‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 114 sur 327 · PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE

chant parleurs surfaces courbes. Mais ces combinaisons donnent des verres beaucoup trop lourds pour que leurs avantages puissent balancer cet inconvénient (1).

Nous nous rappelons aussi que, lorsqu'on regarde obliquement à travers un verre sphérique, ou, ce qui revient au même, lorsqu'on incline ce dernier devant l'œil, son aclion réfringente augmente dans la direction perpendiculaire à l'axe de sa rotation. Ainsi, si nous faisons tourner une lentille convexe autour d'une ligne horizontale, ou si nous regardons de haut en bas à travers le même verre tenu verticalement, il agira comme si nous lui avions ajouté un cylindre convexe à axe horizontal. Les objets peuvent donc subir une déformation apparente plus ou moins sensible, suivant l'angle que forme la ligne de regard avec le plan du verre. Pour éviter cet inconvénient, on donnera à celui-ci une position telle que la ligne de regai'd le traverse, autant que possible, perpendiculairement à sa surface. Ainsi les verres destinés à voir à grande distance, les verres correcteurs de l'amétropie, seront placés à peu près verticalement, parce que, le plus souvent, regardant au loin, les yeux sont dirigés droit en avant. Au contraire, les verres destinés à voir de près seront inclinés, parce que les objets rapprochés sont presque toujours fixés en abaissant le regard.

Nous avons exigé,. d'autre part, que la ligne qui réunit les centres optiques des verres se trouve dans le plan de regard, et que celui-ci soit perpendiculaire au plan des lentilles. Cela revient à dire que les verres ne doivent pas seulement être inclinés, mais aussi abaissés dans le regard de près, comme s'ils avaient tourné avec les yeux autour des centres de rotation de ces derniers.

Il en résulte, pour la position des lunettes, ce fait très important : en sup- . posant, ce qui est désirable, que le centre optique se trouve sur le diamètre horizontal du verre monté, il faut que ce verre soit placé plus bas, et son bord supérieur incliné en avant dans les lunettes destinées à la vision rapprochée. Cette position n'est possible que lorsque le sommet du crochet qui relie les deux verres est plus élevé que le milieu de ces derniers. Le plus souvent il faudra même l'élever jusqu'au niveau des bords supérieurs des cadres, et lui faire dépasser plus ou moins leur plan, suivant la hauteur et a forme du nez. On inclinera, d'autre part, ces verres sur leurs branches, pour satisfaire à la seconde condition que nous venons de poser.

Nous regrettons de ne pouvoir consacrer plus d'espace au montage et à l'ajustement des lunettes. Cette question est généralement trop négligée par le praticien, comme si le moindre détail dans l'exécution de ses ordres n'avait pas la plus haute valeur pour le client. C'est ainsi qu'on peut laisser perdre le fruit d'examens consciencieux et des considérations les plus rationnelles, simplement parce que les verres qu'on a choisis sont mal placés devant les yeux du malade.

fi) Donders, loc. cit., p. 139 édit. angl , p. H8é(iit, f^llem

LANDOLT. — RÉFRx\CTION ET ACCOMMODATION.

Pour éviter ce grave inconvénient, on se souviendra des principes que nous venons de donner touchant la position des verres de lunettes. On en vérifiera l'exécution, non seulement au point de vue optique, mais aussi au point de vue de leur adaptation au visage du malade, et aux conditions dans lesquelles ils sont appelés à servir. Si l'ophthalmologie a fait des progrès, l'optique industrielle en a fait aussi, et en fera davantage encore, si elle est guidée par des praticiens éclairés.

Il arrive assez souvent qu'une personne a besoin de verres différents, pour voir à grande distance et pour voir de près. Dans le but d'éviter le changement constant de lunettes, on peut procéder de diverses façons. On peut lui laisser en permanence ses verres pour voir de loin, et y ajouter le surplus nécessaire pour la vision rapprochée, sous forme d'un pince-nez ou d'une face à main. Ainsi un hypermétrope manifeste de 1 D, qui a besoin du n° 4 pour voir de près, portera des verres convexes n** 1 constamment, et placera par-dessus un pince-nez n° 3 quand il voudra lire.

Mais, s'il s'agit de varier fréquemment -la portée du regard, comme, par exemple, chez un peintre, qui fixe tantôt son modèle, tantôt la toile, il n'est pas possible de l'astreindre à ôter et à mettre constamment un pince-nez. Les emmétropes et les amétropes faibles, qui voient assez bien à grande distance à l'œil nu, peuvent alors se servir de verres dont la partie supérieure est coupée horizontalement, de façon qu'ils ne couvrent que la partie inférieure du champ de regard. Cela n'empêche pas que le centre optique ne doive se trouver au milieu du verre, que celui-ci ait une forme ronde, ou ovale, ou semi-elliptique.

Pour le cas où deux verres différents sont nécessaires, qu'ils soient tous les deux convexes ou concaves, ou l'un convexe et l'autre concave, on a imaginé des verres à double foyer. Le même verre est taillé et tourné de telle sorte que sa partie supérieure a une force réfringente autre que sa partie inférieure.

Le même effet est obtenu, avec moins d'élégance, à l'aide de verres dans le genre de ceux que nous venons de mentionner, mais composés de deux pièces, coupées horizontalement et réunies par leurs surfaces de section. On les appelle verres de FranJdin (1), d'après le savant illustre qui semble les avoir employés le premier. Ils rendent de très grands services, et j'ai vu un peintre éminent, si enchanté des verres de Franklin que je lui avais indiqués, et qu'il aimait à porter dans une monture ronde, qu'il les reproduisit fidèlement sur son portrait, sans oublier le fin trait lumineux marquant leur ligne de séparation.

Il va de soi que, si l'hypermétropie d'un œil est compliquée d'astigmatisme, ce dernier devra être corrigé à l'aide d'un cylindre approprié (voy. p. 294 et suiv.), qu'on ajoutera au verre correcteur. Celui-ci présente alors, sur l'une de ses faces, la courbure sphérique destinée à neutraliser

(1) Donders, loc. cit., p. 138 édit. angl., p. 117 édit. allem.

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