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PARTIE CLINIQUE (ÉTIOl.OGIE DE LA MYOPIE MALIGNE

moins à son organe visuel ; en second lieu, une cause, ou plusieurs causes déterminantes qui, sur ce sol préparé, font cclore le vice de formation de l'œil.

Quant à la prédisposition, nous avons vu qu'elle consiste essentiellement dans les circonstances capables de diminuer la résistance de la sclérotique, d'augmenter la tension intra-oculaire, de favoriser la compression du globe, dans un certain sens surtout.

Parmi les premières, nous avons mentionné comme possibles, sinon prouvés, des arrêts de développement de la sclérotique, la conformation particulière du globe, mais surtout la choroïdite.

Or les lésions choro'idiennes résultent souvent de l'élat général. Une mauvaise nutrition, une constitution lymphatique, scrofuleuse offrent sans nul doute un terrain favorable à la choroïdite. Aussi rencontre-t-on les altérations progressives fréquemment chez les individus débiles, et chez les populations qui, habitant un pays peu fertile, ont toujours vécu dans des conditions défavorables, ou ont eu à soutenir une lutte pour l'existence particulièrement dure. C'est ainsi qu'on trouve les spécimens les plus caractéristiques, les degrés les plus élevés de la myopie maligne souvent chez les paysans et au milieu des peuples illettrés, qui n'exposent leurs yeux à aucune des causes nuisibles dont nous parlerons encore comme pouvant amener la myopie (1).

On comprend aussi que la myopie puisse devenir ainsi endémique, et la disposition à l'acquérir héréditaire, parce que la constitution peut se transmettre de père en fils.

Il est cependant possible que cette disposition existe sans se manifester. Mais elle le fera aussitôt qu'à ces causes conditionnelles viendront s'adjoindre les circonstances déterminantes .

Quant à la compression du globe, elle doit se manifester surtout pendant h convergence. Elle sera d'autant plus énergique, que celle-ci est plus forte ou plus soutenue, c'est-à-dire que le droit externe s'enroule davantage sur le globe oculaire. C'est de la même façon qu'agiront, par conséquent, l'insertion de ce muscle plus rapprochée de la cornée, ou un angle gamma nul ou négatif. Dans ce dernier cas, la ligne de regard passant en dehors de l'axe oculaire, la fixation binoculaire exige une rotation du globe en dedans plus étendue, et expose, par suite, ce dernier davantage à la pression du droit externe.

Hâtons-nous de dire que des données précises sur l'insertion musculaire par rapport à l'état de réfraction des yeux font encore défaut, mais que les mensurations de Donders et d'autres auteurs ont prouvé qu'en général l'angle gamma est plus petit chez les myopes que dans d'autres yeux, qu'il est souvent nul ou négatif.

Nos propres expériences (2), ainsi que celles de M. Dobrowolsky (3), sur

(1) Landolt, On mijopia {London, ophlh. Hosp. Rep., déc. 1874).

(2) Landolt, Annali di Ottalmologia, II, 1, janvier 187i.

(3) Dobrowolsky, Klin. Monatsbl, et Ann. d'ocul., décembre 1871.

la distance qui sépare la fosse centrale du nerf optique concordent avec ce ^ fait découvert par Donders; elles indiquent un rapprochement de ces deux I points dans l'œil myope. I

Une cause plus puissante encore capable d'augmenter le degré de la compression musculaire pendant la convergence doit se trouver dans Vécartement des yeux{l). L'angle de convergence pour un point donné est nécessairement d'autant plus grand pour chaque œil, que les centres de rotation sont plus éloignés l'un de l'autre. Or la distance entre les deux yeux dépend évidemment de la conformation du crâne. On a donc cherché dans cette dernière une cause prépondérante de la myopie, par suite de l'augmentation de longueur de la ligne de base, qui peut en être la conséquence.

Nous avons déjà vu que la forme du crâne présente une autre connexion encore avec la myopie : nous avons établi, en effet, que le crâne dolichocéphale renferme souvent des yeux formés à son image, c'est-à-dire allongés dans le sens antéro-postérieur.

Si nous connaissions le secret de la nature, le travail délicat par lequel elle parvient à créer la myopie typique, nul doute que nous ne vissions également clair dans l'étiologie de la myopie maligne. Dans leurs rapports avec la conformation du crâne, les deux formes se rapprochent de plus près. Car, si l'on est porté à trouver tout naturel que le globe ellipsoïdal de l'œil myope typique se forme dans l'orbite dolichocéphale comme dans un moule, il semble cependant que les choses ne se passent pas aussi simplement dans tous les cas, surtout dans la myopie progressive.

En effet, on rencontre souvent des crânes du type dolichocéphalique le plus prononcé avec des yeux myopes de forme absolument typique. Et l'on se dit : Voilà des yeux que la nature a dû créer, en conformité avec le crâne, directement pour la myopie; de même qu'elle en destine d'autres, qu'elle i loge dans des orbites plus courts, à l'emmétropie ; ils doivent être aussi sains les uns que les autres; la seule différence consiste, sans aucun doute, dans leur forme, telle qu'elle résulte du développement de leur axe antéropostérieur. Les premiers sont seulement myopes par l'excès de ce développement. Mais, quand on examine ces yeux à l'ophthalmoscope, on est ' tout étonné de rencontrer un staphylôme profond, l'obliquité de la papille ^ avec supertraction de la rétine et les altérations choroïdiennes les plus étendues.

Ce phénomène donne surtout à réfléchir dans les cas d'anisométropie avec asymétrie du crâne. L'un des côtés de la tête est alors visiblement plus petit, le front fuyant, la pommette effacée, le menton presque atrophié. Il contient un œil emmétrope. L'autre moitié, au contraire, montre un front et des bords orbitaires fortement développés, une pommette saillante, un i menton proéminent. On ne s'étonne nullement que l'œil de ce côté soit plus long, et par suite myope; mais, ce qui est surprenant, c'est qu'ici encore la [

(1) Mannhardt, Klin. Monatsbl., p. 425, 1875. Arch. f. Ophtk., XVII, p. 69, 1871

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