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SPASME D'ACCOMMODATION

I Le spasme d'accommodation peut être clonique ou tonique. Dans le \ premier cas, il ne se produit que sous l'influence de la fixation, de la

convergence, du désir de la vision nette, ou de certaines causes excitant la

sensibilité de l'œil, tandis qu'il cesse aussitôt que cet organe est en repos.

Dans le second cas, la crampe ciliaire est permanente, et ne cède qu'aux

mydriatiques.

Nous avons déjà appris à connaître une forme très répandue de spasme de l'accommodation. C'est celui qui augmente la réfraction de presque tous les jeunes individus et la fait paraître plus élevée qu'elle n'est en réalité. Cette contraction spasmodique du muscle ciliaire est, dans la plupart des cas, inoffensive. Elle cesse en même temps que la fixation et disparait avec l'âge. Parfois cependant elle cause une asthénopie grave,. et quelques auteurs lui attribuent même, on s'en souvient, une part active dans la production de la myopie.

I Nous avons déjà traité de ce spasme ciliaire ainsi que de sa thérapeutique, à l'endroit cité. Nous n'y reviendrons donc pas. Nous ajouterons seulement I que cette affection, presque toujours binoculaire, peut cependant se mani- I fester aussi sur un seul œil, ou alfecter l'un des yeux plus fortement que l'autre. Les troubles visuels qui^en résultent sont alors plus gênants encore que lorsqu'elle existe des deux côtés.

Le traitement est nécessairement identique à celui du spasme binoculaire. Nous conseillons même d'employer le mydriatique simultanément aux deux yeux, et de laisser reposer ceux-ci pendant quelques semaines.

Nous avons vu, il y a trois mois, une jeune fille de dix ans, appartenant par son père et par sa mère à une famille de myopes. Le premier, actuellement mort, aurait été fortement myope de l'œil gauche. L'enfant se plaignait de phénomènes d'asthénopie assez vagues. Elle accusait, à gauche, une myopie de 3 D; V = 1 ; à droite, emmétropie; V = 1. Pas d'asymétrie de la face, pas de différences dans l'aspect des nerfs optiques. A l'ophthalmoscope, les deux yeux se révélèrent comme étant hypermétropes de 1,5 D. Nous instituâmes une cure d'atropine. Au bout d'un mois, il y avait à gauche et à droite hypermétropie 1,5; V = 1. Après la suppression du mydriatique, la réfraction et l'accommodation se montrèrent égales sur chaque œil; une partie de l'hypermétropie resta manifeste

et facultative; l'asthénopie avait absolument disparu, de même que la tendance fâcheuse à rapprocher les objets outre mesure.

Nous avons cité, à propos de l'anisométropie, un autre cas de spasme unilatéral de l'accommodation, produisant également une forte asthénopie, guérie par une cure d'atropine etja neutralisation partielle de la différence de réfraction entre les deux yeux.

Rappelons encore la contraction anormale du muscle ciliaire qui peut masquer ou même produire un astigmatisme régulier (p. 291 et suiv.). Ce dernier aussi cède aux mydriatiques et guérit radicalement, lorsqu'on y ajoute la correction de l'astigmatisme.

Dans les formes citées du spasme d'accommodation, la pupille ne présente généralement rien de particulier. Elle semble réagir normalement à tous les points de vue. Son diamètre ne paraît pas être influencé par la contraction du muscle ciliaire; même dans les cas de spasme monoculaire, nous n'avons pas constaté de diff'érence entre les deux pupilles. Néanmoins le diagnostic est très facile, parce que la contraction clonique cesse pendant l'examen ophthalmoscopique. On constate ainsi directement que la réfraction statique a été augmentée pendant l'examen subjectif par une quantité donnée de réfraction dynamique.

Lorsqu'il s'agit d'un spasme tonique de l'accommodation, ce diagnostic est moins aisé, parce que l'état réel de la réfraction n'est démasqué que sous l'influence d'un mydrialique, qui paralyse le muscle ciliaire. La diminution de l'amplitude d'accommodation, qui accompagne le spasme tonique ne saurait cependant être confondue avec celle produite par une parésie, attendu que, dans le premier cas, la pupille est plutôt contractée, dans le second dilatée, et que les anomalies dans sa grandeur n'échappent guère à l'observateur, quelque variable que soit cette dernière à l'état physiologique.

Les malades accusent, de plus, généralement un sentiment de constriction très désagréable dans l'organe affecté, sentiment qui s'accompagne souvent d'un malaise dans toute la région du globe, voire même de céphalalgie. Lorsque le spasme est dû à une irritation des nerfs sensitifs de l'œil, on observe fréquemment une hypersécrétion de larmes. L'acuité visuelle est presque toujours diminuée et surtout très variable. Dans certains cas on constate un rétrécissement du champ visuel. Quelquefois il existe en même temps une tendance à la convergence, qui peut aller jusqu'au véritable strabisme convergent. Ce phénomène ne nous étonne pas, vu les rapports intimes qui existent entre la contraction du muscle ciliaire et celle des droits internes.

Le spasme tonique idiopathique de l'accommodation est assez rare. Donders cite, sous le titre d'accommodation douloureuse (1), deux observations où chaque effort d'accommodation était accompagné de douleurs oculaires telles que tout travail devenait impossible. Les deux malades

(1) Donders. loc. cit., p. 622, éd. angl.; p. 526, éd. allem.

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