‹ Traité complet d'ophthalmologieChapitre 90 sur 327 · PARTIE CLINIQUE (HYPERMÉTROPIE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (HYPERMÉTROPIE

attentive et prolongée célèbrent leurs plus grands triomphes. La dernière classe enfin constitue un vaste champ ouvert à la correction optique, aussi bien qu'à l'action thérapeutique, la myopie maligne surtout.

Les considérations générales que nous venons d'exposer se rapportent à la grande majorité des cas d'amétropie, et nous croyons utile pour la pratique d'ordonner la matière si difficile à manier que nous traitons d'une façon conforme aux enseignements de l'expérience. Nous procéderons de la même manière dans les chapitres spéciaux qui suivront. Une fois le type normal caractérisé, les cas qui s'y rattachent rangés et étudiés, les formes atypiques, qui constituent encore une minorité très respectable, seront plus faciles à exposer et mieux comprises.

Nous tenons, en effet, à dire ici déjà que, quelque intime que soit la parenté entre la doctrine des anomalies de la réfraction oculaire et la physique, il faut se garder de vouloir considérer les premières d'un point de vue par trop mathématique. Si nous pouvons établir des règles, les exceptions sont fréquentes, et les chiffres ne peuvent souvent pas revendiquer ici une autorité plus grande qu'ils n'en ont généralement en physiologie. On réussira toujours d'autant mieux dans l'adaptation des yeux à leur destination qu'on alliera d'une manière plus intime la connaissance [parfaite de la théorie à l'observation clinique la plus soigneuse.

Abordons maintenant en détail les différentes formes d'amélropie.

L'HYPERMÉTROPIE

Souvenons-nous d'abord de la définition que nous avons donnée de V hypermétropie (p. 126), et qui peut se résumer en ces mots : Uhypermétropie est caractérisée par le fait que le foyer principal de Vœil se trouve en arrière de la rétine.

Comme nous l'avons déjà fait remarquer à l'endroit cité, la définition ne préjuge rien sur la cause de l'amélropie. Et, de fait, en prenant comme terme de comparaison l'œil emmétrope type (p. 404-115), toutes les conditions qui peuvent faire tomber le foyer du système en arrière de la rétine, l'adapter à des rayons convergents, le rendre hypermétrope en un mot, se rencontrent réalisées. Tantôt c'est un œil trop court, muni d'un système dioptrique égal en puissance à celui d'un œil type, tantôt c'est un œil de longueur normale, mais pourvu d'un appareil dioptrique trop faible. Et cette insuffisance de la force réfringente, qui empêche les rayons parallèles de former foyer sur la rétine et les réunit trop loin en arrière de celle-ci, cette insuffisance peut être due à toutes les causes possibles : aplatissement des surfaces réfringentes, absence d'une partie du système (aphakie), diminution de l'indice de réfraction du cristallin, augmentation de celui du corps vitré. De plus, toutes ces causes peuvent naître à leur tour d'influences

différentes, et peuvent enfin se combiner entre elles de la façon la plus diverse.

Suivant son étiologie, l'hypermétropie affecte aussi un caractère variable, et exige un traitement différent.

Étant donnée cette multitude de formes de l'hypermétropie, il faut encore procéder par ordre pour ne pas s'embrouiller, confondre l'important avec l'accessoire, l'exception avec la règle.

Nous essayerons donc d'établir une hypermétropie typique, que nous traiterons en premier lieu, et nous consacrerons un chapitre spécial aux différentes formes d'hypermétropie atypique.

HYPERMÉTROPIE TYPIQUE

L'œil hypermétrope type peut en général être considéré comme un œil imparfaitement développé (1).

Cet arrêt de développement peut varier, depuis l'œil humain normal jusqu'à la similitude avec l'œil des mammifères supérieurs dans la classe, et jusqu'au microphthalmos dans l'espèce. Il est, en effet, important de noter que les yeux des animaux sont presque tous hypermétropes. Ceux que nous avons examinés présentaient en moyenne une hypermétropie de trois dioptries.

D'autre part, l'hypermétropie est la règle dans les yeux des enfants jusqu'à huit ans. Ils ne deviennent emmétropes ou myopes que plus tard, quand le corps a acquis son développement complet (2).

Enfin cet état de réfraction est habituel dans les yeux mal formés, affectés d'un vice d'évolution quelconque. Mentionnons les yeux atteints de colobome de l'iris, d'atrophie congénitale plus ou moins complète du nerf optique, avec ou sans nystagmus. Rappelons surtout le microphthalmos déjà cité, et tous les yeux qui s'en rapprochent, dans lesquels Tarrêt de développement se fait sentir très souvent en dehors des yeux, sur leurs organes accessoires, sur l'orbite, la face et le crâne tout entier. Citons enfin un cas caractéristique de trophonévrose de la face avec hypermétropie typique, que nous avons décrit (Arch. cVophtalm., ÏII, p. 199, 1883).

Il s'agissait d'un homme de quaranté-einq ans, atteinlj dès son enifahce, d'un arrêt de développement delà moitié gauche de la faCBi très probablement à la suite d'une lésion du sympathique cervical gauche. L'œil du Cf^té dystrophique présentait une hypermétropie de 3 D avec acuité visuelle 0,4 et une limitation du eham^ de fixation. L'œil droit, correspondant à la moitié normale de la face, était hypermétrope die 0,5 D seilleinent, et jouissait d'une acuité visuelle égale à 1.

(1) Donders, loc. cit., p. 245, édit. anglaise; p. 206; édit. allemande.

("2) Cohn, Arch. of Ophtlialm., IXj 4,1880. — Horstmann, Danziger Naturforscherverew , 1880. — Schleich, Miltiieilungen ans der ophth. Klinik in Tûbingen, 1882. — Cohn, kiin. Monatsbl. f. ÀûgènheilkUnde, p. 4B0, 187Î, ët Arch. fur Ophîhalm., '2, p. 305, 1871.

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