PARTIE CLIMQUE (PROPHYLAXIE IJE I.A MYOPIE
mètres, lorsque sa réfraction est inférieure à 2,5 D de myopie ; on le laissera travailler sans verre à la distance de son punctuni remotum, lorsqu'elle est plus élevée. Celle des jeunes gens dépasse rarement i- D. Si elle est plus forte, on peut leur donner des verres concaves qui leur permettent de tenir les objets plus éloignés, et diminuent ainsi l'effort de convergence. L'accommodation étant paralysée, le choix de ces verres est trop simple pour que nous y revenions. Nous en avons longuement exposé le calcul p. 173 et suiv.
Si, au bout de plusieurs semaines, malgré l'augmentation graduelle du travail, le malade n'accuse plus aucune fatigue, on diminuera peu à peu la dose du mydriatique. On continuera l'usage des verres de lunettes. Le numéro des verres convexes sera seulement diminué d'une façon lente et proportionnelle à la réapparition de l'accommodation. Le myope moyen restera sans verres, et l'on n'augmentera pas le numéro dans la myopie forte. En même temps, on l'edoublera d'attention au point de vue de l'hygiène et surtout de la distance à laquelle le malade travaille. Tant que l'accommodation était paralysée, il était forcé de donner à son livre un écartement déterminé, celui pour lequel nous l'avions adapté par le moyen de lunettes. Si l'on ne veut pas qu'il retombe dans la contraction spasmodique de son muscle ciliaire, il est indispensable qu'il conserve la même distance. Le myope de 4 dioptries doit, en vertu de sa réfraction, pouvoir lire, écrire, etc., à 1/4 de mètre (25 centimètres) avec ou sans atropine. Celui de 5 D doit, pour la même raison, voir à la même distance avec le concave 1.
Prenons, d'autre part, un emmétrope qui, grâce à un spasme d'accommodation, présentait une myopie apparente, que nous avons fait disparaître au moyen de l'atropine. Pour lui permettre le travail à 33 centimètres, nous l'avions muni de verres convexes de 3 D. Au fur et à mesure que son accommodation se rétablit sous l'influence de ladiminution de l'action mydriatique, nous lui donnerons des verres convexes plus faibles. Notre désir n'est point, en effet, de l'habituer à fixer sans accommodation, mais à n'en mettre enjeu que le strict nécessaire : 3 dioptries pour voir à 33 centimètres, et à la relâcher totalement pour voir à grande distance. Les même principes nous guideront pour l'hypermétrope, sauf que nous pouvons lui laisser plus longtemps le bénéfice du verre correcteur de son amétropie.
Mais, pour peu que nous nous apercevions que le spasme accommodateur tend à reparaître, que le myope ne peut plus lire à la distance de sonpunctum remotum, que l'emmétrope ou l'hypermétrope corrigé ne voient plus bien à 33 centimètres et n'ont plus leur pleine acuité visuelle à grande distance, immédiatement nous reprendrons le traitement, l'atropinisation, les verres auxiliaires, et, au besoin, le repos absolu.
Il va sans dire que ce traitement sera prolongé encore dans les cas où la myopie spasmodique dure depuis longtemps déjà, où elle est associée à une myopie réelle, surtout lorsque cette dernière est en voie de progression et que l'examen ophthalmoscopique ne laisse aucun doute sur sa nature maligne. L'hypérémie du fond de l'œil, les altérations pigmentaires
LANDOLT
que nous avons décrites, et les phénomènes d'asthénopie qui ne manquent jamais en pareil cas nécessitent alors une interruption bien plus prolongée du travail, un ménagement plus scrupuleux de l'organe visuel. Il est même indiqué d'employer une médication dérivative, comme des bains de pieds chauds, des ventouses sèches appliquées au tempes, tous les deux jours ou tous les jours, pendant vingt minutes dans la soirée, ou des purgatifs légers. En même temps, on recommandera aux malades plus que jamais d'éviter le < séjour dans des pièces surchauffées et mal aérées, de se procurer un bon air, d'entretenir leur circulation aussi active que possible, en un mol, de se placer dans les meilleures conditions hygiéniques. On leur prescrira donc des promenades au dehors, ou, si possible, un séjour dans les montagnes ou dans une contrée boisée.
Les altérations plus profondes encore de l'organe, — les exsudais, les hémorrhagies, les hyperplasies et atrophies du pigment, — ou de ses fonctions, comme les photopsies, la métamorphopsie, la diminution de l'acuité visuelle revêtent franchement le caractère d'une choroïdite, d'une scléroticochoroïdite ou d'une chorio-rélinite. Elles réclament donc le même traitement antiphlogistique que l'inflammation des membranes du fond de l'œil. Elles surviennent quelquefois chez des jeunes gens, mais plus souvent à l'âge adulte, qui supporte bien une cure un peu énergique. La première condition du succès de celle-ci est alors l'obscurité presque absolue pendant quelques semaines. Si les symptômes l'exigent, et si la constitution l'admet, on y joindra l'application répétée de ventouses Heurteloup aux tempes et une cure de sudation au moyen de draps mouillés — peut-être à l'aide de la pilocarpine, — des préparations iodées à l'intérieur (?).
Malheureusement les victimes de celte sclérotico-clioroïdite ne sont souvent ni assez âgées, ni assez bien constituées pour qu'on puisse les soumettre aune cure radicale; car un traitement de ce genre ne laisse pas d'être fort débilitant, vu la longue durée qu'il doit avoir pour produire un résultat qui vaille, c'est-à-dire un effet permanent. Le médecin se trouve alors dans une situation vraiment triste. D'un côté, il voit l'affection locale, menaçant de détruire une fonction précieuse et avec elle souvent l'existence même du malade, de l'autre une constitution incapable de supporter le remède. Que faire en pareille circonstance ? Lorsque les individus sont jeunes encore, comme c'est la règle, il faut avant tout leur exposer la situation ; il faut leur faire comprendre combien leurs yeux sont faibles et impropres à supporter un travail quelque peu fatigant, afin qu'ils renoncent à l'idée d'embrasser un métier qui exige une vue parfaite, ou qu'ils l'abandonnent lorsqu'ils l'ont déjà entrepris. S'ils ne tolèrent pas le séjoiH' dans une chambre obscure, on protégera du moins leurs yeux contre l'action de la lumière au moyen de verres noirs; si leur constitution interdit les émissions sanguines, la sudation, etc., on cherchera à y suppléer au moyen de ventouses sèches et de bains de pieds, etc. L'abstention du travail est évidemment indiquée pour une période d'autant plus longue, et sa reprise doit être entourée de précautions d'au-