‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 11 sur 135 · TÉLANGIEGTASIE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

TÉLANGIEGTASIE DE LA RÉTINE

La dilatation permanente des vaisseaux de la rétine avec une augmentation très notable de leur nombre, devrait être classée dans les vices congénitaux de la rétine, car les cas exceptionnellement rares qu'on a rapportés doivent être regardés comme un vice de conformation.

Une seule fois nous avons eu occasion de voir pareil état chez un garçon de douze ans, dont l'œil gauche présentait l'image ophthalmoscopique la plus étrange. Toutes les parties avoisinantes de la papille, ainsi que celleci, paraissaient n'être qu'un lacis serré de veines et d'artères, avec un enchevêtrement tel qu'il n'était guère possible de suivre les vaisseaux, artères et veines, du point de leur émergence au delà d'une distance équivalente à un diamètre papillaire. Veines et artères avaient le double de largeur de celles du côté droit, et la richesse des circonvolutions qu'elles faisaient était telle qu'on avait peine à constater, dans une zone équivalente à deux diamètres papiUaires, autour de l'entrée du nerf optique une partie de la rétine non recouverte de vaisseaux. Comme en général la dilatation vasculaire seule ne produit aucun trouble visuel, aussi ici cet œil à aspect si étrange se montrait jouissant d'une acuité parfaite. Le père de l'enfant nous affirmait que son fils avait déjà été examiné à l'âge de huit ans par un confrère, qui avait été frappé comme nous de l'étrangeté d'aspect de l'œil.

Simultanément avec des télangiectasies de la peau de la paupière, ainsi que de la conjonctive, on veut avoir vu un état télangiectasique des vaisseaux de la papille (Schirmer), mais il s'agissait alors d'yeux désorganisés et impropres à la vision.

(1) Consultez les travaux de M. Otto Beckcr, Helfrich et Michel (voy. Bibliographie).

ARTICLE III

ANÉVRYSMES DE l' ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE

La dilatation anévrysmale des capillaires a été signalée par M. Liouville (I) simultanément avec un athérome étendu et senile des vaisseaux du cerveau et expliquant jusqu'à un certain point la fréquence ^es attaques apoplectiformes précédées d'iiémorrhagies retimennes On sait que dans certaines formes de rétinites apoplectiformes suivies de glaucome (glaucome hémorrhagique) l'on a rencontré aussi des dilatations anevrysmales des capillaires, ainsi que l'ont constaté MM. Poncet et Pagenstecher (voy. t. III, p 655) et l'on veut chez ces malades aussi avoir trouvé une tendance aux hémorrhagies cérébrales (Liebreich). La similitude des innombrables anevrysmes miliaires que la nécropsie révèle à M. Liouville dans le cerveau et dans ses enveloppes avec ceux de la rétine ressort encore de ce qu . étaient en très grand nombre accompagnés les uns et les autres de petits foyers apoplectiques.

Ces dilatations se rencontrent fréquemment avec une arterio-sclerose étendue sur tout le système circulatoire, aitério-sclérose activée par 1 alcoolisme ou engendrée par une endartérite de cause spécifique. Rien de surprenant donc qu'on rencontre pareil état conjointement avec des vices cardiaques et qu'on ait observé ces dilatations capillaires dans le péricarde

même (Liouville). , . ,

Bien entendu que ces dilatations ne se révèlent à l'ophthalmoscope que lorsqu'elles ont donné lieu à une rupture. Il en est autrement des dilatations sacciformes, car jusqu'alors les nécropsics restent muettes sur la dilata ion anévrvsmale de l'artère centrale du nerf optique. Seul le pere de de t^raele (Angiectasie, p. 33, Leipzig, 1808) trouva chez une femme qui était devenue aveugle avec la sensation de pulsations dans l'orbite, une dilatation anévrysmale de l'artère centrale qui avait atteint jusqu'à l'épaisseur d une paille de blé et les vaisseaux de la rétine étaient variqueux.

Le docteur Schmiedler, de Fribourg (2), a, dit-on, possède des yeux dans chacun desquels existait un anévrysme de l'artère centrale. Ils avaient appartenu à une princesse de Bade, qui ne pouvait voir un peu qu en dirigeant le regard en bas. Scultet, cité par Demours (3), mentionne une dilatation simple de l'artère centrale de la rétine, sur les yeux d'une femme dont les nerfs optiques s'étaient réduits à la moitié de leur volume.

(1) Note sur la coexistence d'altérations anevrysmales d.ns la rétine, avec les petites artères de l'encéphale (Acttd. de méd. el Ga%. des hop., n° 36). M,.v.h,ie oar

(2) DMionn. des sciences méd., 1814, t. XXXV, p. 20, et Iraducl.on de Mackens.e, par MM.Warlomontel Testelin,t. Il, p. 799.

(3) Traité de.': maladies des yeux. Paris, 1818.

ANÉMIE ET ISCHÉMIE DE LA RETINE.

La première observalion ophthalmoscopique de cette maladie a été recueillie par M. Sous, de Bordeaux (1), sur une femme; nous citons textuellement en note la courte description qu'il en donne, en regrettant qu'elle ressemble trop, par son laconisme, aux précédentes.

D'autres cas de dilatation anévrysmale de l'artère centrale de la rétine se prêtant plus ou moins à la discussion ont été encore signalés par MM. Galezowski (2),Manhardt (3), et enfin M. Magnus (4) veut, à la suite d'une violente contusion de l'œil, avoir observé la formation d'un anévrysme artérioveineux, dont la description ophthalmoscopique n'a pas pu être vérifiée par examen nécroscopique pour lever les doutes laissés dans l'esprit du lecteur.

ARTICLE IV

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