‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 177 sur 327 · PARTIE CLINIQUE (SPASME D'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (SPASME D'ACCOMMODATION

étaient des hypermétropes. La giiérison fut obtenue grâce à une cure d'atropinisation prolongée pendant plusieurs mois.

Dans un cas publié par deGraefe(l), le spasme d'accommodation s'accompagnait d'une crampe douloureuse de l'orbiculaire ; dans un autre, il était du à une lésion superficielle (coup d'ongle) de la cornée.

On l'a observé, de plus, à la suite de contusion du globe oculaire (2); quelquefois il accompagne V inflammation du corps ciliaire, notamment celle qui est due à une ophthalmie sympathique (3).

Il est difficile de se faire une idée exacte du mécanisme suivant lequel les causes locales peuvent déterminer la contracture du muscle ciliaire. Ou bien celle-ci est le résultat d'une lésion du tissu musculaire, ou bien elle est produite par l'irritation de ses nerfs moteurs, directe ou réflexe.

V excitation réflexe des branches motrices du ganglion ciliaire est la seule hypothèse admissible dans les cas de spasme coexistant avec des affections qui n'ont déjà plus un rapport immédiat avec le muscle ciliaire : tel est le spasme accommodateur que M. Samelsohn (4) voudrait mettre sous l'influence des inflammations externes de Vœil, les conjonctivites, les kératites, les épisclérites et même les blépharites (Nagel). Ce spasme, qui peut augmenter jusqu'à 4,5 D la réfraction de l'œil, semble la plupart du temps être clonique, c'est-à-dire cesser pendant l'examen ophthalmoscopique, tandis qu'une crampe tonique du muscle ciliaire a été observée concurremment avec le blépharospasme par le même auteur, ainsi que par M. Hagedorn (5).

On peut aussi ranger sous ce chef les cas curieux décrits par MM.A. Graefe et Leber (6), où la crampe du muscle ciliaire n'était qu'un des phénomènes d'une affection spasmodique plus généralisée et étendue, dans le premier exemple, aux muscles des paupières et aux droits internes, dans le second, à la face entière. La compression des nerfs sus et sous-orbitaires faisait cesser la contraction tonique.

On pourrait signaler ici le spasme qui se rencontre dans ce qu'on a appelé V hyper esthésie de la rétine, et chez les personnes qui ont surmené leurorgane visuel, probablement atteint encore de quelque anomalie de réfraction (7).

(1) De Graefe, Arch. f. Ophth., II, iJ, p. 308, 1856.

(2) Voelckers, Berlin, Steffen, Seligmùller, Berlin, Klin. Monatsbl, p. 124, 1875. — Just, Klin. Monatsbl., p. 226, 1872. — Leber, Dehenne, Ann. d'ocuL, t. LXXXI, p. 180, 1879.

(3) Liiders, Thèse de VViirzburg, 1871. — Cuignet, Recueil d'ophih., p. 198, 1878. — Reich, Ann. d'ocul, t LXXV, p. 13, 1876).

(4) Samelsohn, Soc. ophth. de Heidelberg, 1878. — Berlhold, Deutsche med. Wochevschr., p. 430, 1880.

(5) Hagedorn, Thèse de Halle, 1872.

(6) A. Graefe, Arc/i. /■. Ophth., XVI, p. 90, 1870. — Leber, Arch. f. Ophth., XXVI, 2, p. 249, 1860.

(7) Webster, Observations de la clinique de M. Agnow. Arch. of. Ophth. and Otol., vol. IV, n. 3 et 4, 1875. — Van Santen, \Ye(ikbl. van het Nederl. tijdschr. voor Geneesk. n. 15, p. 209, 1875. — Cuignet, Rec. d'ophth., page 24, 1873. — Weiss, Klin. Monatsbl., p. 124,

m LANDOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.

La synergie qui existe entre raccommodation et la convergence et qui nécessite l'admission d'un centre commun d'innervation, cette synergie rend compte aisément du spasme d'accommodation observé dans certains cas d'insuffisance des droits internes (1). Les obstacles à leur fonctionnement que rencontrent ces muscles, ou bien l'infériorité de leur structure provoque une impulsion nerveuse exagérée, qui se manifeste sur le muscle ciliaire par une augmentation pathologique de sa tonicité.

Gomme tous les organes musculaires, le muscle ciliaire est sujet aux contractures symptomatiques des affections du sijstème nerveux central. Les graves désordres fonctionnels qu'entraînent généralement ces dernières, le peu d'attention prêté par les névropathologistes aux troubles accommodatifs dans les maladies cérébro-spinales, font que nos connaissances sur ce sujet sont encore très restreintes. Il en est ainsi de la cause par excellence des contractures symptomatiques, la méningite et la méningo-encéphalite. Ces affections s'accompagnent généralement, dans leur premier stade, d'un rétrécissement marqué de la pupille et de strabisme spasmodique, phénomènes dus à l'irritation du tronc de Toculo-moteur commun. Il est probable que le muscle ciliaire participe à cette excitation pathologique, mais on ne Ta pas encore constaté d'une façon indubitable. M. Knies (2) a observé un spasme clonique du muscle ciliaire chez un épileptique. M. Gradle Ql) l'a vu lié à une hémiplégie. MM. Heidenhain et Grûtzner (4) ont trouvé que le premier acte de Vhypnotisation s'ouvre par un spasme accommodateur. MM. Rumpf (5) et Gohn (6) l'ont également observé en pareil cas. EnûnV hystérie donnerait lieu souvent, d'après l'expérience de M. Galezowsky (7), à une contracture isolée du muscle de Brûcke.

Un certain nombre d'observations concluantes et empruntées à des savants de valeur nous montre que le sympathique cervical, bien qu'exclu de l'innervation directe du muscle ciliaire, peut néanmoins, à l'état pathologique, être la cause d'une augmentation prolongée de la réfraction, due à un bombement plus considérable des surfaces cristalliniennes. Ce changement de forme est-il simplement passif, consécutif à la diminution de la tension intraoculaire qui accompagne généralement la paralysie du sympathique? Est-il attribuable, au contraire, à une exagération de la tonicité du muscle accommodateur, de cause inexpliquée? C'est ce qu'on n'a pu encore établir, malgré

1875.— Manz, Berliner Min. Wochenschr., p. 2-3, 1880.— Pagenstecher, Klin. Monatsbl., p. 41, 1871. — Block, Klin. Monatsbl., p. 155, 1875.

(1) A. Graefe et Hagedorn, loc. cit.

(2) Knies, Soc. ojMh. de Heidelberg, 1877.

(3) Gradle, Joiirn. of nerv. and mental diseases, New- York, p. 16-4, 1881.

(4) Heidenhain, Breslauer aerztl. Zeitschr., 13 mars 188U. (5j Rumpf, Deutsche, med. Wochenschr., p. 279, 1880.

(6) Cohn, Breslauer aerztl. Zeitschr., n" 6, 1880.

(7) Galezowsky, Prog. mêd.,^. 39,1878, et Rec. d'ophth., p. 86, 1878.

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