‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 158 sur 327 · PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT OPTIQUE DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT OPTIQUE DE LA MYOPIE

viation vers la base des prismes, et les lignes visuelles FB et F'B convergeront moins, comme si l'objet s'était porté de A en B. Lorsqu'une lentille concave est assez grande pour que, son axe coïncidant

avec la ligne médiane, les deux yeux puissent regarder simultanément à travers ses deux extrémités, elle augmente l'effort de convergence nécessaire pour fixer un objet binoculairement d'un nombre d'angles métriques égal au I nombre de dioptries dont elle diminue la réfraction de l'œil.

Soit LL' (fig. 128) une lentille de ce genre, A un objet situé à la distança

LANDOLT

de sur la ligne médiane XX', qui coïncide avec l'axe de la lentille. Si

cette dernière a 4- D de force réfringente, elle augmente de 4 D la réfraction nécessaire pour voir l'objet distinctement, et de 4 am la convergence exigée par

sa vision binoculaire. L'objet semblera donc être en B, à de chaque œil,

et les lignes visuelles seront obligées de prendre les directions FB et F'B.

Une lentille de 5 dioptries exigerait de l'emmétrope, pour voir à grande distance, un effort d'accommodation de 5 D et une convergence de 5 am. Un myope de 5 D qui s'en servirait comme verre correcteur n'aurait pas besoin d'accommoder. Elle pourrait peut-être l'initier à l'art, si utile aux myopes, de converger sans accommoder.

Mais nous possédons dans ce but un moyen plus sûr et plus simple, c'est l'atropine. De plus, les deux fonctions sont tellement solidaires l'une de l'autre, qu'en forçant la convergence on ne ferait probablement qu'augmenter l'accommodation, déjà trop mise en jeu par les jeunes myopes. En effet, toutes les tentatives d'augmenter par l'exercice la faculté de convergence, beaucoup moins puissante que celle d'accommodation, ne présentant presque aucune chance de succès, il vaut mieux s'adresser aux moyens que nous avons mentionnés déjà : régime fortifiant en général, hygiène oculaire en particulier, dans les cas les plus bénins; si l'insuffisance des droits internes est très prononcée, opération.

Dans les cas intermédiaires, on pactisera avec le mal, et, au lieu de vouloir lui faire entendre raison par des prismes convergents, on permettra au myope de diverger d'une façon absolue ou relative à l'aide de prismes divergents, comme nous l'avons dit.

C'est ainsi que l'effet prismatique des verres concaves peut rendre de véritables services. On les décentrera de façon à faire voir l'individu à travers la partie interne de la lentille concave, et on diminuera ainsi l'effort de convergence nécessaire pour la fixation de tout objet vu à travers des lunettes de ce genre.

En vertu du déplacement apparent des objets qu'ils peuvent produire, il est très important de placer les verres concaves, comme les convexes, à la même hauteur devant les yeux. Les numéros forts surtout pourraient, sans cette précaution, causer une diplopie très gênante.

De même que pour les verres biconvexes, l'effet prismatique des verres biconcaves se manifeste dans tous les méridiens. Seulement la lentille peut être considérée comme composée d'une infinité de sections prismatiques dont les sommets convergent tous vers son centre. Il s'ensuit que, si l'on regarde à travers le bord du verre, ce dernier coupant la pupille en deux moitiés, les objets sont vus doubles , d'une part, directement, d'autre part, à travers le prisme, qui les déplace du côté du centre de la lentille. Si donc l'œil, muni du verre convexe, a une lacune dans son champ visuel, le verre concave le favorise, au contraire, d'une zone où il voit les objets deux fois.

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