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MYOPIE. — CONSIDÉRATIONS PHYSIQUES. IIM

Ainsi, en amenant le point lumineux de l'infini jusqu'au point R (fig. 58), son image se déplace de y" à N et se trouve alors juste sur la réline. Le point y formant une image nette est vu distinctement.

Un œil dont la réline est située au delà du foyer de son système dioptrique est donc adapté à un point lumineux qui est situé à une dislance finie en avant de lui.

On appelle cet état de l'œil myopie. C'est un vieux nom, reste d'une époque pré-ophthalmologique. Il n'a aucun rapport avec l'état de réfraction qu'il désigne. Son élymologie esty.ueTv (cligner) et (œil). Donders avait proposé (1) le nom de brachymétropie, parce que ces yeux sont adaptés à une •courte distance; mais ce nouveau nom n'a pas réussi à remplacer l'ancien trop en usage. Il se rapprochait cependanldavantage des expressions vue basse, short-sighted et kurzsichtig, et de la nature de l'anomalie qu'if désignait.

Fig. 58.

Différentes formes de la myopie. — On voit que la définition de la myopie ne dit encore rien, ni de ^la force réfringente de l'œil, ni de sa longueur. Elle dit seulement que la rétine est située au delà du foyer, ou le foyer en defà de la réline, par suite de quoi l'œil est adapté à une distance

On peut donc supposer un œil myope qui a exactement la même force réfringente que l'œil ennnétrope schématique ou normal, mais qui est plus long, comme l'indiquent les figures précédentes. La myopie de cet œil serait donc due à un excès de longueur de son axe. Elle peut être désignée par le. nom, de myopie axile, M".

Le même elTel optique peut être produit, sans changement de longueur de l'œil, par une augmentation de la force réfringente de l'appareil dioptrique, soit que la cornée ou les surfaces du cristallin deviennent plus convexes, soit que le cristallin avance, soit que l'indice de réfraction de l'humeur aqueuse ou du cristallin augmente, soit enfin que celui du corps vitré diminue.

Dans tous ces cas, les rayons parallèles sont réunis plus près de l'appareil dioptrique, en avant de la rétine.

(1) Anomalies, etc., p. 82, édit. angl.; p. 71, cdit. allem..

Des cas de ce genre ont été observés, surtout par suite d'excès de courbure des surfaces réfringentes. On peut donc parler d'une myopie de courbure, W.

D'autres fois on observe une augmentation de la force réfringente de l'œil par suite de changement de l'indice de réfraction du cristallin ou du corps vitré (en sens contraire), ce qu'on peut appeler myopie par altération) de rindice de réfraction, M'.

La myopie axile est de beaucoup la plus fréquente. Nous en aurons les preuves au chapitre clinique de la myopie. Les cas de myopie de courbure et par changement d'indice de réfraction sont plutôt des exceptions, et, s'il peut se rencontrer des formes mixtes, il est plus sûr de considérer comme constant l'appareil dioptrique et comme variable l'axe de l'œiL En envisageant un œil myope comme ayant le même appareil optique, mais étant plus long qu'un œil emméti'ope, on aura donc généralement raison.

Degré de la myopie. — Un œil est évidemment d'autant plus myope qu'il s'écarte davantage de l'emmétropie, en d'autres termes, que sa rétine se trouve située plus en arrière du foyer de son système dioptrique, ou encore que le point pour lequel il est adapté, son punctum remotum, est plus rapproché de l'œil.

C'est en effet la distance du punctum remotum à l'œil, ou plus exactement Vinverse de cette dislance, qui donne la mesure la plus simple et la plus rationnelle du degré del'amétropie. La myopie augmentant avec la diminution de cette distance, c'est-à-dire avec le rapprochement du punctum remotum, le degré de la myopie n'est pas directement mais inversement proportionnel à la distance qui sépare l'œil de son punctum remotum. Si le punctum remotum est situé à 25 centimètres, la myopie

1 1 est == s'il est situé à 50 centimètres, la myopie est == ^^r^ ; s'il se

trouve à 1 mètre, la myopie sera = — = 1.

Pour parler mathématiquement, il ne suffit pas de dire : la distance du punctum remotum à l'œil, parce que l'œil n'est pas un point. Il faut savoir à partir de quel point de l'œil nous comptons la distance au punctum remotum, dont l'inverse nous donne la mesure de l'amétropie.

Puisqu'il s'agit de mathématiques, nous choisirons un des points cardinaux de l'œil et non un point anatomique, comme par exemple la surface antérieure de la cornée, dont la position ne correspond à aucun des points qui entrent en ligne de compte dans les calculs de l'appareil dioptrique (voy. p. 83).

Donders compte cette distance à partir du point nodal antérieur K'. Il choisit donc, pour exprimer le degré de l'amétropie, la valeur que nous avons appelée g' dans nos études du chapitre premier. Cela facilite les calculs de la grandeur des images.

Nous préférons compter à partir du premier point principal H'. Nous nous servons donc de la valeur /"', pour exprimer le degré de l'amétropie. La raison en est que la position des points principaux est plus constante dans l'œil que celle des points nodaux. Cette dernière varie beaucoup sous l'inHuence de l'accommodation. D'autre part, le premier point principal est plus rapproché d'un point accessible de l'œil. 1,75°"° seulement le séparent de la surface antérieure de la cornée, tandis que le premier point nodal est à 7,32°"" de la cornée. Si, en pratique, nous comptons la distance du

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