‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 74 sur 147 · CORPS ÉTRANGERS ET ENTOZOAIRES DE L'HUMEUR VITRÉE · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS ET ENTOZOAIRES DE L'HUMEUR VITRÉE

Les corps étrangers qu'on rencontre le plus fréquemment dans l'humeur vitrée sont des éclats métalliques (des morceaux de capsule), des grains de plomb et des fragments de pierre.

D'après les recherches de M. Berlin (1), le corps étranger n'est pas parvenu de prime aborda l'endroit où nous le trouvons à l'examen ophthalmoscopique pratiqué après l'accident, mais il a été projeté par ricochet de la surface postérieure du globe oculaire. Nous trouvons donc un double trajet creusé dans la substance gélatineuse du corps vitré. De plus, il faut prendre en considération le poids du corps vulnérant qui, lorsqu'il est quelque peu accusé, l'entraîne dans les parties déclives du segment inférieur de l'œil. En dernier lieu, il ne faut pas oublier que des secousses violentes imprimées soit au globe oculaire directement, soit indirectement, peuvent faire changer de position un corps étranger, et cela à tel point qu'on a vu des grains de plomb quitter leur poche où ils s'étaient enkystés pour se porter en avant et en bas, faisant renaître tous les phénomènes irritatifs de la blessure première.

Le degré de force de pénétration, la position du malade pendant l'accident, la manière dont il s'est comporté après, modifieront tellement le lieu d'emplacement réservé au corps étranger, qu'il n'y a guère d'utilité pratique à vouloir établir des règles générales, car il se peut qu'on voie, comme j'ai eu occasion de l'observer, qu'un grain de plomb reste suspendu dans le milieu du corps vitré, retenu dans une sorte de filet à ballon que lui ont fourni les traînées de tissu cellulaire résultant du processus de l'enkystement.

Ce qui doit nous intéresser infiniment plus, c'est quel est le degré d'irritation que présentera l'œil suivant la nature chimique du corps vulnérant, question que de Ammon (2) avait déjà effleurée, mais que Lebert a soumise à une expérimentation et à une analyse chimique des plus inté-

(1) Joum. de Chir. u. AugeschelL, t. XVII, H. 3, 1830.

(2) Arcliiv f. Ophthalm., t. XXVIII, 2, p. 153 et p. 237, 18S2.

Page 1