ALTÉRATIONS MORBIDES DE LA ZONULE
Les conditions de pesanteur sont aussi encore sensiblement dérangées lorsque par suite du ramollissement des masses corticales du cristallin, le noyau s'est déplacé, tombe dans la position verticale dans la partie la plus déclive du sac capsulaire en y ballottant.
A la suite d'une agglutination d'une partie de la crislalloïde à la surface postérieure de la cornée qui a suivi une perforation, agglutination que peut avoir facilité la persistance prolongée d'une fistule, l'accumulation de l'humeur aqueuse, une fois celle-ci fermée, aura pour résultat de renverser le bord du cristallin opposé aux parties adhérentes, et de faire subir une traction d'autant plus notable à la zonule, que par suite de la supression d'une étendue variable de l'angle iridien des phénomènes glaucomateux se seront développés. Ainsi, à mesure qu'on voit se produire un staphylôme partiel formé par la cicatrice irido-cornéenne, aux bords de laquelle se trouve accollée la cristalloide sur un point excentrique, on observe une distension progressive de la zonule du côté opposé des parties adhérentes, distension qui peut aboutir à un amincissement atrophique tel que la zonule finit par disparaître dans une étendue variable. Au contraire, vers la partie adhérente du cristallin, on peut rencontrer un ratatinement de la zonule avec épaississement, mais cela avant que des phénomènes glaucomateux aient retenti sur la nutrition du corps vitré et atteint dans leur nutrition même les parties non distendues de la zonule.
c. Vépaississement de la zonule se rencontre surtout lorsque, à la suite de maladies de la région antérieure du tractus uvéal, principalement du corps ciliaire, des altérations morbides se sont établies lentement et progressivement dans les couches antérieures du corps vitré. Le beau dessin de Wedel (fig. 9, Lens; corpus vit., II) se rapporte aussi à pareille altération du corps vitré « qui dans ses parties les plus antérieures et externes se trouvait épaissi par un tacheté composé de fines molécules jaune brunâtre rattachées au moyen des faisceaux de la zonule plus intimement à la capsule que cela n'a lieu à l'état normal ».
Rien de surprenant du reste que la zonule, qui constitue une portion de l'enveloppe antérieure du corps vitré, participe aux altérations morbides de ce tissu, et que la zonule s'épaississe lorsqu'une condensation du corps vitré s'opère surtout au voisinage des procès ciliaires, ou se ramollisse lorsqu'il y a dissolution de ce milieu dans ces mêmes parages. Ces variations plus ou moins passives que subit la zonule dans sa- constitution anatomique échapperaient à l'investigation clinique et ne figureraient que dans les exposés des recherches histologiques, si leur présence ne se dénotait pas par des changements de position du cristallin dont nous nous occuperons actuellement.