‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 32 sur 147 · IMD0-CH0R01DITE SÉREUSE · texte numérisé non relu

IMD0-CH0R01DITE SÉREUSE

nullement justifié de vouloir localiser cette inflammation exclusivement dans l'iris en lui assignant le nom impropre d'iritis séreuse. Très probablement, toute lymphangite antérieure se concentrant de préférence dans le tissu trabéculaire péricornéen, s'irradie tout de suite aussi vers le corps ciliaire et mérite donc pour cela le nom d'irido-choroïdile séreuse. Pourtant il est permis, au point de vue clinique, de distinguer de cette lymphangite antérieure (iritis séreuse) une lymphangite générale del'œil ou irido-choroïdite séreuse, et cela à cause de l'extension, de ['intensité et de la gravité que prend cette lymphangite généralisée.

Il est aisé au, début de cette irido-choroïdite séreuse de se convaincre que lalymphangite est généralisée, parce que nous constatons tout de suite avec de faibles dépôts sur la cornée sous forme de poussière, des opacités semblables non seulement dans la partie antérieure du corps vitré, mais aussi dans ses couches profondes. L'inspection étant rendue facile d'une part par le peu de trouble qu'occasionnent les dépôts et les tins épancliements cellulaires dans le corps vitré, on peut dans certains cas se convaincre (avec M. Knies) que le pourtour du nerf optique, la rétine, est devenu le siège d'un trouble et d'un gonflement œdémateux. Incontestablement cela se présente dans les cas où la lymphangite est transmise d'un œil à l'autre par sympathie, etlorsqu'en longeant les gaines du nerf optique elle a fusé sous la choroïde, vers le tissu trabéculaire péricornéen et l'iris.

Il est bien plus difficile de constater cette généralisation de la lymphangite lorsqu'elle a déjà pris un développement notable dans la partie antérieure de l'œil, et que l'inspection du fond de l'œil est rendue impossible par suite de nombreux dépôts sur la surface postérieure de la cornée, de l'état de rugosité de cette membrane et de la quantité d'opacités que renferme le corps vitré. Nous concluons alors sur la généralisation de la lymphangite par l'intensité et l'étendue de l'infiltration cellulaire; parfois aussi par la transmission directe de cette lymphangite à l'autre œil sur lequel le début de la maladie s'observe alors autour de l'entrée du nerf optique.

Jamais on ne voit dans une simple lymphangite antérieure ou iritis séreuse se former de véritables grandes plaques grisâtres qui de la face postérieure et déclive de la cornée se replient sur l'iris, ou se déposer pareilles plaques sur la cristalloïde antérieure ; jamais on ne voit davantage dans cette simple iritis séreuse les parties intermédiaires entre les plaques se recouvrir d'un épithélium rugueux, perdre leur transparence et se scléroser à l'instar des parties recouvertes par les plaques mêmes ; jamais non plus le corps vitré ne devient le siège de flocons filamenteux et tellement répandus que leur présence rappelle l'état jumenteux décrit par Desmarres.

C'est la gravité de l'affection dénotée par la quantité des produits immigrés et déposés dans la chambre antérieure qui nous engage à conclure sur la généralisation de la lymphangite, même lorsque l'inspection du corps vitré et du fond de l'œil ne nous permet plus de contrôler directement le degré d'extension qu'a pris l'affection.

Il n'est pourtant pas nécessaire que la maladie, quoique répandue sur la totalité des espaces lymphatiques, prenne par suite de son extension même un très fort degré d'intensité, et l'on observe des cas (principalement atténués par le traitement) pour lesquels l'opbthalmoscope reste pendant toute la durée de la maladie le juge de la généralisation de la lymphangite, ses produits n'étant jamais assez abondants pour rendre son emploi impuissant.

Un caractère distinctif de l'irido-choroïdite plastique est que pour cette lymphangite oculaire généralisée l'injection périkératique reste toujours modérée et n'est quelque peu accusée que près des foyers de sclérose cornéenne s'il s'en est produit. Aussi, si avec les symptômes d'une lymphangite généralisée, il se produit une injection périkératite généralisée intense et une sensibilité marquée au toucher de l'œil, qu'on soit sur ses gardes, car il faut craindre que l'affection ne se soit transformée en scléro-choroïdite antérieure €t ne soit d'autant plus facilement suivie de déformations ectatiques de l'œil qu'en pareil cas la tension intra-oculaire s'est habituellement sensiblement accrue.

3° L'irido-choroïdite parenchymateuse (suppura tive) et gommeuse n'offrira de difficultés pour le diagnostic qu'au début, et seulement dans le cas où, comme dans la forme gommeuse, la maladie débute dans une région circonscrite de la portion ciliaire de la choroïde. C'est de cette forme particulière d'irido-choroidite, ainsi que de l'irido-choroïdite suppurative, dont nous nous occuperons surtout ici, les autres devant naturellement trouver leur description en parlant de l'ophthalmie sympathique.

Uirido-choroïdite gommeuse est une affection si rare, qu'il faut un vaste champ d'observations pour en rencontrer un certain nombre de cas. A peine ■en est-il question dans la monographie de M. Schubert dans laquelle nous trouvons cependant tant de renseignements statistiques réunis avec un soin particulier.

Nous ne voulons pas parler ici d'une forme d'irido-choroïdite où l'emplacement d'une gomme primitivement développée à la périphérie de l'iris prend une extension considérable et empiète d'une quantité égale vers la chambre antérieure et le corps ciliaire ; nous parlons des cas rares où les productions gommeuses prennent leur origine dans le corps ciliaire même. Chez pareils malades l'iritis ne se signale que par la formation de quelques synéchies rares, une vascularisation apparente au voisinage du siège de la gomme ciliaire, el finalement un trouble dans la chambre antérieure qui masque plus ou moins la propulsion que subit l'iris au-devant de la production gommeuse.

Ce qui frappe le plus l'observateur, c'est l'apparition soudaine d'une distension de la sclérotique formant un staphylôme ciliaire parfois très volumineux. J'ai vu se produire si promptement cet envahissement de la sclérotique par des masses gommeuses, qu'une ectasie se montrait dans les vingt-quatre

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