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OSSIFICATION DU CORPS VITRÉ

chez ces deux genres de malades, de prime abord, c'est que chez les premiers il y avait liquéfaction du corps vitré et rétraction, chez les seconds, véritable décollement hyaloïdien dès le début de l'altération.

Il serait bien utile de pouvoir, dès le début, distinguer cliniquement ces divers états, si différents au point de vue du pronostic, mais l'exposé de cette affection nous a déjà clairement démontré que nous ne devons pas nous bercer de l'espoir de trouver des signes différentiels, car, que l'hyaloïde reste étalée sur la rétine ou sur le corps vitré, qui se rétracte progressivement, elle ne formera pas par un plissement des reflets qui révéleront sa présence.

J'ai moi-même trop porté mon attention sur ce sujet, ne me fiant pas à ce simple raisonnement théorique, afin de me renseigner cliniquement s'il y avait moyen de distinguer entre le décollement hyaloïdien et la liquéfaction partielle du corps vitré. Ce ne serait que le reflet de la membrane hyaloïdienne qui pourrait nous donner un renseignement, lorsque, par suite d'un décollement irrégulier, il se serait produit une ondulation, un plissement, et que pareils reflets mobiles pourraient être localisés à une distance déterminée de l'épanouissement de l'arbre vasculaire de la rétine. Ces reflets, je n'ai jamais pu les observer, et ce que l'on a signalé à leur place comme chatoiement semi-lunaire n'est autre chose que le miroitement de la sclérotique dénudée dans un staphylôme ou sclérectasie à plusieurs étages.

Le diagnostic se fait donc par intuition; nous supposons sa présence : 1° à la suite de perte brusque d'une partie du contenu de la coque oculaire; 2° à la suite de lésions des enveloppes de l'œil ayant intéressé la rétine, surtout lorsqu'il s'agit de plaies d'une certaine étendue; 3" dans les cas de distension notable de la coque oculaire par suite d'un allongement progressif de l'axe antéro-postérieur de l'œil ; 4° dans les affections graves du corps vitré, qui se sont compliquées de rétraction de la vitrina, ainsi que cela se présente dans des fprmes graves d'irido-choroïdite exsudatives(l).

ARTICLE VII

OSSIFICATION DU CORPS VITRÉ {osteoma corporis vitrei)

La possibilité d'une ossification a été longtemps niée pour ce qui concerne le corps vitré, mais elle a été démontrée positivement par de Wittich et Virchow (3) se prononce de la façon suivante sur la disposition de la

(1) Voy. Vacca, Distacco di ialoide (Bevista clin, di Bologna, 1870, p. 210), et Alquier, Du décollement hyaloïdien, description anatomique, analyse et iconographie de 22 bulbes

. énuclées, recueillis dans le service de la clinique ophthalmique de M. le professeur Gayet, I Paris, in-8°, p. 158, 1878.

(2) Archiv fur pathol. Anatomic, t. V, p. 580.

(3) Die Krankh. Geschiu'ùsle, t. II, p. 100.

DE WECKER. -

vitrina à s'ossifier. «En particulier, chez les chevaux, cette altération est assez fréquente, mais aussi, chez l'homme, on la rencontre assez rarement. En général, elle coïncide avec une [)hthisie(l) du globe oculaire, conséquence de processus suppuratifs avec destruction de la cornée. Parfois aussi la cornée se trouve conservée. Une inflammation du corps vitré (hyalitis) a généralement précédé, puis celui-ci s'est transformé en une masse fibreuse solide ayant pris, en se rétractant, soit la forme d'un cordon, soit celle d'une massue. Dans cette masse môme, mais plutôt vers son extrémité antérieure, se développe le tissu osseux. Il se trouve donc juxtaposé au cristallin, et celui-ci s'est perdu à sa place même. »

M. Knapp(2), qui a fait des ossifications dans l'œil une étude particulière, arrive à cette conclusion (après avoir rejeté l'opinion de Wittich), qu'on n'a jamais constaté d'une manière irréfutable des ossifications dans le cristallin, la rétine, la cornée, l'iris et le corps vitré.

FiG. 146.

Au point de vue clinique celle question n'a qu'une valeur tout à fait secondaire; car, même dans V Histologie pathologique de Vœil, de M. Alt, aucune mention n'est faite de pareille dégénérescence. Il suffit de citer un cas de notre clinique, dont l'examen histologique, fait par M. Poncet, paraît mettre hors de doute la possibilité du corps vitré à s'ossifier, attendu que l'hyaloïde embrasse le tissu ossifié.

La préparation (fig. U6) est empruntée à un œil atteint de glaucome absolu avec dilatation anévrysmatique des vaisseaux de la rétine. La papille était le nège de l'excavation typique, au voisinage de laquelle se trouvait la masse ossifiée qui affectait les rapports suivants avec les parties avoisinantes. Le fond de l'excavation est occupé par un tissu fibreux, de nouvelle formation probablement, car il tapisse l'excavation, se différencie

(1) M. Ammon, A7m. Darstellungen der Krankheilen der Auges. Berlin, 1838, t. XVIIl. — A. roerstcr, Atlas der miaosc. patli. Anatomie, t. XXXV, lig. 8-10. — Sichel, Iconographie, p. 439.

(2) Archiv. f. Augen und Ohrenhcilliunde, t. 11, 1, p. 135.

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