PARTIE CLIN. (TRAITEM. DU STRABISME CONVERG. HYPERMÉTROP
l'hypermétropie, sur l'autre la courbure cylindrique qui remédie à l'astigmatisme.
On n'oubliera pas que parfois, bien que rarement, la vision rapprochée exige un cylindre quelque peu différent de celui qui l'adapte à grande distance. On vérifiera donc toujours la correction pour les deux cas.
r TRAITEMENT DU STRABISME CONVERGENT DES HYPERMÉTROPES
Nous avons vu que l'hypermétrope, pour obtenir l'accommodation dont il a besoin, tombe presque fatalement dans une convergence exagérée, et nous avons montré le lien naturel qui existe entre le défaut de réfraction et le strabisme convergent. C'est ce mode pathogénique qui va nous guider à travers nos tentatives thérapeutiques contre la déviation.
On rencontre fréquemment de jeunes hypermétropes chez lesquels le strabisme n'est encore qu'à ses débuts ; l'exagération de la convergence n'est pas encore passée à l'état d'habitude permanente, et elle ne survient que sous l'influence d'un acte passager de fixation. En pareil cas, le repos des yeux, l'éloignement de tout travail ou de tout objet nécessitant un effort d'accommodation excessif, suffiront quelquefois pour faire disparaître la déviation qui tendrait à devenir persistante. Grâce à ces mesures de précaution, on sera à même de prévenir le strabisme imminent et de conserver la vision binoculaire, en ne lui imposant qu'un travail modéré.
Néanmoins, pour ne pas condamner les yeux à une inaction par trop absolue, surtout chez les enfants qui commencent leurs études, on aura recours à un autre moyen encore ; on allégera l'accommodation d'une partie de sa besogne au moyen de verres convexes. C'est ainsi que le port de lunettes corrigeant l'hypermétropie manifeste empêche souvent toute déviation straoique chez les jeunes hypermétropes, ou suffit pour la guérir lorsqu'elle commençait à se produire.
Il est clair que si l'hypermétropie s'accompagne d'astigmatisme, ce dernier devra être corrigé en même temps. De cette façon on soulagera doublement le muscle ciliaire, en lui épargnant d'abord la correction d'une partie du défaut optique et en procurant à l'individu la faculté d'éloigner davantage son travail, grâce à l'augmentation de son acuité visuelle par le verre cylindrique. Le port constant des lunettes choisies est alors obligatoire.
Si l'on a affaire à un hypermétrope encore jeune, atteint de strabisme convergent déclaré et permanent, l'es verres correcteurs de l'hypermétropie nanifeste ne suffiront plus pour faire disparaître la déviation. Il faudra chercher à exclure, autant que possible, l'intervention de l'acte accommodatif dans la vision, et, dans ce but, on ordonnera au patient des verres corrigeant la totalité de son hypermétropie. Il n'est pas rare d'observer, sous l'inlUience de leur usage prolongé, un relâchement considérable du muscle
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ciliaire et une augmentation progressive du chiffre de l'hypermétropip mani- m
feste disproportionnée avec la jeunesse de l'individu. Le port des lunette» Wl
doit être continué pendant des mois et des années; parfois le malade trouve é
un grand avantage à ne jamais les quitter. Si ces verres n'étaient pas sup- Il
portés, étaient rejetés comme trop forts, il faudrait, par une gradation mé- «i
nagée dans le numéro des verres employés, arriver à faire porter des lunettes m
de plus en plus fortes; on obtiendrait ainsi le même résultai au point de vue (tu
du relâchement de l'accommodation. tiB
L'anisométropie sera corrigée entièrement ou d'une façon partielle, sui- é
vant que l'individu se prêtera ou non à la correction complète de chaque h
œil isolément. Les nombreuses différences individuelles en ce qui concerne L
ce point rendent impossible l'établissement d'une règle unique. k
Ce qui est plus important à considérer, c'est l'inégalité de l'acuité visuelle tell
sur les deux yeux. Nous avons vu qu'en pareil cas, c'est toujours l'œil le «iiè
moins bon qui se dévie. Il importe de lui maintenir son rôle dans la vision, p
tout diminué qu'il soit, en l'exerçant à part et en le faisant travailler à l'ex- fei
clusion de l'autre œil. Sinon on s'exposera à la perte définitive de la vision fin
binoculaire. aét
Il en est de même dans le strabisme alternant des tout jeunes enfants, fa
auxquels on n'ose pas encore faire porter de verres. Il arrive chez eux que la !
déviation se localise en dernier lieu sur un œil, ce qui entraîne les mêmes ii'n
dangers que ceux que nous venons de signaler. Pour les prévenir, c'est t
encore à l'exclusion alternative de chaque œil au moyen d'un bandeau, à r,i
leur fonctionnement isolé, qu'il faut avoir recours. On pourra toujours tenter l'a
plus tard le rétablissement de la vision binoculaire et simple à l'aide des (|y
exercices orthoptiques dont nous parlerons bientôt. It
Il faut faire d'abord mention d'un moyen employé pour exclure l'accom- m
modation de la vision binoculaire, lorsqu'on ne peut y arriver à l'aide des 1
verres convexes : c'est I'atropine. Ce médicament nous rendra les plus grands { services dans nombre de cas, surtout chez les enfants. Il va sans dire qu'il \ d faudra prémunir leurs yeux contre l'éblouissenient causé par la mydriase, et ; l(
leur donner la réfraction qu'ils empruntaient à leur accommodation, au moyen j
de verres convexes appropriés. i
Le concours de ces deux puissants moyens, l'atropine et les verres con- i
vexes, forme la base du traitement du strabisme convergent hypermétropique chez les enfants âgés de plus de cinq ans, surtout dans la variété alternante.
On a même poursuivi un but identique en employant un remède dont l'action est contraire à colle de l'atropine; nous voulons parler des instillalions d'ÉsÉRiNE (1). Dans le cas particulier, l'effet thérapeutique des deux médicaments devait être , le même; l'atropine, en paralysant le muscle ciliaire, donne au malade le sentiment de l'inutilité de tout effort d'ac- - .1
(I) Ulrich, Die Aetiologie dea Strah. ronverg. hupermetrop., etc. Kassel, 1881.