CORPS ÉTRANGERS DE L'HUME[IR VITRÉE
Fessantes ; il arrive par des recherches minutieuses aux conclusions suivantes :
(( 1° La simple présence d'un corps étranger indifférent à la décomposition chimique, corps étranger auquel ne se trouve attaché aucun germe d'organisme inférieur, ne provoque dans l'intérieur de l'œil aucune inflammation. (La confirmation clinique de ce fait, Lehert la trouve avec raison dans les essais de drainage qui ont élé faits par nous au moyen de fils d'or pur (1).
)) 2° Des corps étrangers aseptiques composés de métaux soumis à l'oxydation ne déterminent pas une inflammation suppurative, mais peuvent néanmoins entraîner des conséquences graves. Ils les entraînent surtout lorsqu'ils séjournent dans le corps vitré, où ils déterminent, s'ils ont la grosseur voulue, une atrophie aiguë et un décollement de la rétine accompagnés d'altérations histologiques particulières, altérations qu'il faut attribuer à l'action chimique de ces métaux.
» 3° Il survient constamment une inflammation suppurative de l'œil après des lésions accompagnées d'introduction de germes d'organismes inférieurs.
» Au point de vue pratique, c'est là le fait le plus important. Il est vrai que l'inflammation suppurative peut se produire à la suite d'une irritation chimique, mais dans les conditions ordinaires de la vie, cela ne se rencontre pas, à l'exclusion d'organismes infiltrés. »
» 4" L'inflammation suppurative déterminée par le développement des microbes s'effectue par le fait que ceux-ci produisent par leurs conditions vitales des substances chimiques qui déterminent l'inflammation. Il en est de même aussi à peu près de l'action de certains parasites animaux, par exemple, du Cysticercus cellulosœ, qui provoque comme corps étranger dans l'intérieur de l'œil une inflammation. »
A ces conclusions générales M. Lebert (2) en a ajouté plus tard quelquesunes plus spécieuses, mais qui aussi, elles, méritent toute l'attention du clinicien. Ce sont :
(l) M. Laadmann (Archiv f. Ophthalm., t. XXVIII, 2, p. 153), qui a poursuivi au point de vue clinique les expériences de Leber, dit à ce sujet : « La confirniatiGn exacte de ce premier axiome existe aussi pour l'œil humain dans le drainage très connu au moyen de fil d'or, d'après de Wecker, qui a pour nous au point de vue théorique tout à fait la valeur de l'expérimentation. Le séjour pendant des semaines de fils d'or dans les tissus et les chambres de l'œil ne détermine aucune inflammation, et, si exceptionnellement elle s'est produite, elle doit sans efforts être mise à la charge d'une infection qui s'est effectuée à travers le canal parcouru par le fil. » Si nos essais de drainage n'ont pas répondu au point de vue thérapeutique aux espérances qu'on avait le droit d'y attacher, au moins sait-on qu'ils ne sont condamnables ni au point de vue physiologique, ni au point de vue de l'expérimentation clinique. Rien ne prouve donc que repris dans de meilleures conditions d'instrumentation ils ne puissent donner ùn jour aussi de bons résultats thérai peutiques.
! (2) Arc/iiD, t. XXVIII, 2, p. 237.
a. Des fragments de cuivre introduits d'une façon aseptique dans la chambre antérieure déterminent en se différenciant de parcelles d'acier et de fer, une inflammation suppurative, mais à la condition seulement d'être en contact avec l'iris et non lorsque, implantés dans le cristallin, ils proéminent librement dans la chambre antérieure.
h. Lorsque le fragment de cuivre se trouve librement suspendu dans le corps vitré, il ne survient pas d'inflammation suppurative. A-t-il pénétré à travers les parois de l'œil dans la région ciliaire ? il survient une suppuration circonscrite au proche voisinage du corps vitré.
c. Des fds de plomb ne déterminent ni dans le corps vitré, ni dans la chambre antérieure une inflammation suppurative; mais suspendues librement dans le corps vitré, des parcelles de plomb déterminent la môme forme de décollement rétinien que. des fragments de fer ou de cuivre qui s'y trouvent introduits.
d. Du mercure métallique introduit d'une manière aseptique détermine, autant dans le corps vitré que dans la chambre antérieure, de graves inflammations suppuratives qui se différencient de celles produites par septicisme en ce qu'elles ne tendent pas à s'étendre aux autres parties de l'œil.
Quelles sont les déductions clmiques que nous avons à tirer de ces travaux importants? c'est que nous avons à nous occuper non seulement de la composition chimique d'un corps étranger qui a pénétré dans l'œil, mais surtout aussi s'il y est entré plus ou moins vierge de germes et principalement si la plaie et le canal que le corps étranger a parcourus ne sont pas devenus après la blessure le lieu d'une infection septique; car, fréquemment, les premiers soins donnés à un blessé lui sont plus funestes que la blessure même. Ici notre attention doit encore être tenue en éveil lorsqu'on peut supposer que des germes d'organismes inférieurs ont pénétré dans l'œil, s'ils ont été transportés dans un lieu particulièrement propice à leur culture : telles sont la capsule cristallinienne, les chambres postérieure et antérieure. C'est principalement le sac capsulaire qui, par sa position anatomique et ses conditions de nutrition endo-exosmotiques, paraît être un lieu de culture de prédilection, d'où rayonne alors l'action infectante dans toute la région proche et la plus riche en vaisseaux de l'œil, entraînant une diapédèse généralisée.
C'est ainsi que s'explique la gravité des blessures du cristallin simultanément avec la pénétration de corps étrangers (indifférents, du reste, comme composition chimique); c'est pourquoi aussi nous redoutons tant les blessures qui se compliquent de lésions du cristallin, car ce sont principalement celles qui menacent de destruction par panophthalraie l'œil blessé. L'action vulnérante, même quand le corps étranger est chimiquement fort irritant, reste plus ou moins circonscrite, lorsqu'il séjourne dans les chambres de l'œil,