‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 159 sur 327 · PAHTIE CLINIQUE (TRAITEMENT OPTIQUE DE L.\ MYOPIE · texte numérisé non relu

PAHTIE CLINIQUE (TRAITEMENT OPTIQUE DE L.\ MYOPIE

Parmi les effets secondaires les plus importants des lentilles concaves, nous avons enfin à rappeler encore Vaction cylindrique qu'elles exercent lorsqu'un faisceau de rayons lumineux ne les rencontre pas perpendiculairement à leur plan. Nous avons déjà expliqué, que, lorsqu'on fait tourner une lentille sphérique autour d'un de ses diamètre comme axe, son action augmente sensiblement dans le plan perpendiculaire à cet axe. C'est ainsi qu'en inclinant le verre concave dans la verticale, nous obtenons le même effet que si nous lui avions ajouté un cylindre concave à axe horizontal, qui augmente la force réfringente du méridien vertical de la lentille.

Le même fait se produit évidemment lorsque l'œil regarde obliquement à travers le verre. Si, par exemple, à travers des lunettes concaves on dirige ses regards fortement à droite ou à gauche, on se place dans les mêmes conditions que si l'on s'était muni de cylindres concaves à axe vertical : que la ligne de regard se dévie dans l'horizontale ou que le verre tourne autour d'un axe vertical, l'effet est nécessairement le même.

Or cette action cylindrique des verres concaves peut rendre des services aux myopes qui sont obligés de les porter. En inclinant ces verres plus ou moins devant leurs yeux, ce qui est très facile, surtout lorsqu'ils sont montés en pince-nez, ils peuvent corriger un astigmatisme dont le méridien vertical est généralement le plus réfringent. Il paraît cependant, suivant M. Mauthner, que les myopes ont souvent recours à ce stratagème, non pour corriger un astigmatisme existant, mais simplement pour augmenter, au moins dans un méridien, la force insuffisante de leurs verres. Ils se rendraient alors volontairement astigmates; ils préféreraient les images rétiniennes fournies par des lignes de diffusion à celles qui se composent de cercles de diffusion (voy. p. 288).

Les myopes de degrés élevés, auxquels leurs verres concaves forls permettent des variations d'action très étendues, arrivent parfois à une remarquable habileté dans le maniement de ces verres. Ils obtiennent une acuité visuelle notablement supérieure lorsqu'on leur permet de tenir euxmêmes la lentille devant l'œil comme ils l'entendent, que lorsqu'on la place bien d'aplomb dans une lunette d'essai. Cela se conçoit aisément d'après tout ce que nous venons de dire.

Lorsqu'il s'agit d'une myopie très élevée, compliquée d'un astigmatisme pas trop fort, le méridien vertical étant le plus réfringent, il vaut mieux abandonner au myope la correction de ce dernier par une légère inclinaison de ses verres que de combiner un concave sphérique 18, par exemple, avec un cylindre 1. Pour répartir, déplus, sur une seule surface l'action d'une lentille concave aussi forte, on est obligé de lui donner une courbure tellement excessive, que le verre devient très lourd, à moins qu'on n'en rogne les bords, en limitant ainsi le champ de son action.

En toute autre circonstance, nous n'avons pas besoin de le dire, nous profiterons du verre correcteur de la myopie pour neutraliser en même

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temps l'astigmatisme, suivant les règles exposées pages 297 et suivantes. Le cylindre correcteur sera ajouté au verre pour la vision éloignée, aussi bien qu'à celui pour voir de près. Il sera même porté seul lorsque l'œil ne demande pas le secours d'un verre sphérique, et que l'avantage de la correction de l'astigmatisme l'emporte sur l'inconvénient du port des lunettes.

Traitement chirurgical de V insuffisance de convergence et du strabisme

divergent des myopes.

Lorsque l'insuffisance de convergence a résisté aux moyens hygiéniques, à un traitement général fortifiant, au repos des yeux, et qu'elle est trop forte pour être corrigée par des moyens optiques, on peut songer à y remédier par voie chirurgicale.

Les opérations qui se présentent au choix du médecin ne peuvent être que l'avancement d'un ou des deux droits internes, et la ténotomie d'un ou des deux droits externes. La première opération n'est que rarement employée en pareil cas. L'exécution en est plus compliquée, et surtout le dosage plus incertain que celui de la ténotomie. Quoique nous pratiquions plus que beaucoup de nos confrères l'avancement musculaire dans le strabisme, nous donnons cependant encore la préférence à la ténotomie lorsqu'il s'agit de guérir une simple insuffisance de convergence.

Le principe de l'opération consiste évidemment à augmenter l'effet de la contraction des muscles adducteurs, en diminuant la force de leurs antagonistes, les abducteurs. De cette façon, nous rapprochons nécessairement le punctum proximum de convergence, nous augmentons de son côté l'amplitude de cette fonction, en la restreignant de l'autre, celui du punctum remotum..

Mais le punctum remotum de convergence ne doit jamais se rapprocher en deçà de l'infini ; sans cela il y aurait strabisme convergent et diplopie homonyme dans le regard à grande distance. En d'autres termes, le minimum de convergence ne doit pas dépasser zéro.

Il s'ensuit que les cas où le maximum de convergence est insuffisant, tandis que le minimum n'est que de zéro, ne se prêtent pas à la ténotomie. Car toute diminution de l'amplitude de convergence du côté de son punctum remotum ferait tomber l'individu dans le strabisme convergent relatif, et l'on aurait acheté la vision binoculaire de près au prix de son abolition pour grande distance et d'une diplopie plus gênante que ne l'était l'insuffisance des adducteurs.

Il faut donc, pour qu'on puisse tenter l'opération, que le minimum de convergence soit négatif ( — r), qu'il existe une certaine force de divergence, car c'est sur celle-ci seulement qu'on peut prélever la quantité dont on désire augmenter la convergence positive. De Graefe a déjà signalé ce fait, en disant que la ténotomie des droits externes était permise seulement dans les cas où

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