‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 86 sur 147 · NATURE ET DÉFINITION DU GLAUCOME · texte numérisé non relu

NATURE ET DÉFINITION DU GLAUCOME

Nous ne mentionnons que pour mémoire les opinions sur la nature du glaucome jusqu'à la découverte de l'ophlhalmoscope, qui devait forcément modifier les idées sur cette affection à allures si variables et si insaisissables, et qui avait toujours attiré l'attention des médecins.

NATURE DU GLAUCOME

Jusqu'au commencement du dix-huitième siècle l'aspect glauque de l'œil fit supposer que l'affection siégeait essentiellement dans le cristallin. On verra plus loin qu'un siècle et demi plus tard, après avoir, suivant Brisseau, abandonné cette idée, on revendiqua, en Angleterre, de nouveau pour le cristallin un rôle non indifférent dans l'évolution des phénomènes glaucomateux.

Brisseau ayant fait la dissection de l'œil du médecin de Louis XIV, Bourdelot, qui, aveugle, avait particulièrement désiré qu'on examinât ses yeux après sa mort, trouva à côté des opacités du cristallin un trouble du corps vitré, et on conclut que toutes les fois que l'humeur vitrée se trouve épaissie •et opaque, de quelque couleur qu'elle puisse être, ce sera toujours un vrai j glaucome (1).

Cette opinion fut aussi adoptée, en Allemagne, et jusqu'à Beer la cause principale du glaucome fut regardée comme siégeant dans le corps vitré; j tandis que l'opinion de Wenzel, d'après laquelle il s'agissait d'une maladie de la rétine et du nerf optique, ne fut adoptée que par peu d'oculistes, parmi lesquels il faut citer Weller, qui, le premier, parla de la dureté du globe oculaire.

Il y a un demi-siècle que l'opinion se répandit, d'après Canstatt et Ghelius, que le glaucome était dû à une choroïdite, opinion qui, actuellement, a encore cours chez un certain nombre de confrères, et dont Sichel père s'est faille plus ardent champion par ses travaux classiques; l'ophthaljnoscope vint enfin permettre de voir ce qui se passait dans le fond des yeux glaucomateux. On ne vit pas trace de choroïdite, et l'on aurait dû supposer qu'on irait de suite à la recherche d'une autre explication. Il n'en a pas été ainsi, et ce que l'inspection ophthalmoscopique et microscopique ne permit pas de confirmer, on tâcha de le démontrer par des déductions et raisonnements théoriques plus ou moins subtils.

Une erreur devait du reste tout d'abord ouvrir l'ère des recherches glaucomateuses ophthalmoscopiques, car dans les premiers dessins et descriptions que Ed. de Jaeger donna en 1854, on admit que l'entrée du nerf optique était bombée. « Le nerf optique malade, dit notre ami, est légèrement jaune verdàtre, et présènte un aspect bombé ne laissant dans son étendue percevoir I les vaisseaux que par un reflet rougeàtre. « A cette même époque, de Graefe ! dit aussi de l'excavation glaucomateuse « que l'entrée du nerf forme, presque dans toute son étendue, un monticule arrondi et fortement proéminent».

Ce n'est qu'une année plus tard (en 1855) que notre maître, qui avait déjà signalé le pouls spontané et appelé l'attention sur le fait que ce phénomène pouvait être provoqué par une pression sur le globe oculaire, et devait par conséquent se rapporter à une difficulté de la circulation, déclara « que l'amaurose, suite du glaucome aigu, se laisse, dans divers sens, rapporter à ! une exagération de la pression intra-oculaire (dureté du globe oculaire, anes-

(l) Traité de la cataracte et du ylancome, Paris, 1709, p. 210. Consultez la Bibliographie-

DE WECKER ET LANDOLT. II. — Ai

Page 1