PATHOGÉNIE DES AMBLYOPIES HYSTÉRIQUES
Après ce qui a été dit aux pages 702 à 705 de la pathogénie desamhlyopies 'éflexes en général, nous n'avons que très peu de chose à dire relativement lUx processus intimes qu'il faut supposer dans les diverses formes d'am- )Iyopie hystérique. On ne saurait méconnaître que le plus grand nombre l'entre elles, celles qui sont liées à des affections des organes génitaux, ont es caractères des amblyopies réflexes. A ce point de vue il est important de ■élever la grande richesse en nerfs centripètes des ovaires, de l'utérus et néme des tissus péri-utérins, ensuite du vagin et de la vulve. Dans les conlitions normales, les nerfs des organes génitaux internes, de même que la dupart des nerfs centripètes des organes viscéraux, ne donnent guère lieu i des sensations. Leur rôle consiste surtout à provoquer des réflexes nom- )reux, les uns moteurs de la matrice, les autres vaso-moteurs, tant pour les )rganes génitaux que pour de nombreux organes éloignés. L'expérimentaion physiologique a mis en évidence quelques-uns de ces réflexes vaso-moeurs. Les expériences de Roehrig notamment ont démontré que l'ovaire ;urtout renferme des nerfs centripètes provoquant comme réflexes des mouvements de l'utérus, ainsi que des effets vaso-moteurs très étendus. A la uite de leur excitation, la pression sanguine générale monte chez le lapin le 12 à 24"'" mercure, et le cœur est ralenti par suite d'une excitation réflexe) du nerf vague. A l'état physiologique, ces réflexes se produisent ans aucune manifestation de douleur de la part de l'animal. Cette circontance-nous fait comprendre comment des réflexes considérables, et notamaent l'amblyopie réflexe, peuvent se produire dans les affections peu louloureuses des organes génitaux internes. — Pour faire entrevoir les nomireux liens réflexes de ces nerfs, il faudrait encore citer les nombreuses : sympathies » se produisant dans les organes les plus divers du corps, tant lans les évolutions physiologiques des organes sexuels (puberté, mentruation, ménopause), que dans les anomalies de ces évolutions (dysménorhée, etc.).
En l'absence de données positives, surtout d'autopsies bien faites, la porte ist ouverte à toutes les hypothèses relativement à la manière dont se produit ette action réflexe. Est-ce une aciion paralysante sur les centres psychoiptiques, ou bien une action vaso-motrice sur ces centres ou sur les organes isuels périphériques, rétine et nerf optique? L'hypérémie si fréquente, et nême quelquefois l'inflammation du nerf optique et de la rétine parleraient !n faveur d'une aciion vaso-dilatatrice réflexe. — Foerster admet dans sa copiopie hystérique une névralgie réflexe des nerfs sensibles du muscle biliaire, dont le point de départ serait une compression exercée par la paranétrite atrophique sur les nerfs péri -utérins.
726 NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.
Des difficultés plus grandes encore se présentent à propos des amblyopies' liées à un état hystérique ou simplement nerveux, sans maladie des organes génitaux. Il faudra, pour formuler à cet égard une opinion quelque peu fondée, attendre que l'essence de l'hystérie soit mieux élucidée. Peut-être! qu'ici encore on trouvera comme intermédiaire entre l'amblyopie et l'hystérie des troubles de l'innervation vaso-motrice. — II en est de même proba-' blement des amblyopies par suite de masturbation. ,
L'amblyopie hystéro-épileptique mérite une mention spéciale. Nous avons exposé un peu plus haut comment Gharcot avait cru pouvoir en localiser le siège dans le tiers postérieur de la capsule interne. La grande variabilité! du trouble visuel, le fait qu'il consiste tantôt en une simple amblyopie avec rétrécissement concentrique du champ visuel, plus prononcés d'un côté;] d'autres fois en une hémianopie, variable en intensité, tantôt homonyme et| tantôt hétéronyme, semble indiquer (voy. p. 607) qu'il s'agit là d'un proceS' sus pathologique aux environs du chiasma optique, la nature de ce processusj restant provisoirement indéterminée.