‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 215 sur 327 · CHAPITRE XI AMBLYOPIE ET AMAUROSE DANS LA FIÈVRE INTERMITTENTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI AMBLYOPIE ET AMAUROSE DANS LA FIÈVRE INTERMITTENTE

Depuis longtemps les publications sur l'impaludisme ont signalé comme symptôme de cette maladie des troubles visuels de nature amblyopique et amaurotique. Beaucoup de ces indications datent de l'époque préophthalmoscopique. Plus récemment, un certain nombre de cas de ce genre ont été examinés à l'aide des méthodes d'investigation modernes; de plus, les recherches anatomo-pathologiques de Poucet ont jeté une lumière tellement vive sur les amblyopies en question, que leur histoire est aujourd'hui assez bien connue. Il s'agit d'une rétino-choroïdite particulière, suite d'obstruction des petits vaisseaux et des capillaires de la rétine, de la choroïde et du nerf optique par des éléments figurés anormaux du sang. Ce sont en somme les mêmes altérations qu'on rencontre dans les organes les plus divers des individus affectés d'impaludisme grave.

C'est donc une affection périphérique de l'appareil nerveux visuel, mais dont les symptômes ophthalmoscopiques peuvent être à peu près nuls, ou au moins nullement en rapport avec le degré de l'amblyopie. A ce dernier titre elle peut être rangée dans la rubrique des amblyopies.

A en juger d'après les indications bibliographiques, les amblyopies en question seraient relativement rares. Poncet s'est convaincu qu'on rencontre les altérations caractéristiques de l'appareil visuel dans un nombre considérable de cas d'accès pernicieux de la fièvre intermittente, alors que du côté de la vision rien d'anormal n'avait été constaté sur les vivants.

Symptômes. — Différentes formes de l'amblyopie paludéenne sont à distinguer :

1° L'amblyopie peut être intermittente; alors elle est ordinairement double, et accompagne les accès ordinaires de la fièvre intermittente. Ces accès de fièvres étaient quelquefois très intenses, accompagnés de délires, de coma, etc., c'est-à-dire qu'ils avaient le cachet de la fièvre pernicieuse. Ordinairement il s'agit d'une amaurose complète et bilatérale, d'autres fois c'est une amblyopie plus ou moins prononcée, se montrant soit avec des scotomes périphériques, soit avec un rétrécissement du champ visuel. L'amblyopie peut être accompagnée de photophobie, d'injection ciliaire, de

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