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PARTIE CLINIQUE (ANOMALIES DE L'ACCOMMODATION). Ml

la physiologie du ganglion ciliaire n'a guère été étudiée qu'à l'occasion des mouvements pupillaires, nous résumerons en quelques mots l'action de ce ganglion sur l'iris.

Le ganglion ciliaire envoie au muscle accommodateur et au diaphragme irien une quinzaine de rameaux nerveux, les nerfs ciliaires courts. Ils perforent la sclérotique aux environs du nerf optique, cheminent entre cette membrane et la choroïde, et, arrivés à la partie antérieure de l'œil, s'épanouissent en un réseau de fines fibrilles, qui se perdent dans le muscle ciliaire, dans le sphincter et le muscle radié de l'iris.

Les branches afférentes du ganglion ciliaire proviennent de trois sources : 1° de y oculo-moteur commun (racinemotrice) ; ^l"" du trijumeau, par l'intermédiaire du nerf naso-ciliaire (racine sensitive) ; 3° du grand sympathique (racine végétative).

La première de ces racines paraît tenir seule sous sa dépendance le fonctionnement du muscle accommodateur [Trautvetter (1)], et du sphincter de l'iris. Les expériences de H. Mayo (2) ont déjà prouvé, en effet, d'une manière indubitable, que l'excitation de ce nerf produit un rétrécissement de la pupille. La pathologie démontre de même que la paralysie de l'accommodation, aussi bien que la mydriase qui l'accompagne souvent, est due à des lésions de la troisième paire ou de la racine motrice qu'il donne au ganglion ciliaire.

La racine végétative, émanée du grand sympathique intracrânien, commande au muscle dilatateur de Vorifice pupillaire [Petit (3), Budge et Waller(5)], et aux vaisseaux de cette région. Il est depuis longtemps établi que l'excitation du grand sympathique au cou, expérimentale ou pathologique, provoque la mydriase, et que la section ou la pai^alysie du même nerf entraîne la prépondérance du sphincter pupillaire. Quant à la racine fournie par le trijumeau, elle ne contient très probablement que des fibres sensitives, bien que Magendie (4), Claude Bernard (6) et d'autres aient vu se produire, à la suite de l'irritation isolée de ce nerf, un resserrement constant de la pupille, dont on n'a pu donner encore une explication suffisante (7).

La contraction du muscle ciliaire et celle du sphincter de la pupille s'exercent presque toujours simultanément, tandis que le relâchement de l'accommodation s'accompagne habituellement d'une dilatation pupillaire. Ces deux actes ne sont cependant pas liés l'un à l'autre d'une façon indissoluble. Nous n'avons qu'à nous rappeler que la pupille se resserre et se dilate

(1) Trautvetter, Arch, f. Ophth., XII, 1, p. 65, 1866.

(2) H. Mayo, Anatom. and physiolog. Commentaries, n° 2. Londres, 1823.

(3) J.-L. Petit, Mémoires de VAcad. des sciences, p. 1. Paris, i827.

(4) Budge et Waller, Comptes rendus, t. XXXIV et W\\,passim, 1852.

(5) Magendie, Journal de Phijsiol.,'i. IV, p. 176, 1824.

(6) Cl. Bernard, Leçons sur la Physiol. et la Pathol. du système nerveux. Paris, t. II, p. 207-209.

(7) Voy. Donders, loc. cit., p. 580-583, édit. angl.; 489-492, édit. allem.

sous l'influence de variations d'éclairage, sans que l'accommodation subisse aucun changement. Le mouvement réflexe de l'iris reste intact, non seulement lorsque l'accommodation est entièrement abolie par la rigidité du cristallin, mais aussi dans beaucoup de cas de paralysie du muscle ciliaire.

Inversement, on a observé l'immobilité de la pupille sous l'influence de la lumière aussi bien que sous celle de l'accommodation, alors que le muscle ciliaire fonctionnait normalement.

Les substances toxiques qui agissent sur le sphincter pupillaire ont généralement une action analogue sur l'accommodation : les mydriatiques, qui dilatent la pupille, paralysent l'accommodation, tandis que les myotiques, qui la resserrent, font contracter aussi le muscle ciliaire. Il est cependant à remarquer que l'effet exercé par ces médicaments sur les deux fonctions n'est pas synchrone ni égal en intensité. Ainsi nous verrons que, sous l'influence de certains mydriatiques, l'accommodation commence à diminuer quelque peu après le début de la dilatation pupillaire, et que cette dernière atteint son maximum bien avant la paralysie du muscle ciliaire. Quelques-uns d'entre eux ont ;une action beaucoup plus prononcée sur l'une que sur l'autre des deux fonctions, comme, par exemple, la muscarine, qui provoque promptement un spasme accommodateur, tandis qu'elle a beaucoup moins de prise sur le sphincter pupillaire.

Les altérations de l'accommodation sont donc le plus souvent, mais pas toujours, accompagnées de modifications dans le diamètre et la mobilité de la pupille; le spasme de V accommodation coïncide avec la myosis, la paralysie avec la mydriase. Dans ces deux états la pupille présente une diminution de contractilité, voire même une immobilité com.plète sous Vimpulsion accommodatrice. Néanmoins l'iris réagit encore jusqu'à un certain degré aux variations de l'éclairage, à moins qu'il n'y ait paralysie complète des fibres ciliaires de la troisième paire. Dans l'ataxie, on observe le contraire : les pupilles, contractées sous l'influence de la tonicité prépondérante du sphincter, qui n'est plus compensée par l'action des fibres dilatatrices, ne répondent plus aux excitations lumineuses, mais se resserrent encore sous l'influence de l'accommodation.

Le symptôme capital d'une anomalie de l'accommodation est le changement de position du punctum proximum ou du punctum remotum, ainsi que les troubles visuels qui en résultent.

Le spasme de l'accommodation non artificiel, c'est-à-dire non provoqué par les myotiques, rapproche le punctum remotum de l'œil, sans altérer la position du punctum proximum. [Celui-ci ne passe jamais en deçà du punctum proximum absolu.

La parésie de l'accommodation éloigne le punctum proximum, sans influencer le punctum remotum.

Les deux affections réduisent donc l'amplitude d'accommodation, le spasme, à son extrémité éloignée, la parésie, à son extrémité rapprochée.

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