PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT OPTIQUE DE LA MYOPIE
l'organe semble s'opposer à la correction entière de l'amétropie, et il est à remarquer qu'en général la myopie maligne supporte moins bien les verres correcteurs que la myopie typique. En pareil cas, on fait bien de laisser au malade, sous forme de lunettes, les verres concaves les plus forts qu'il supporte, sans fatigue, même à une distance moyenne (30 à 50 centimètres). Ce peut être le numéro — 13 pour un myope de 16 D. En même temps, on le munira d'une face-à-main contenant les verres qui complètent la correction ( — 3 dans notre exemple). Il la placera devant ses lunettes, quand il voudra voir distinctement pour un instant.
Les myopes extrêmes refusent très souvent toute espèce de correction permanente. Si elle n'est qu'imparfaite, ils n'y trouvent aucun avantage, et, aussitôt qu'elle commence à leur procurer des images rétiniennes d'une certaine netteté, en se rapprochant de la neutralisation entière, elle les fatigue. Ainsi, un myope de 20 D nous saura généralement peu de gré d'un concave 15 ou 16. Le 18 le gênera au bout de quelque temps. Il préférera le — 20 monté en face-à-main. Il s'en servira par instants et dans des occasions très exceptionnelles, à cause de la fatigue que lui fait éprouver leur usage.
Les inconvénients que présente l'emploi de verres concaves très forts ne s'expliquent d'ailleurs pas seulement par le mauvais état des yeux qui en ont besoin. Ils sont dus aussi à certains effets optiques particuliers à ces verres, dont nous parlerons plus tard.
Après la correction de l'amétropie pour l'infini, considérons les fonctions visuelles des myopes à des distances finies. Le domaine de la «vision de près » commence, pour la pratique, à peu près à 50 centimètres, la longueur du bras. Celle-ci marque la limite du travail manuel, et c'est ce dernier surtout qui nous intéresse. Le plus court rayon de ce domaine est difficile à fixer. Pour la vision binoculaire, il ne saurait guère être inférieur à 20 centimètres. Mais, lors de l'exclusion d'un œil, nous connaissons des cas où cette limite se trouvait même en deçà d'un nez un peu long.
Or, les yeux myopes étant, de par leur état de réfraction, adaptés à des distances finies plus ou moins courtes, il va sans dire que, si l'éloignement de leur travail est le même que celui de leur punctum remotum (R), ils n'auront besoin, pour ce dernier, ni de correction, ni d'un effort accommodatif. Si la distance à laquelle ils désirent voir est plus courte que celle de leur punctum remotum, il leur faut mettre en jeu leur accommodation, ou, à défaut de celle-ci, se servir d'un verre convexe. Si l'objet de fixation est plus éloigné que le punctum remotum, ils auront, au contraire, besoin d'un verre concave.
Lorsqu'il s'agit d'adapter un œil myope pour un point rapproché, nous suivrons encore les mêmes principes qui nous ont guidés dans la correction à grande distance. Nous nous basons sur le degré réel de la myopie. Nous posons comme seconde règle générale, découlant en partie de la première,
LANDOLT. — RÉFRACTIOiN ET ACCOMMODATION.
qu'il faut interdire au myope un verre concave pour toute distance a