AMBLYOPIE DANS LA FIÈVIIE INTERMITTENTE
des obstructions des petits vaisseaux et des capillaires de la choroïde, de la rétine, de la papille, et probablennent aussi du nerf; les tubes vasculaires se dilatent, souffrent plus ou moins dans leur nutrition; ils laissent exsuder une quantité anormale de liquide, se rompent par places et laissent écouler le sang. L'amblyopie est due en partie à la composition anormale du sang, en partie au ralentissement de la circulation et à l'œdème inlersliliel ; les hémorrhagies un peu copieuses au pôle postérieur de l'œil donnent naissance à des scotomes positifs plus ou moins étendus. — La pigmentation générale des éléments blancs du sang, la rareté des globules rouges, rendent compîe de l'aspect terne, grisâtre, de la papille et de la rétine œdématiée.
On pourrait donc sans inconvénient ranger celte affection dans la catégorie des rétino-choroïdites, au même titre qu'on parle d'une rétinite leucocylhémique.
Le pronostic de l'amaurose et de l'amblyopie dans la fièvre intermittente paraît être assez bénin. A en juger d'après les relations des divers auteurs, la vue se restitue ou s'améliore considérablement à la suite d'un traitement efficace dirigé contre l'affection générale.
Le diagnostic des formes larvées, accompagnées de peu de symptômes fébriles, est quelquefois difficile. L'affection oculaire, en effet, n'offre aucun caractère saillant. On pourra n'avoir pour tout élément de diagnostic que le séjour actuel ou antérieur du malade dans une région paludéenne. L'attention étant une fois éveillée, l'examen de la rate devra décider en dernier ressort.
A Traitement. — Nous renvoyons à ce propos aux travaux traitant des affections paludéennes dans leur ensemble. La quinine et l'arsenic peuvent être impuissants à combattre l'affection, si leur emploi n'est pas secondé par un changement de contrée. Il n'y a pas lieu de diriger quelque traitement local spécial contre l'amblyopie. Nous l'avons dit, la guérison de celle-ci est la règle, si on parvient à combattre la fièvre intermittente, cà moins qu'il n'y ait des signes de névro-rétinite albuminurique; dans ce cas encore on a toutes chances d'obtenir une amélioration notable, si l'on parvient à arrêter l'affection rénale.
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