comme Schwalbe l'a démontré, elle se montre, après imprégnation avec l'argent, recouverte d'une couche endothéliale, qui constitue, par conséquent, le revêtement interne de l'espace de Tenon: les cellules endothéliales adhèrent de façon à constituer une pellicule. Il ne faut pas oublier ici que l'endothélium ne repose pas directement sur la sclérotique, mais sur une mince . couche de tissu connecti

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lâche, tissu épiscléral qui, uni à l'endothèle, forme, à proprement parler, la

limite interne de l'espace de Tenon.

Pour ce qui regarde l'espace de Tenon et la soi-disant capsule de Tenon, il est nécessaire de donner quelques indications que j'emprunte pour la plupart aux recherches si exactes de Schwalbe (265), recherches que je ne puis que confirmer. Ces indications feront mieux saisir les dispositions topographiques et mieux comprendre aussi la conformation des voies lymphatiques qu'il nous reste à décrire. La capsule de Tenon est composée de deux feuillets : un interne très mince, appelé épiscléral, et un externe, nommé sousmusculaire (1). Le feuillet interne repose directement sur la sclérotique et s'étend en avant, partout, là où les tendons des muscles s'insèrent, jusque vers cette insertion, se réunissant plus intimement en ces points avec la sclérotique, et se réfléchissent au-dessous des points d'attache des muscles sur leur surface inférieure dans le feuillet sous-musculaire. Dans les interstices, entre les muscles, le feuillet interne de la capsule avance encore plus jusque près du bord scléro-cornéen où il se réunit à la conjonctivite scléroticale et se réfléchit en arrière pour se continuer dans le feuillet externe de la capsule.

Entre ces deux feuillets se trouve compris un espace en forme de fente, l'espace de Tenon (Schwalbe), qui envoie en avant autant d'appendices en queue qu'il y a d'interstices entre les muscles droits. Ces deux feuillets, ainsi que l'espace qu'ils comprennent, se continuent près du pôle postérieur de l'œil sur la gaîne du nerf optique, vont jusqu'à l'entrée du canal optique et se comportent dans cette région, relativement à la gaîne du nerf optique et aux portions postérieures des muscles, identiquement comme il a été décrit pour les tendons de ces muscles et la sclérotique. L'espace qui se forme ic entre les deux feuillets est l'espace supra-vaginal, ainsi désigné par Schwalbe. Je reviendrai sur la communication qu'affecte cette continuation de l'espace de Tenon avec l'espace sous-arachnoïdien. Chez les animaux qui, comme le porc par exemple, en dehors de l'appareil musculaire antérieur, jouissent encore d'un appareil musculaire postérieur le rétracteur du globe, l'espace de Tenon, près de l'insertion de ce muscle à la sclérotique, est interrompu, sauf quelques ouvertures en fente qui font communiquer les deux grandes divisions de cet espace. Le feuillet externe de la capsule de Tenon est, comme l'indique Schwalbe, généralement séparé du retractor bulbi par une couche graisseuse.

Quant à la structure histologique de la capsule, il a déjà été question de son revêtement endothélial qui fait ainsi acquérir à la capsule tous les caractères d'un sac lymphatique et de la réunion bien lâche du feuillet interne de la capsule avec la sclérotique. Notons enfin que les deux feuillets sont essentiellement composés d'un tissu cellulaire à fines fibrilles entremêlées de nombreuses fibres élastiques très ténues. Dans l'espace de Tenon même se trouvent tendues des trabécules de tissu cellulaire garnis d'endothèle et qui se rendent d'un feuillet à l'autre.

La description que nous venons de donner se trouve en apparence en contradiction avec celle de Henle et Merkel (Graefe-Saemisch, I, p. 56), qui admettent comme capsule de Tenon, non un sac tout à fait clos, mais un anneau large contournant la région équatoriale de l'œil et ouvert en avant, au bord cornéen, et en arrière, près de l'entrée du nerf optique. Dans cette description, il manquerait en quelque sorte le feuillet épisclérale de la capsule. L'anatomie macroscopique confirme en réalité cet exposé de Henle, car avec le couteau et les pinces on ne réussit à préparer que le feuillet externe (pariétal) de la capsule, comme constituant une véritable paroi. Il devient, par contre, impossible de démontrer ainsi que cette paroi se recourbe pour former un feuillet viscéral. Au contraire, l'examen microscopique fait voir qu'aux points susdécrits le revêtement endothélial se continue du feuillet externe sur la sclérotique et la recouvre d'une mince couche de tissu connectif épiscléral à surface lisse. 11 n'en résulte pas néanmoins la formation d'un espace simple absolument clos compris entre les deux lames cndothéliales, car, d'une part, il est subdivisé par des trabécules de tissu cellulaire, et, d'autre part, cet espace communique en divers points, principalement en arrière, avec d'autres espaces lymphatiques

(i) Il ne peut être que nuisible pour la compréhension facile de cette région anatomique de désigner, ainsi que Schwalbe, le feuillet interne comme « fascia de Tenon et le feuillet » externe comme capsule de Tenon ». Je supprime donc ces désignations, tout en me ralliant parfaitement à la description de Schwalbe.

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La surface, interne de la sclérotique qui regarde la choroïde est, comme la surface externe de cette dernière, garnie, à partir de l'entrée du nerf optique jusqu'au Lord scléro-cornéen, d'un revêtement d'enddthèle à larges cellules, ainsi que l'a constaté Schwalbe (265). Entre la choroïde et la sclérotique se trouvent tendus des vaisseaux et des brides formés d'un tissu particulier, composé de minces pellicules élastiques, dans lesquelles sont tissées des libres élastiques. Par ce fait, les deux membranes sont lâchement unies entre elles. Les pellicules élastiques se trouvent, ainsi que Henle (106) l'a démontré le premier, réunies aux réseaux de fibres élastiques placés entre les faisceaux scléroticaux eux-mêmes. Cet espace, en fente spliérique, mais entrecoupé, placé entre la sclérotique et la choroïde, que Schwalbe appelle <t espace périchoroïdal » , représente, par conséquent, la conformation d'un espace lymphatique, et doit, comme nous le dirons tout à l'heure, être aussi envisagé comme tel. Néanmoins, je ne saurais admettre chez l'homme un revêtement endothélial non interrompu de cet espace périchoroïdal. Les cellules endothéliales sont ici remarquablement grandes ; leurs noyaux se trouvent placés vers l'un ou l'autre angle de la cellule, et l'on se rend aisément compte qu'elles sont placées au-dessus des cellules pigmentaires.

La façon suivant laquelle la sclérotique est disposée autour de l'entrée du nerf optique mérite particulièrement d'attirer notre attention. D'après les données ordinaires, la gaine du nerf optique passerait partout directement dans la sclérotique en s'épanouissant, en quelque sorte, comme le nerf optique dans la rétine, sous forme de demi-sphère, dans l'enveloppe résistante du globe oculaire. A l'endroit même du passage du nerf, il n'existerait pas une ouverture complète, mais des faisceaux de la sclérotique la traverseraient d'un côté à l'autre, formant quasi des ponts. Par la macération, en éloignant les fibres nerveuses, on mettrait à nu ce treillage de ponts fibrillaires, se contournant en de nombreuses mailles et représentant la lame criblée des auteurs.

En y regardant de plus près, la disposition ne se montre pas tout à fait aussi simple. On peut distinguer, à la gaine du nerf optique, en allant de dehors en dedans, trois et même quatre couches différentes : 1° la gaine (ibreuse externe ; %> l'espace lymphatique intervaginal, avec son système particulier de trabécules (espace subvaginal de Schwalbe). Cet espace , ainsi que la gaine fibreuse externe, se subdivise, à la rigueur, de nouveau en deux portions, attendu que l'arachnoïde du cerveau se continue aussi le long du tronc du nerf optique [Axel Key et Retzius (126 et 328)]. Par conséquent, la gaîne externe doit être divisée en deux feuillets : un épais « gaîne durale » et l'autre mince « gaîne arachnoïdale ». Chez l'homme, il se trouve entre ces deux gaines une fente très étroite, la continuation de l'espace subdural. Entre la gaîne arachnoïdale et la gaîne interne du nerf désignée ci-dessous (3°) est alors placé un autre espace plus large, qui est une continuation de l'espace subarachnoïdal. Ces deux espaces forment ensemble l'espace lymphatique intervaginal. Vient alors, 3°, la gaîne interne du nerf optique ou « gaîne piale »,

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