‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 60 sur 147 · CELLULES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CELLULES DU CORPS VITRÉ

gonflement par imbibition de la substance cellulaire (fig. 141,6). Toujours ces vésicules présentent un contenu clair et bomogène, qui, dans beaucoup de cas, est indubitablement liquide, attendu qu'on voit les granules qui y pénètrent prendre un mouvement moléculaire (Lieberkûhn, 62, p. 340). Ordinairement on ne rencontre quune seule vésicule, mais on peut, dans quelques cas, comme cela est arrivé à Iwanoff, en rencontrer deux réunies par un pont de protoplasma qui peut entourer le noyau (fig. 141, g). Aussi, dans le voisinage de pareilles cellules, dont les émanations présentent de nombreux renflements sphériques, j'ai rencontré de petits globules de protoplasma représentant évidemment des parcelles étranglées et détachées de la substance cellulaire.

FiG. Ul.

Le nombre, la grandeur et la forme des noyaux de ces diverses cellules varient énormément. J'en ai rencontré jusqu'à trois; là où plusieurs noyaux occupent une même cellule, ils sont moins volumineux que ceux des cellules à un seul noyau. Leur forme est tantôt sphérique, tantôt ovale ou rénale. J'ai aussi rencontré des corps protoplasmatiques avec vésicule sans noyau, qui, à part l'absence de noyau, étaient identiques aux autres. Tandis qu'on rencontre les cellules étoilées et fusiformes de préférence dans la masse corticale du corps vitré, et chez les enfants, en grand nombre, on trouve surtout les ceUules à vésicule chez les adultes, et ici, ordinairement, dans les parties centrales du corps vitré.

Les nombreuses formes intermédiaires entre ces trois types cellulaires décrits démontrent incontestablement leur identité. Cette opinion acquiert une nouvelle confirmation par la découverte d'IwanofF(48), d'après laquelle ces trois genres de cellules montrent des phénomènes de mouvements propres. L'idée que leur forme si variée se rapporte au changement dans la configuration d'un même genre de cellules est donc bien naturelle (Lieberkûhn, 63, p. 440V Pagenstecher (58) a réussi, sur des corps vitrés de lapins âgés de peu de jours, à voir, sur la table de l'objectif chauffée, les diverses formes de

cellules d'Iwanoff se développer de la première catégorie. Lui aussi appuie sur la grande concordance de ces cellules rondes avec les corpuscules blancs du sang. Que ceux-ci puissent, aussi bien que dans d'autres tissus, immigrer dans la substance du corps vitré, cela ne peut être mis en doute. Mais ici ils chemineraient tantôt dans la substance visqueuse, tantôt dans les interstices remplis de liquide : dans leur premier parcours, ils s'effderont en longs filaments de protoplasma; pendant la seconde partie du chemin, ils présenteront ces symptômes de gonflement par imbibition. L'occasion à la formation de vacuoles est ainsi fournie.

En concordance avec ces faits, nous rencontrons de préférence les cellules munies de petites vésicules chez des personnes âgées, dont le corps vitré est plus abondamment fourni d'eau, et ici même de préférence encore dans les parties centrales les plus liquides, tandis que les longs filaments se forment principalement dans les parties périphériques plus visqueuses du; corps vitré. On rencontre en nombre excessivement abondant ces cellules à vésicules dans le glaucome, dans tous les cas d'augmentation de l'humeur vitrée, tandis qu'elles disparaissent complètement avec le ratatinement du corps vitré (Iv^^anoff) (48), fait qui concorde parfaitement avec ma manière de voir en ce qui concerne leur nature.

Afin de confirmer cette supposition, j'ai tenté de provoquer artificiellement ces diverses formes de cellules. A cet objet, j'ai transporté du corps vitré de l'homme, du mouton, du porc, dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille, où je l'y ai laissé séjourner pendant à peu près dix-huit heures. La substance du corps vitré se montre alors parsemée d'un très grand nombre de corpuscules protoplasmatiques qui, ainsi que le démontrent les injections simultanées de substances colorées finement granulées, proviennent des corpuscules lymphatiques immigrés de la grenouille. Ces corpuscules montrent alors tous ces divers changements de forme que nous avons constatés plus haut en étudiant le corps vitré normal de l'homme. Nous pouvons donc affirmer, avec toute certitude, que toules les cellules qu'on rencontre dans le corps vitré, quelque variée que puisse être leur forme, ne sont autre chose que des corpuscules lymphatiques immigrés qui doivent la diversité de leur aspect à la qualité variée du milieu dans lequel ils se meuvent. J'ai même obtenu les cellules à vésicules par cette méthode artificielle, il est vrai toujours en petit nombre, parce que le séjour du corps vitré dans le sac lymphatique de la grenouille lui fait déjà, après dix-huit heures, perdre par résorption une quantité notable de son eau. Il est par conséquent difficile d'établir ainsi les conditions opportunes à la formation des vésicules; pourtant cela réussit encore principalement avec le corps vitré humain, qui est plus riche en eau que celui du mouton et du porc.

Par contre, on peut suivre pas à pas la formation des filets protoplasmatiques lorsqu'on observe pendant quelque temps les corpuscules lymphatiques immigrés, et l'on voit en outre très distinctement comment il s'en détache, de temps à autre, par étranglement, un petit globule protoplasma-

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