L\FI-UENGE DE L'AGE SUR L'ACCOMMODATION
donc à tous les états de réfraction. Celui que nous reproduisons correspond à l'emmétropie, puisque les courbes rr commencent par 0 D.
Pour l'amétropie, on n'a qu'à déplacer la ligne zéro, conformément à l'état de réfraction statique, comme nous l'avons fait déjà. Ainsi, pour un myope de 6 D, la courbe rr commencerait au numéro -(-0, c'est-à-dire G au-dessus de zéro, et finirait entre -j- 4 et 3 à droite. La courbe pp commencerait à li-j- 6 = 20 au-dessus de zéro (il faudrait pour cela agrandir le scliéma) et descendrait comme dans l'emmétropie. A soixante-trois ans, elle serait arrivée à la ligne 6, et, à soixante-treize ans, elle se confondrait avec la courbe rr entre 5 et 4 dioptries.
Mais, si l'amplitude d'accommodation est égale, la position du punctum proximum n'est évidemment pas la même pour tout état de réfraction statique de l'œil. Elle dépend, comme nous l'avons vu, à la fois de la réfraction et de l'accommodation. La distance qui sépare le punctum proximum de l'œil est égale à P, c'est-à-dire égale à la distance focale de la lentille qui représente la force réfringente de l'œil à l'état du maximum d'accommo- 1 1
dation P = -, ou p = Prenons quelques exemples :
Où se trouve le punctum proximum d'un emmétrope à l'âge de trente ans? Le diagramme et le tableau nous disent qu'à cet âge l'amplitude d'accommodation a est de 7 dioptries. Pour l'emmétrope, nous avons r = 0, donc
= a — 0 = a = 7 D, et P, la distance focale de 7 D = =- l-i*^™.
Si le jeune bomme, au lieu d'être emmétrope, était myope de 4 D, où aurait-il son punctum proximum? — Sa réfraction, à l'état d'accommodation totale, serait r-t-a = 4 -|-7 = 'll D, et, par conséquent, P, la
distance du punctum proximum = ^^'^ = 9,9<^"'.
Et une personne du même âge, mais ayant une hypermétropie de 4 D, où aurait-ellfe son punctum proximum? Elle a aussi 7 D d'amplitude d'accommodation; mais elle en emploie 4 pour corriger son hypermétropie. 11 ne lui reste que 7 — 4 = 3 D de réfraction positive, ce qui donne un punctum proximum à 33,3'="'.
On voit que, pour le même âge et la même amplitude d'accommodation, la situation du punctum proximum est loin d'être toujours la même, précisément parce qu'elle dépend autant de la réfraction statique que de la réfraction dynamique de l'œil.
On peut poser la question autrement encore :
Nous avons trois personnes devant nous. Toutes les trois ont leur punctum proximum à 20'=""; seulement, la première est emmétrope, la seconde a une myopie de 3, la troisième, une hypermétropie de 3 dioptries. Quel âge ont les trois personnes?
Nous n'avons qu'à calculer en sens inverse de ce que nous venons de faire, c'est-à-dire chercher a, étant donnés p et r.
P, chez tous les trois, est égal à :20"", donc /j, le nombre de dioptries, correspond = — = 5 D.
r Pour l'emmétrope, nous avons a = p — 0 = 5D, dans notre exemple, et le tableau nous indique qu'une amplitude d'accommodation de 5D correspond à l'âge de trente-cinq ans et demi.
2° Le myope qui, malgré son état de réfraction, déjà positive à l'état de repos, ne voit pas plus près qu'un emmétrope, doit être plus âgé que celui-ci; car, s'il avait le même âge, et, par conséquent, la même amplitude d'accommodation, celle-ci, combinée avec sa myopie, devrait lui donner une force réfringente (p) plus forte, et ramener le punctum proximum plus près que celui de l'emmétrope. Si tel n"est pas le cas, c'est une preuve que l'amplitude d'accommodation a est plus faible, que la personne est plus âgée. En effet, pour la myopie, nous avons : a = p — r, a = 5 — 3 = 2 D, dans notre exemple. Or 2 dioptries d'amplitude d'accommodation indiquent un âge de cinquante-deux ans.
3° L'hypermétrope, au contraire, pour voir aussi près qu'un emmétrope, doit disposer d'une amplitude d'accommodation plus grande que celui-ci, parce qu'il a d'abord à corriger son amétropie, ou à ramener le point pour lequel il est adapté, de derrière l'œil à l'infini, avant de pouvoir songer à l'amener à une distance définie. Dans notre exemple, nous dirons : Le punctum proximum étant àV = -, la force réfringente que présente l'œil est p=z5 dioptries. Ayant été de 3 dioptries au-dessous de zéro à l'état de repos, c'est-à-dire — 3 dioptries, l'amplitude d'accommodation {a) doit être 5 -{- 3 = 8 dioptries. En effet, nous nous souvenons que pour l'hypermétropie, nous avons écrit a = p -\- r. Pour disposer de 8 dioptries d'amplitude d'accommodation, il ne faut pas avoir plus de vingt-sept ans, comme le démontre le schéma de Donders.
Enfin, on peut encore poser la question d'une troisième façon et se demander : Quel est l'état de réfraction d'une personne qui, à l'âge de cinquante ans, voit encore à 11"^™?
Nous connaissons a, l'amplitude d'accommodation. Elle est de 2,5 dioptries à l'âge de cinquante ans. Nous connaissons p, c'est-à-dire nous pouvons le déduire de P = p = -=-— = 9 D. Et nous cherchons r.
Nous le trouvons en disant : La force réfringente p, que représente l'œil lorsqu'il est adapté à son punctum proximum, est plus élevée que l'amplitude d'accommodation qui correspond à son âge. Le surplus ne peut être dù qu'à la réfraction statique de l'œil. En d'autres termes, il faut que l'œil, à l'état de l'epos, ait déjà été adapté à une dislance finie, qu'il ait été myope. Et le degré de la myopie est indiqué par la différence entre l'état de réfraction de l'œil adapté à son punctum proximum (p) et l'amplitude d'accommodation (a); r = p — a = 9 — 2,5 = 6, 5 D.
i La personne de notre exemple a donc une myopie de G, 5 dioptries. Et ainsi de suite pour l'emmétropie et l'hypermétropie.