‹ Traité complet d'ophthalmologie (volume 3)Chapitre 65 sur 135 · EXOPHTHALMÏE (DISLOCATION DU GLOBE OCULAIRE · texte numérisé non relu

EXOPHTHALMÏE (DISLOCATION DU GLOBE OCULAIRE

Le déplacement, la dislocation du globe oculaire peut s'effectuer par une augmentation uniforme du volume du tissu orbitaire (une plus grande ampleur de ses rameaux sanguins ou lymphatiques), de même qu'il peut résulter d'un accroissement de volume limité à une partie seulement du contenu orbitaire, consécutivement à un ôpanchement, à la production d'une néoplasie, ainsi qu'à l'introduction d'un corps étranger.

L'exophthalmie peut aboutir à une véritable luxation du globe oculaire, derrière lequel se resserrent les paupières, état qu'on peut provoquer artificiellement et qui s'est maintenu comme un vestige de coutumes sauvages de pugilat dans la haute Bavière (de Rothmund), le Tyrol (Geissler) et certaines régions isolées de l'Amérique du Nord (Wild), où l'adversaire enfonce suivant le meilleur point d'attaque qu'on lui présente, son pouce dans l'angle interne ou externe de ia cavité orbitaire. Nous produisons aisément et intentionnellement cette luxation en poussant l'écarteur en arrière pendant l'émicléation du globe oculaire, pour se faciliter la section du nerf optique, une fois tous les muscles droits sectionnés, ou seulement le droit externe.

Le déplacement du globe oculaire peut encore résulter d'une réduction du volume de la cavité par rapprochement de ses parois, sans que ces parois prennent directement part à cette réduction d'espace. Il en sera ainsi lorsque les cavités voisines de l'orbite se distendent, par suite d'une accumulation inusitée des produits, qu'elles renferment normalement, soit que ces cavités deviennent, elles, le point d'évolution d'une tumeur ou qu'elles soient le siège d'un épanchement morbide.

L'exophthalmie produite par une traction exercée directement sur le globe oculaire, qui n'aboutit pas à un arrachement complet avec déchirure du globe oculaire, compte parmi les curiosités des blessures de l'œil, devant à peine être mentionnées ici. Il en est de même d'une attraction du globe oculaire par des tumeurs (lipomes, télangiectasies, lymphangiomes) qui se sont simultanément développées sur les paupières et le globe oculaire, et qui, en s'agrandissant de préférence en dehors, font basculer le globe oculaire, par le point d'attache qu'a pris sur lui la néoplasie croissante.

Lorsque le contenu rétro-bulbaire augmente uniformément de volume, par suite d'une plus grande ampleur de volume des vaisseaux, par exemple, le globe de l'œil est-il chassé directement en dehors dans le sens de l'axe orbitaire? Certains auteurs l'ont admis (Tavignot, de Graefe) pour le phlegmon orbitaire, qui certainement ne doit pas souvent présenter cette uniformité de répartition; mais d'autres sont plus réservés dans leur appréciation,

et M. Berlin (Graefe-Saemisch, VI, p. 506) dit avec raison : « De faibles

Page 1