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PARTIE GLINinUE (TRAITEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE

dans ses parties postérieures. C'est la raison pour laquelle une surface plane, celle du sol, par exemple, apparaît bombée à ceux que l'on munit de verres convexes. Les mêmes influences se font sentir, en s'exagérant encore, dans la vision binoculaire. Mais il faut dire que ces phénomènes sont rapidement corrigés par le jugement du malade, et qu'il arrive, au bout de peu de temps, à une vision perspectivique absolument normale et à une estimation des distances plus conforme à la réalité (1).

Les verres convexes ont, de plus, pour effet de diminuer quelque peu r amplitude d' accommodation . Cet effet est dû à leur éloignement de Toeil. Mais la diminution est si faible, qu'on peut la négliger en pratique. Dans le cas d'une myopie de 2D(r— et d'un maximum de réfraction /) = 10 D, donc d'une amplitude d'accommodations? =p — r = 10 — 2 = 8 D (2), cette amplitude devient de 7,72. Elle diminue donc de 0,28 D par le verre convexe 1, placé à 2 centimètres en avant de l'œil. C'est à M. Nagel que nous empruntons cet exemple, et c'est dans son traité de la réfraction (3) qu'on trouvera la solution mathématique du problème.

Ce qui change, par contre, notablement sous l'influence de l'emploi d'un verre convexe, c'est la distance entre le punctum remotum et le punctum proximum, notre -P (p. 160), la distance que Donders a appelée le parcours d'accommodation (the région of accommodation) (4). Cette modification est si évidente, qu'il n'est presque pas besoin d'en parler.

Un emmétrope jouissant de 4 dioptries d'amplitude d'accommodation a un parcours d'accommodation compris entre 25 centimètres et l'infini. Muni du convexe 2, son r devienti=-|- 2, c'est-à-dire son punctum remotum R se

rapproche jusqu'à ^ = 50 centimètres.

Son devient =4 -j- 2 =6 D. Le punctum proximum P se trouve donc d 16,6 centimètres, et RP, son parcours d'accommodation, n'est plus que de 50 — 16,6 =33,4 centimètres.

(1) Voyez, à ce sujet, les chapitres de Donders, p. 153-169, édit. angl., p. 130-143, édit. allem., et Nagel, loc. cit., p. 349 à 358.

(2) Comparez page 156 et suiv.

(3) Nagel, loc. cit., p. 348.

(4) Donders, loc. cit., p. 150, édit. angl., p. 127, édit. allem.

Théoriquement, le parcours' d'accommodation a pour limites extrêmes le punctum proximum et le punctum remotum, quel que soit le signe, positif ou négatif, de la distance respective de ces deux points à l'œil. Cependant, comme la partie négative du parcours d'accommodation n'a aucune valeur pratique, puisqu'elle n'est d'aucune utilité pour l'individu, on ne tient compte que de la partie positive de ce parcours, de celle qui est située en avant des yeux. Des verres convexes augmenteront donc l'étendue de cet espace lorsque, tout en ramenant ou en maintenant le punctum remotum à l'infini, ils avancent le proximum (c'est le cas des verres correcteurs de l'hypermétropie manifeste). Ils le diminueront au contraire, lorsque le rapprochement du punctum proximum ne sera pas équivalent à celui du punctum remotum, comme cela a lieu avec les verres correcteurs de la presbyopie.

Les verres concaves, étant constamment destinés à éloigner le punctum remotum de l'œil, sans le faire passer jamais au delà de l'infini et sans reculer d'autant le punctum proximum, allongeront toujours le parcours de l'accommodation.

362 LANDOLT. — RÉFRACTION ET AGGOMMODATIOiN.

Au contraire, si le verre convexe adapte l'œil hypermétrope à l'infini, comme c'est le cas pour l'hypermétropie manifeste, il augmente le parcours d'accommodation.

Les verres convexes modifient, de plus, le rapport entre l'accommodation

et la convergence. L'emmétrope qui regarde binoculairement à ^ associe à

une convergence de 4 «m une accommodation de 4 D. S'il regarde à la même distance à travers des verres convexes de 3 D, ces verres étant placés de telle sorte que leurs axes coïncident avec les lignes de regard des yeux, l'effort de convergence sera toujours le même : 4 am, mais son accommodation ne sera plus que de 4 — 3 = 1 D.

L'emmétrope (ou l'amétrope corrigé) peut se rendre facilement compte de ce désaccord entre les deux fonctions, en fixant binoculairement un objet situé au foyer de deux fortes lentilles convexes. Pour fixer l'objet, qui est très rapproché, on est obligé de faire un effort de convergence assez fort, tandis que la vision nette exige le relâchement total de l'accommodation. Il en résulte que l'objet est vu d'abord en diplopie croisée, parce que l'exclusion subite de l'accommodation dispose les yeux à la direction parallèle, ou rend au moins la convergence difficile. Ils se trouvent donc en divergence par rapport à la position de l'objet. Même quand on est parvenu à réunir les doubles images, un certain sentiment désagréable dans le front et dans les yeux persiste souvent, et prouve que ces derniers ne s'acquittent que difficilement de leur fonctionnement inusité et antiphysiologique. Quelque chose d'analogue peut arriver lorsqu'on prescrit des lunettes «onvexes trop fortes.

Mais l'influence des verres convexes bien choisis sur les rapports entre l'accommodation et la convergence, loin d'être fâcheuse, devient un moyen thérapeutique des plus précieux dans le traitement des anomalies de la réfraction et de l'accommodation. Qu'on se souvienne seulement d'une remarque que nous avons faite dans un paragraphe précédent, c'est que le chiffre qui exprime l'amplitude d'accommodation ne représente pas la mesure de l'effort nerveux ou musculaire mis en jeu, attendu que ce dernier agit par l'intermédiaire du cristallin, dont la plus ou moins grande élasticité déterminera l'effet optique produit par cet effort. Or, l'élasticité du cristallin diminuant pendant toute la vie, l'effort accommodateur doit s'accroître en conséquence pour obtenir le même nombre de dioptries. Et, puisque l'amplitude de convergence, essentiellement dépendante de la force des muscles, ne diminue pas comme l'accommodation, mais se maintient à peu près stationnaire, l'individu est obligé de varier, à l'état physiologique déjà, l'effort d'accommodation qu'il associe à un effort donné de convergence. Les3D d'accommodation que réclame de l'emmétrope la fixation d'un objet situé à 33 centimètres exigeront de lui un effort musculaire bien plus grand à l'âge de quarante ans que lorsqu'il n'avait que vingt anSj tandis que l'effort de convergence sera resté le même, 3 am. La différence est bien plus sensible encore pour l'hypermétrope, surtout pour les degrés moyens et élevés, où le

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