RÉSUMÉ
Résumé,
La force réfringente moyenne de l'appareil dioptriqiie de l'œil pourrait être comparée à celle d'une lentille qui aurait 20,713'°'" de distance focale, ou = ■i-8,'27 diop-
tries de force réfringente.
Le but de cet appareil est de former des images nettes sur la rétine. C'est pour cela qu'on le considère généralement dans ses rapports avec la rétine, et, si l'on parle de réfraction de l'œil, on a en vue la marche des rayons lumineux par rapport à la rétine. Ainsi, nous avons vu que, sans que la force réfringente de l'appareil dioptrique change, ce qu'on appelle la réfraction de l'œil varie. L'œil est hypermétrope, emmétrope, myope, suivant que la rétine est plus rapprocliée ou plus éloignée du système dioptrique.
La mesure de l'état de réfraction de l'œil ne peut pas èire la distance focale de l'appareil dioptrique, qui dépend uniquement de cet appareil, et n'a rien à faire avec la réline ou la longueur de l'œil. Mais il trouve son expression dans la distance focale conjuguée antérieure, ou première dislance focale conjuguée de l'œil, c'est-à-dire dans la distance à laquelle un point doit se trouver pour que son image se forme sur la rétine.
La distance focale conjuguée postérieure ou seconde distance focale conjuguée, qui correspond à cette distance focale conjuguée antérieure ou première, est évidemment la longueur de l'œil (plus exactement la distance du second point principal à la rétine). Elle n'aurait pas pu servir de mesure de réfraction. Elle échappe à la mensuration directe, et, en elle seule, n'a pas plus d'intérêt pratique que la force réfringente de l'appareil dioptrique seul. Elle n'a de signification que dans son rapport avec cette force réfringente. Ce rapport trouve précisément son expression dans la première distance focale conjuguée. Si je dis : l'œil voit nettement un objet situé à 50'-'" devant lui, je sais que l'un des foyers conjugués étant situé à 50"", l'autre se trouve sur la rétine.
C'est là ce qu'il m'importe de connaître en pratique, tandis que je suis moins intéressé à savoir si ce second foyer conjugué, c'est-à-dire la rétine, est plus ou moins rapproché de l'appareil dioptrique.
La première distance focale conjuguée donne donc la mesure de la réfraction de l'œil. Elle en est Vinverse. l'ius est rapproché de l'œil le point dont l'image se forme sur la rétine, plus la réfraction de l'œil est forte.
Pour obtenir la réfraction en dioptries, on mesure la première distance focale conjuguée au moyen du mètre. On dit : pour voir un objet situé à 1/2 mètre, l'œil a besoin
d'une réfraction de -j-;^ = 2 dioptries; pourvoir nettement un objet situé à X mètres
en avant de lui, il f^"'' ^ dioptries de réfraction positive.
Tant que l'objet se trouve à une distance finie, ou obtient ainsi, pour la réfraction nécessaire à sa vision, un nombre de dioptries positif. Ce nombre est d'autant moindre que l'objet est plus éloigné, c'est-à-dire que les rayons qui en proviennent sont moins divergents.
Lorsque l'objet se trouve à l'infini, la première distance focale conjuguée est os, et la réfraction, -J- = 0.
Lorsque l'objet se trouve au delà de l'infini ou en arrière de l'œil, c'est-à-dire lorsque les rayons qui en proviennent sont convergents, la première distance focale conjuguée est négative, et la réfraction de l'œil est également négative.
.4.insi, on dira qu'un œil a 2 dioptries de réfraction négative du moment qu'il réunit
sur la rétine des rayons qui convergent vers un point situé à — ^ derrière lui. Par
exemple, pour voir à travers un verre convexe de 4 dioptries un objet situé à l'infini, l'œil doit avoir 4 dioptries de réfraction négative. Puisque le verre convexe 4 donne aux
rayons venus de l'infini une direction convergente vers un point situé à ]— derrière lui, le
premier foyer conjugué, celui dont l'image doit se former sur la rétine, n'est donc pas à
l'infini, mais à - de mètre derrière l'œil, et c'est pour cela que la réfraction de ci.;v-
nier est de — 4 dioptries. Et, pour voir un objet (virtuel) situé à X mètres en arrière
de l'oeil, il faut — dioptries de réfraclion négative.
A l'état de repos, l'œil est adapté à son punctum remotum. Le jmnctum remotum est donc à ce moment le premier foyer conjugué de l'œil. C'est ainsi que nous avons exprinié la réfraction de l'œil à l'état de repos, la réfraction statique, par une fraction, dont le numérateur est 1'", le dénominateur, la distance du punctum remotum à l'œil (R) exprimée en mètres. En faisant la division, on obtient la réfraction statique exprimée en dioptries, ce que nous avons appelé r.
Tant que le punctum remotum de l'œil est à une distance finie, la réfraclion statique de l'œil est positive.
C'est ce qui caractérise la myopie. Si le punctum remotum est à nous avons :
R = = -—— = 20 D ; c'est-à-dire que la réfraction statique est = -|- 20 dioptries. :
s'il est à 2"', elle est de - D.
Lorsque le punctum remotum est à Vinfini, comme dans I'emmétropie (R = oc), la réfraction est ~ = 0. Voilà pourquoi l'cmmélropie peut être exprimée par zéro.
Lorsque le punctum remotum, ce premier foyer conjugué de l'œil au repos, dépasse l'infini, c'est-à-dire lorsqu'il apparaît en arrière de l'œil, sa distance à l'œil (R) est négative, de même que la réfraction de l'œil — — = — r.
Voilà pourquoi I'hypermétropie porte le signe — . Un œil au repos, adapté à un point
situé à 4'" en arrière de lui, a une réfraction statique négative de - dodioptrie; ilaune hyper-
métropie de 0,25 D. — Lorsque son punctum remotum se trouve à - de mètre en arrière
de lui, sa réfraction est — 5 D, et, si c'est à l'état de repos que l'œil a cette réfraction, on dit que sa réfraction statique est — .5 dioptries {hypermétropie de 5 D).
La réfraction de l'œil au repos peut être augmentée par un effort musculaire, l'accommodation; à sa réfraclion statique, l'œil ajoute alors une réfraction dynamique (a). Au moment de son maximum d'accommodation, l'œil présente évidemment la plus forte réfraction dont il est susceptible, puisqu'il a augmenté sa réfraction statique de la totalité de sa réfraction dynamique.
Dans cet état, où la réfraction de l'œil représente la somme de la réfraction statique et de la réfraction dynamique, l'œil est donc adapté au point le plus rapproché qu'il puisse voir distinctement. C'est le punctum proximum.
Le punctum proximum est donc alors le premier foyer conjugué, et sa distance (P) de l'œil donne la mesure du maximum de réfraction [p] dont l'œil est susceptible. Il en est
1 mverse : v = -■
Un œil qui, en mettant en jeu toute son accommodation, est adapté à g de mètre, a
7—= 5 dioptries de maximum de réfraction. P = — : p =5D. Ce maximum de réfrac- 1/5 5
tion p, représentant la somme de réfraction statique r et de la réfraction dynamique a, est donc égal à p = a -\- r.
La totalité de la réfraction dynamique, en d'autres termes, l'amplitude d'accommodation, est donc égale au maximum de réfraction de l'œil moins la réfraction statique ; (i=p — r. C'est la formule de I'amplitude d'accommodation.