ANOMALIES DE L'ACCOMMODATION
Nous avons exposé, pages 131-156, que raccommodation est une fonction à la fois de Vélasticité du cristallin et du muscle ciliaire. Les anomalies de l'accommodalion doivent donc trouver leur origine dans les altérations de l'un ou de l'autre de ces deux facteurs, ou des deux réunis.
La diminution d'élasticité que subit le cristallin, déjà à partir de l'âge de dix ans, nous a occupé durant tout un chapitre (p. 166 et suiv.). C'est à elle qu'est due la décroissance graduelle de l'amplitude d'accommodation et l'extinction complète de cette fonclion vers l'âge de soixante-quinze ans.
Si le cristallin devient rigide par une autre cause que la sénilité, l'effet sur l'accommodation doit être le même. Les cas de ce genre semblent cependant être rares. Il est probable que la lentille de l'œil perd de son élasticité lorsqu'elle s'opacifie. Mais l'altération de la structure qui amène la cataracte s'accompagne de troubles visuels si intenses, que la diminution de l'amplitude d'accommodation disparaît à côté d'eux.
Il arrive plus souvent que le cristallin se soustrait, par la subluxation, à l'action du muscle ciliaire. Il occupe encore le domaine pupillaire, mais, ses attaches avec le ligament contentif, la zone de Zinn, étant rompues, en partie au moins, il prend sa forme la plus convexe, porte au maximum la réfraction de l'œil, et rend en même temps impossible toute modification de celle-ci. L'accommodation est tout aussi abolie que si le cristallin n'existait plus, comme dans Vaphakie.
Les altérations dans la réfraction dynamique de l'œil qui dépendent du cristallin sont cependant bien moins fréquentes et moins importantes à connaître que celles qui résultent des troubles dans le fonctionnement du muscle ciliaire. Celle-ci sont aussi multiples que complexes, et souvent même peu expliquées.
Comme dans le fonctionnement pathologique de tout organe musculaire, nous aurons à considérer ici : le spasme, V affaiblissement, la parésie et la paralysie du muscle ciliaire.
Mais, avant d'entrer en matière, nous demanderons la permission de rappeler brièvement quelques faits anatomiques et physiologiques relatifs à l'appareil accommodateur de l'œil.
L'innervation du muscle de Brûcke est fournie, comme l'ont démontré MM. Hensen et Voelckers(l), parles rameaux du ganglion ciliaire. Comme ils innervent aussi l'iris, et que les mouvements de ce diaphragme présentent des rapports étroits avec ceux de l'accommodation, comme de plus
(1) Hensen et Voelckers, Experimentaluntersuchungen ùber den Mecimnismus der Accommodation. Kiel, 1868.