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CHAPITRE VIII AMBLYOPIES PAR INTOXICATIONS DIVERSES

On a enfin signalé l'amblyopie et l'amaurose après l'ingestion de plusieurs autres subslances plus ou moins vénéneuses. La plupart du temps les observations sont trop incomplètes pour que nous puissions porter un jugement définitif sur ces amblyopies. On ne peut pas même toujours exclure une simple paralysie de l'accommodation.

4. Amblyopie par abus de l'opium. — Galezowski décrit un cas dans lequel à la suite de doses d'opium excessives et longtemps continuées, il s'était produit de l'amblyopie avec métamorphopsie ; les objets dansaient devant les yeux. Nous serions tenté de mettre ces symptômrs sur le compte d'une innervation insuffisante des muscles intrinsèques et extrinsèques de l'œil. Il y avait de la dyschromatopsie, mais le champ visuel était intact. — Wagner a observé dans un cas analogue une amaurose double ; il y avait de la somnolence, etc. ; la papille du nerf optique était un peu trouble, et les artères centrales plus étroites que normalement. — Enfin, Reymond a observé, dans les mômes circonstances, un scotome central, comparable à celui de l'intoxication alcoolique.

Laborde a attaqué expérimentalement la question. Chez les chiens empoisonnés par la morphine, il signale, pendant les moments d'excitation, une congestion de la papille; après quatorze jours, il trouva, au contraire, une pâleur persistante de la papille.

L'opium ou la morphine semblent donc s'attaquer avant tout au nerf optique.

Bibliographie de Vcmhhjopie par abus de V op ium et de la morphine.

1872, Wagner. Amaurose in Folge von Vergiflung mit Morpbium {Klin. Monatsbl. . Augenheilk., t. X, p. 335).

— Reymond. Ann. di Ottalm., fasc, et Ann. diOculist., 1873, p. 16'2.

1876. Galezowski. De l'action toxique de l'aniline, de l'opium, etc., sur la vue {Rec.

d'Ophth., p. 210).

1877. Laborde. Action de la morphine sur la rétine, etc. (Soc. de Biol., 13 janv.,et Gaz.

des hôp., n° 6).

662 NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

N*" 2. Amblyopie par suite d'intoxication par le salicylate de soude. — Depuis que l'acide salicylique et le salicylate de soude sont fréquemment employés en médecine interne, on a observé à maintes reprises des phénomènes cérébraux comme suite de l'administration de doses excessives de ce remède. Ces intoxications peuvent s'accompagner de troubles visuels ayant les caractères de l'amblyopie ou de Tamaurose simple, ainsi qu'il résulte notamment d'une communication de Gatti. Vu la rareté de ces observations, nous reproduisons en substance l'observation de cet auteur.

Une forte fille, de seize ans, prit en un jour 8 grammes de salicylate de soude. Survint un sommeil prolongé, et au réveil, il y avait cécité absolue. Sensibilité de la cornée et de la conjonctive normale; pupilles dilatées ; milieux transparents; papille normale. Dilatation des veines rétiniennes (? qui se maintint après guérison). Absence des phosphènes par pression. Dureté de l'ouïe. Urines exemptes d'albumine, du reste assez copieuses. La fille est toujours somnolente, mais la mémoire est intacte.

Dix heures plus tard, au sortir d'un sommeil de deux heures, la patiente compte les doigts. Après douze nouvelles heures, la vision est complètement rétablie.

A ce cas, je puis en ajouter un de mon observation, et qui présente avec lui une identité à peu près complète, sauf que le début de l'intoxication a été marqué par un délire agité, passager comme l'amaurose concomitante. Celle-ci était complète pendant douze heures ; pupilles dilatées, immobiles ; fond de l'œil normal. Le lendemain, la vision s'était à peu près complètement rétablie, sans trace de rétrécissement du champ visuel. Il s'agit d'un homme robuste, de trente-huit ans, ayant pris en deux fois vingt-quatre heures 12 grammes de salicylate, pour une affection névralgique de peu d'importance.

Dans un cas observé par Knapp, les symptômes ressemblaient à ceux de l'amblyopie quinique.

Bibliographie

1875. KiESS. Die innerl. Anwead. d. Salicylsaure {Berl. klin. Wochenschr., p. 72).

1880. Gatti (E.). Intorno ad un] caso di temporanea e complète amaurosi da ingestione

di salicilato di soda {Gazz. d. ospital. Milano, 1. 1, p. 129).

1881 . Le même. Amaurose passagère consécutive à l'adm. de salicylate de soude {Courrier

méd.).

1882. Knapp. Arch. f. Augenheilk., t. XI.

N° 4. Laurenço de Magalhoes (Rec. d'Ophth., 1875, p. 10) a constaté l'amaurose comme suite de la morsure d'un serpent venimeux. — Ali {Rec. d'Ophth.^ 1876, p. 210) décrit, comme conséquence de l'usage du haschisch, un scotome central analogue à celui de l'intoxication par l'alcool ou la nicotine; seulement le trouble serait souvent unilatéral. — Le mercure

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