‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 2)Chapitre 80 sur 147 · DÉCOLLEMENT DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

DÉCOLLEMENT DU CORPS VITRÉ

ment ne soit devenu stationnaire ; justement la progression du décollement du corps vitré de sa membrane enveloppante prouve, d'après Iwanoff, son manque d'adhésion avec l'hyaloïde et plaiderait en faveur d'une plus grande solidité du support avec la rétine doublée de l'hyaloïde. Quoi qu'il en soit, d'après noire théorie, pour que le décollement se développe, il suffit après détachement de l'hyaloïde d'une simple déchirure de la trame si délicate de la membrane nerveuse ; suivant Iwanoff, ce serait la réline et la membrane hyaloïdienne si résistante qui devraient se déchirer àla fois et cela sous la traction (Ju corps vitré refoulé par du liquide. L'exploration histologique de nombreux cas de décoUenicnl

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prouvera, du reste, de quel côlé se trouve la vérité: car, si nous avons raison, on doit trouver la rétine flottante et décollée, délimitée dans la plus grande majorité des cas par un simple trait limitant (la margo limitans), au contraire de ce qui doit se rencontrer si la théorie d'iwanoff prévalait, alors la rétine détachée se trouvera garnie vers l'intérieur de l'œil de la membrane hyaloïdienne.

Un coup d'œil jelé sur les rapports de la membrane hyaloïdienne avec le corps ciliaire, ainsi qu'avec le ligament suspenseur du cristallin, dont elle n'est que la continuation, doit nous donner la démonstration des diverses variétés de décoHements de la rétine: ceux qui restent stationnaires pendant des années et sont postérieurs, et ceux qui tendent, par un décollement hyaloïdien progressif, à se compléter vers les parties antérieures, et non seulement à amener un détachement de la rétine jusque vers Vora serrata, mais à se compliquer de suite de troubles nutritifs du cristallin, de phénomènes irritatifs de la partie antérieure du tractus uvéal et de fluctuations très marquées dans la tension intraoculaire. C'est le décollement précurseur de l'hyaloïde qui nous donne l'explication des manières si diverses suivant lesquelles se comportent les diverses formes de décollements, tandis que cette explication nous manque si nous envisageons le décollement du corps vitré à la façon d'Iwanoff; là, une fois la déchirure de l'hyaloïde et de la rétine établie, elle implique par son mécanisme en quelque sorte un arrêt

m DE WECKER. — MALADIES DU CORPS VITRÉ.

dans la progression des phénomènes de rétraction de lavitrinaet dans la traction sur la rétine. La simple déchirure de la trame si fine de la rétine, la projection de liquide sous elle n'entrave en rien le décollement progressif de l'hyaloïde d'avec les parties restées adhérentes de la membrane nerveuse, autrement dit la combinaison d'un décollement rétinien stationnaire avec un décollement hyaloïdien progressif entraînant des désordres nutritifs des plus graves pour la persistance de la forme de l'œil même, et se signalent par un ramollissement notable et progressif du globe oculaire.

Lors de l'apparition de ma monographie in Graefe-Saemisch (1876), j'ai déjà insisté sur ce fait qu'on ne devait pas regarder comme décollement du corps vitré ce que cet éminent histologiste a décrit comme une condensation du corps vitré avec adhérence de la membrane hyaloïdienne à la rétine et qu'il fallait bien mieux réserver pour ces états (voy. fig. 144) les désignations de liquéfaction partielle ou de rétraction avec condensation partielle du corps vitré.

Nous devons rencontrer les deux états, le décollement hyaloïdien et la liquéfaction partielle du corps vitré avec rétraction, dans les cas les plus disposés pour le décollement de la rétine, le staphylôme postérieur progressif. Dans les deux états nous trouvons une fois, au-devant de la rétine dénudée, un liquide déliquescent très pauvre en cellules, mais riche en albumine (en urates, d'après M. Boucheron); une autre fois ce même liquide baigne l'hyaloïde, qui double la rétine et lui donne un accroissement de solidité. Dans ces deux cas, si différents au point de vue du pronostic, nous trouverons des symptômes ophthalmoscopiques identiques; la membrane hyaloïdienne, absolument diaphane, étant bien distendue, qu'elle adhère à la rétine ou au corps vitré rétracté, ne peut nous révéler sa présence par des reflets. Ce seraient des opacités renfermées dans les parties liquides qui, par leur déplacement rapide et par leur délimitation dans ces excursions, nous renseigneraient seulement sur le changement de consistance des parties de la vitrina sus-jacentes à la rétine.

Le clinicien se rendra maintenant facilement compte pourquoi nous voyons, sur des malades à image ophthalmoscopique identique, une marche si différente dans les conséquences qu'entraîne une maladie se révélant à nous comme semblable. Nous observons des vieillards avec des staphylômes postérieurs d'une étendue extrême, des opacités nombreuses se mouvant avec une rapidité étonnante au-devant de plaques dénudées de tout pigment choroïdien; nous les suivons pendant des années, mais en dépit de ces altérations, qui entraînent jusqu'à l'atrophie de la papille par traction sur l'anneau scléral, nous ne voyons jamais survenir un décollement de la rétine. Au contraire, nous observons des cas où peu de phénomènes de traction péripapillaire, peu d'altérations nutritives nous sont révélés par la présence de fines opacités qui voltigent rapidement dans le segment postérieur de l'œil, et où il ne faut qu'un court espace de temps pour voir la marche de cette maladie se compliquer d'un décollement rétinien. La différence qui existait

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