‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 147 · IU1D0-CH0R0IDITE GOMMEUSE · texte numérisé non relu

IU1D0-CH0R0IDITE GOMMEUSE

heures, à partir de la présentation du malade d'un jour à l'autre, et qu'on était à se demander si elle n'avait pas échappé à l'examen delà veille.

Les observations en nombre assez restreint (Desmarres (1), Zchender (2), Arlt (3), Mackenzie (4), de Hippel (5), Coccius (6), H. Schmidt (7) , Woinow (8), Brière (9), Loring (10), etc., dénotent toutes cette tendance particulière de la maladie à fuser dans la sclérotique et ;'i former une élévation staphyloinateuse bleu rougeâtre qui aboutit dans les cas graves à une perfora lion, et clans ceux de moindre intensité (ou atténués par le traitement), soit à une ectasie définitive avec atrophie marquée de tous les tissus avoisinants, soit à une rétraction avec affaissement partiel du globe oculaire.

Dans les cas où la perforation a lieu, la gomme se faisant jour au dehors, la sclérotique s'émiette dans la masse gommeuse comme si l'on en avait fait une préparation anatomique avec des aiguilles (de Hippel).

Un signe qui peut mettre sur la voie chez les personnes syphilitiques et montrer qu'il y a menace de production gommeuse dans le corps ciliaire, c'est lorsque, avec les symptômes d'une simple irido-choroïdite plastique d'apparence peu grave, le malade accuse un affaiblissement visuel hors de toute proportion et que l'ophthalmoscope nous explique par un trouble généralisé et intense des couches antérieures du corps vitré. Si, en pareil cas, on voit se développer comme un foyer d'épiscléritis en un point déterminé de la circonférence de la cornée, principalement en haut, on est averti du danger que court le malade.

Il est d'autant plus important de surprendre dès son apparition pareil avertissement que l'évolution si rapide des gommes ciliaires rend, après leur formation, nos secours bien impuissants.

Quoiqu'un très énergique traitement peut presque toujours empêcher la perforation et la destruction phthisique de l'œil, dans la majorité des cas le développement d'un staphylôme assez étendu marque la déchéance complète de l'œil comme organe visuel. Bien rares sont les cas signalés par M. H. Schmidt d'une résorption de la gomme avec cicatrisation plate et simple pigmentation ardoisée de la sclérotique. Je suis à me demander si en pareils cas il ne s'est pas agi d'une ténonile ou épisclérite gommeuse avec légers

(1) Loc. cit. Son traité, t. II, p. 501.

(2) Handbuch des gesamten, Augenheilkunde, p. 252.

(3) Die Kamkheiten des Auges, t. II, p. 67, 88 et 89.

(4) Practical Trealise of de diseuses of the eye, 1854, p. 514 « ...In more tlian one instance I liave seeu tliis disease combrined with a hard élévation of a dark read colour, some whatlike a phlegmon, behint the edge of the cornea, ending in atténuation of the sclerotica and projection of the choroid. »

(5) Archiv f. Ophthalm., t. VIII, 1, p. 65.

(6) Die Hilàustalt f'ùr arme Augenkranke va Leipzig, 1870, p. 36.

(7) Berliner Klin. Wochensclwift, 1872, n° 23.

(8) Compte rendu de la Société russe de Moscou, 1873, ne 10.

(9) Communication manuscrite.

{10) Transactions of the Am. ophth. Soc. July 1874, p. 174.

symptômes concomitants d'iritis. Gomme à M. Zehender il nous a été donné de mettre, dans ces cas, à découvert la masse gommeuse par une incision, et de constater qu'il s'agissait d'une substance lardacée, semblable aux gommes des paupières et d'une diapbanéité telle qu'elle rappelait comme aspect certains granulomes ou chalazions très récents des paupières.

J'ai pu alors me convaincre que la gomme était épisclérale et n'avait nullement la tendance à perforer l'œil, car la tension nous est ici un sûr garant ainsi que la transparence du corps vitré. Lorsqu'une gomme s'est développée dans le corps ciliaire et s'est fait jour au dehors, nous voyons concorder avec une accalmie relativement notable, une diminution très sensible de la pression intra-oculaire.

Incontestablement, le diagnostic est bien facilité si une production simultanée, de gommes indiennes et ciliaires s'est effectuée, ou si une gomme située très périphériquementa envahi le corps ciliaire et les parties avoisinantes de la sclérotique.

Comme pour l'iritis gommeuse, l'irido-choroïdite de même nature a encore bien moins de tendance à se présenter sur les deux yeux à la fois, et les malades bénéficient ici de cette particularité de toutes les affections consécutives et tardives de la syphilis <( de montrer peu de tendance à une manifestion symétrique » (Bàumler).

L'irido-choroïdite suppurative, une autre variété de la forme parenchymaleuse, est habituellement traumatique et consécutive au séjour d'un corps étranger implanté dans la partie antérieure du tractus uvéal. Une violente contusion de la région ciliaire (avec faible subluxation du cristallin) peut aussi engendrer la maladie qui n'a nullement besoin, comme à la suite de blessures étendues ou infectées, d'éclater avec violence. Au contraire, nous concluons à la nature du mal d'après le développement insidieux de l'affection que révèle à peine une légère injection périkératique, un faible trouble de l'humeur aqueuse et une décoloration presque imperceptible de l'iris, ainsi que la sensibilité de la région ciliaire et l'apparition soudaine d'un hypopion ne pouvant évidemment pas provenir de l'infiltration lymphoïde de l'iris à peine modifié dans sa structure, mais dont l'origine doit être rapportée à l'imprégnation de cellules lymphoïdes du corps ciliaire et des espaces lymphatiques sous-jacents enflammés.

Cette accumulation de pus peut montrer de brusques variations, disparaître plus ou moins complètement dans l'espace de quelques heures et réapparaître tout à coup. Peu à peu la maladie prenant un développement plus notable, l'hypopion nedisparaît plus complètement, ilgagneen étendue; les symptômes de l'iritis suppurative, avec forte imbibition séreuse et infiltration cellulaire, s'accentuent. Une décoloration complète de l'iris, l'apparition d'un chémosis gélatineux avec œdème des paupières dissipent tout doute sur l'extrême gravité de l'affection. Ordinairement l'inspection à l'éclairage oblique ou à l'ophthalmoscope a permis, en pareil cas, de constater qu'une portion antérieure du corps vitré s'abcédait, que la choroïde suppurative antérieure avait déjà empiété

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