III. — II
Nous pouvons considérer la chose encore autrement :
Dans l'hypermétropie, le punctum remotum est situé en arrière de l'œil.
R est donc négatif. L'expression ou r est donc également négative. C'est
pourquoi nous avons dit que l'hypermétropie peut être comparée à une lentille concave (négative) qu'on aurait ajoutée à l'œil. La formule de l'amplitude d'accommodation devient donc :
ou
Exemples : Un hypermétrope de 3 dioptries a son punctum proximum à 125 millimètres. Quelle est son amplitude d'accommodation? — Adapté au
point P, cet œil représente une force réfringente de ou 8 diop-
tries. Mais, avant de voir à cette courte distance, l'hypermétrope a été obligé de corriger son amétropie, en faisant un effort d'accommodation correspondant au degré de cette amétropie. La totalité de son amplitude d'accommodation est donc de 3 -[- 8 = 11 D.
Ou encore :
Le punctum remotum de l'hypermétrope de 3 D est situé à ^ ou 333 millimètres en arrière de l'œil, et la formule de l'accommodation donne :
1=1 + J- + J-= IID A 125 ^ 133 ^ 9,08
11 1 Jl
A ''^ iTs-" 1/3"^ ~ 1/11
ou
Prenons un autre cas, et demandons-nous où se trouve le punctum proximum d'un hypermétrope de 3 D qui dispose de 8 D d'amplitude d'accommodation. Raisonnons :
S'il a une hypermétropie de trois dioptries, il doit avant tout dépenser trois dioptries de son pouvoir accommodateur pour se rendre emmétrope; restent donc cinq dioptries pour changer son adaptation à une distance finie. Cette distance sera égale à la distance focale de cinq dioptries, soit :
Y = 20 centimètres.
ou, avec la formule :
Nous en déduisons :
ou encore, avec la formule de Donders :
Dans l'hypermétropie, il peut aussi arriver que, tout en disposant d'une certaine force accommodatrice, l'œil ne parvienne pas à voir à une distance finie. C'est ce qui a lieu lorsque l'amplitude d'accommodation est moindre que le degré tle l'hypermétropie. Alors toute la force accommodatrice parvient seulement à diminuer le degré de l'hypermétropie, à augmenter la distance négative du point auquel l'œil est adapté et à l'approcher de l'infini, mais non pas à le faire passer en avant de l'œil, à une distance finie. Ainsi un hypermétrope de 5D, doué d'une amplitude d'accommodation de 3D, parviendra à corriger une bonne partie de son hypermétropie. Mais son état de réfraction sera toujours de 2 D plus faible que l'emmétropie; il sera toujours hypermétrope, négatif, c'est-à-dire adapté à des rayons convergeant vers un point situé en arrière de lui. Son pouvoir de réfraction à l'état de repos est exprimé par r= — 5D; son amplitude d'accommodation par a = dDy et sa réfraction pendant l'adaptation à son punctum proximum par :
Le punctum proximum sera donc situé à , c'est-à-dire à 50 centimètres en arrière de l'œil. Le même résultat est obtenu par la formule de Donders :
donc
P = — 50 centimètres.
Influence de l'âge sur la réfraction et sur l'acconimedation.
A. Réfraction statique. — Le pouvoir réfringent de l'œil hVétat de repos ^ en d'autres termes, la position du punctum remotum ne varie pas jusque vers Vâge de cinquante-cinq ans. Un emmétrope voit toujours à l'infini ; un
m LANDOLT. — RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.
myope dont le punctum remotum est situé à 25 centimètres ou a toujours besoin d'un verre concave de 4D pour voir à grande distance, et le punctum remotum d'un hypermétrope de 2 D se trouve invariablement ~ , ou
50 centimètres en arrière de lui.
Ce n'est qu'à partir de cet âge qu'on constate un changement dans l'état de réfraction de l'œil, en ce sens que la force réfringente diminue. Le punctum remotum (positif) s'éloigne de Toeil, -|-R devient plus grand, -|- i = r plus petit; le punctum remotum négatif de l'hypermétrope se rapproche de l'œil, — R diminue, — ~ = — r, c'est-à-dire le degré de l'hypermétropie, augmente.
L'emmétrope commence à devenir hypermétrope (hypermétropie acquise), le myope voit diminuer sa myopie au fur et à mesure que son punctum remotum s'éloigne, et l'hymerpétrope constate une augmentation fâcheuse de son hypermétropie.
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FiG. 77.
Cette diminution dans la puissance réfringente est en effet indépendante de la nature de la réfraction de l'œil. Elle atteint l'emmétrope au même degré que le myope et l'hypermétrope. Elle ne dépend que de l'âge, et suit une loi nettement définie, que Donders a découverte (1). Elle est exprimée par la courbe rr du schéma (fig. 77).
(1) Donders, \oc- cit., p. 204-, éd. angl., — p, 173, éd. allem.