CELLULES DU CORPS VITUÉ
tique, qui est absolument identique à ceu\ décrits plus haut (fig. 141, c et d). Lorsqu'on laisse séjourner le corps vitré dans le sac lymphatique plus longtemps (à peu près quarante-huit heures), l'expérience ne réussit plus, parce que la majeure partie de la vitrine est alors résorbée, et qu'on ne trouve qu'une petite quantité d'une substance visqueuse.
Je suis forcé de revenir encore une fois sur les petits globules protoplasmatiques, dont on peut suivre la provenance par étranglement des fdets protoplasmaliques. On rencontre constamment ces globules en nombre varié dans le corps vitré et dans ses parties diverses. En teintant avec le carmin ou l'aniline, on peut presque partout démontrer, dans la gélatine du corps vitré, l'existence de pareils globules, soit isolés, soit rangés en séries et écartés à grande distance des cellules mères. Je ne saurais dire s'ils exécutent des> mouvements propres, tandis que les plus grands fragments de protoplasma non munis de noyau qu'on rencontre parfois dans le corps vitré (fig. 141, e} montrent pourtant indubitablement des mouvements amiboïdes.
Tandis que dans le corps vitré de l'adulte les éléments formés et immigrésmontrent, par suite de leur déplacement dans la gélatine particulière de ce milieu, les distorsions et les mutations les plus bizarres, par contre les cellules du corps vitré de l'embryon présentent presque exclusivement une conformation sphérique ou en fuseau (Virchow (26), Kôlliker (31), Wittich(29)y Frey). On ne rencontre des cellules étoilées qui s'anastomosent que vers le côté externe de l'hyaloïde, et elles sont en rapport avec la formation du réseau de vaisseaux embryonnaires qui se trouve en ce point. Probablement aussi les cellules rondes et fnsiformes ne sont autre chose que des corpuscules lymphatiques immigrés. Ce qui est suprenant ici, c'est la constance de la conservation de forme, qui doit peut-être reposer sur une qualité autre du protoplasma cellulaire, ainsi que de la substance propre du corps vitré embryonnaire.
La description qui précède ne mentionne dans les éléments cellulaires du corps vitré^ abstraction faite des formes étoilées des cellules lymphatiques qui y sont pénétrées, nullement la présence de cellules étoilées. Pourtant un grand nombre d'auteurs, de Ammon {"23), Merkel (34-), 0. Weber (41), Smith (53), ont affirmé avec la plus grande assurance la présence de pareils éléments et leur réunion en réseau comprenant dans leurs mailles la substance gélatineuse du corps vitré. De pareils réseaux ne se voient qu'à la surface de la membrane hyaloïdienne, et cela encore seulement chez des embryons. Les descriptions de réseaux cellulaires dans l'intérieur du corps vitré ont principalement surgi de la tendance à assimiler la gélatine du corps vitré à. une catégorie connue qui se range dans la série des substances de tissu cellulaire. Le prototype est représenté par les corpuscules étoilés de Virchow et les réseaux qu'ils forment, d'après lesquels les adeptes de la théorie du tissu cellulaire interprétaient les éléments étoilés du corps vitré en réunissant leurs prolongements en réseaux. Une observation non prévenue et affranchie de toute idée préconçue, comme l'avaient déjà montré Doncan (30) et hvanoff (-48), n'a pu rien apercevoir de ces réseaux cellulaires, car le corps viirc ne supporte aucune comparaison avec la structure du cordon ombilical, ou d'un autre tissu gélatineux quelconque.
Virchow (26) décrivit le premier des éléments cellulaires du corps vitré de l'embryon, mais ne réussit pas à les trouver dans l'œil de l'adulte. Kollikcr (31) ainsi que Henle trouvèrent pareilles cellules en petit nombre aussi chez l'adulte, au voisinage de l'hyaloïde. Mais ce n'est qu'à Iwanoff (48) que nous devons la connaissance exacte des cel-
SGHWALBE.
Iules du corps vitré. Il ne se trompe que dans la manière de les interpréter, en prenant les cellules rondes pour des « cellules de formation », donnant naissance en se différenciant aux autres formes de cellules. Les cellules munies de vésicules sont comparées aux physaliphores que Virchow a décrites comme provenant du clivus, et Iwanoff les charge du rôle de production de la substance propre du corps vitré, de la formation du mucus. Doncan (30), qui, comme Webcr (41), décrit de semblables pliysaliphores, partage cette manière de voir. Que le contenu de la vésicule est liquide, c'est ce que démontre par contre Lieberkiihn (63), et mes observations prouvent que l'apparition de vacuoles n'est qu'un simple phénomène d'imbibition .
Ritter (43) nie absolument la présence de cellules dans le corps vitré, et Giaccio (57) revient à cette opinion en n'admettant que les cellules subhyaloïdiennes.
D'après ce que j'ai avancé dans ce qui précède sur les cellules du corps vitré, la provenance des cellules de pus lors d'une inflammation du corps vitré ne peut être dubitative. Elles proviennent des vaisseaux avoisinants, et ce sont des globules de sang- incolores immigrés (Blin) (54). Cette immigration s'effectue essentiellement des vaisseaux du corps ciliaire et de la papille du nerf optique. On peut aisément se convaincre de ce fait si, par l'introduction d'une aiguille, ou des injections de solutions de sublimé ou de nitrate d'argent, on provoque une suppuration, après avoir préalablement introduit dans le courant sanguin des granules de zinnaber. Les cellules contiennent alors, pour la plupart, des molécules du pigment introduit dans la circulation. Pendant leur migration, ces cellules prennent aussi des granules de pigment de la choroïde et de l'épithélium rétinien. En l'absente de tout élément cellulaire fixe dans le corps vitré, leur provenance de pareille source (0. Weber) (41), ou encore moins de prétendues cellules épithéliales (Coccius) (40), ne saurait venir à l'esprit.
C'est encore l'endroit de discuter la question de savoir jusqu'à quel point les éléments formés que nous venons de décrire dans le corps vitré expliquent les phénomènes entoptiques. Nous devons à Doncan (30) une comparaison exacte des formes observées au microscope et à l'examen entoplique. Il trouva, comme correspondant aux anneaux qu'on rencontre isolés dans le champ visuel, avec un centre clair, les cellules sus-décrites munies d'une vésicule; il démontra en outre que les groupes de globules qu'on voit parla méthode entoptique sont de la même manière visibles au microscope. Les fibres garnies de grains ou de globules sont invoquées par lui pour interpréter l'image des chapelets en perles des mouches volantes ^ mais il n'est pas dans mon plan d'insister davantage sur pareilles comparaisons.
Si, finalement, nous nous demandons quelle est la valeur histologique du tissu qui compose le corps vitré et comment il faut le classer dans la série des autres tissus, nous devons tout d'abord insister sur sa provenance du tissu cellulaire embryonnaire, provenance que l'embryologie met hors de contestation. Aussi, plus tard, le tissu du corps vitré se rapproche surtout du tissu cellulaire, mais se différencie de tous les autres genres de tissus semblables par l'absence de cellules fixes (cellules endothéliales), ainsi que par la rétrogradation des fibrilles en comparaison de l'accroissement en masse de la substance interfibrillaire. Celle-ci se différencie de son côté, par son excès-
BIBLIOGRAPHIE
sive abondance d'eau, de la substance de ciment des autres tissus fibrillaires du genre de tissu cellulaire. Ce qui me paraît plus simple, c'est d'envisager toute la masse située contre l'hyaloïde et la membrane du canal central comme un faisceau unique de tissu cellulaire, garni d'une gaine endothéliale. Seulement l'enveloppe endotliéliale se trouve remplacée ici par une membrane élastique, l'hyaloïde, tandis qu'à l'intérieur même les fibrilles se trouvent dissociées et disséminées par un accroissement excessif de la substance interstitielle.
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