MERCURE
il >r colore en noir, et reprend la couleur rouge par le refroidissement, l'ar une chaleur plus forte, il est décompose en oxygène et en mercure inétal' lique.S'il contient encore de petites traces d'acide nitrique , il se produit des tapeurs rougeatres. L'action prolongée de la lumière le noircit légèrement à la surface. Le bioxyde de mercure, mélangé avec du minium, laisse du plomb fondu comme résidu, lorsqu'on le chauffe dans un petit tube fondu à u ue de ses extrémités jusqu'à ce que la décomposition du bioxyde de mercure soit complète. Mais si le bioxyde de mercure est falsifié au moyen de la poudre de brique, cette poudre reste sans se modilier lorsqu'on chauffe le bioxyde de mercure. Le bioxyde de mercure est soluble dans les acides. Lorsque le bioxyde contient des traces de protoxyde, comme cela se présente lorsqu'il a été longtemps exposé à la lumière, il ne forme pas une liqueur claire en se dissolvant dans l'acide ehlorhvdrique; la dissolution devient alors laiteuse, par suite du protochlorure qui reste en suspension. Si le bioxyde est falsifié avec du minium, il se forme de l'oxyde puce de plomb lorsqu'on dissout le mélange dans l'acide nitrique (page 135). La falsification peut être ainsi facilement reconnue.
Les sels de bioxyde de mercure à L'étal neutre sont ordinairement incolore*. A l'état basique, ils sont souvent jaunes, mais quelquefois aussi incolores. Ils ne se dissolvent pas dans l'eau sans se décomposer : le bioxyde se sépare, rarement à l'état pur, mais ordinairement à l'état de sel basique; il reste en dissolution de l'acide libre et une quantité plus ou inoins grande de sel de bioxyde de mercure. L'eau chaude détermine une décomposition plus rapide et plus complète que l'eau à la température ordinaire. Si on ajoute à l'eau un acide libre, l'acide nitrique, l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique par exemple, on peut empêcher la séparation de l'oxyde ou du sel basique. Le bichlorure de mercure, aussi bien que le bibromure et le cyanide, font exception à cette règle, en ce qu'ils se dissolvent dans l'eau froide et dans l'eau chaude sans se décomposer et en ce qu'ils ne sont pas transformés en sels basiques, quelque grande que soit la quantité d'eau qu'on leur ajoute. — L'acide sulfurique concentré et l'acide nitrique ne décomposent le bichlorure de mercure ni à froid ni à chaud.
La dissolution de bichlorure de mercure se comporte avec la plupart des réactifs d'une manière tout autre que la dissolution des sels de bioxyde <!»• mercure, qui, pour se dissoudre complètement, ont nécessité l'emploi d'une quantité sutiisante d'acide libre.
La dissolution de bichlorure de mercure se comporte avec les réactifs comme il suit :
L ne dissolution iY hydrate de potasse, ajoutée en excès dans une dissolution de bichlorure de mercure, y produit un précipité jaune de bioxyde de mercure, qui est insoluble dans le précipitant, bien qu'on en ajoute ■M grande quantité. Si on ajoute à la dissolution de bichlorure de mercure uue quantité trop faible de dissolution de potasse, le précipité est I. \2
178 ANAL\SK y L'A LU AT IN h.
rouge-brun plus ou moins l'once, et est formé d'un sel basique. La meilleure manière de produire ce précipité est d'employer une dissolution d'hydrate de potasse, qui est étendue d'une très grande quantité d'eau. — Si la dissolution de bichlorure de mercure contient du chlorure d'ammonium, l'hydrate de potasse y forme un précipité blanc qui a une composition analogue à celui que produit l'ammoniaque dans les dissolutions de bichlorure de mercure. Ce précipité devient jaunâtre lorsqu'on y ajoute une très grande quantité de dissolution de potasse ; mais au bout de quelque temps, il redevient blanc. — Si la dissolution de bichlorure de mercure contient une très grande quantité d'acide libre, il ne se produit pas de précipité lorsqu'on ajoute un excès d'hydrate de potasse, ou, s'il s'en forme un, ce n'est qu'au bout de quelque temps. La dissolution d'hydrate de potasse produit souvent, en pareil cas, un précipité jaune que l'hydrate de soude ne peut pas produire.
L'ammoniaque donne, dans les dissolutions de bichlorure de mercure. Un précipité blanc de chloro-amidurè de mercure, qui n'est pas tout à fait insoluble dans un très grand excès d'ammoniaque, mais qui peut se dissoudre dans les acides libres.
Une dissolution de carbonate neutre de jetasse ou de soude produit, dan* les dissolutions de bichlorure de mercure, un précipité; rouge-brun qui est insoluble dans un excès de carbonate neutre alcalin et dont la couleur n'est pas modifiée par un excès du précipitant. Il est formé d'une combinaison de bioxyde de mercure avec le bichlorure de mercure (oxyehlorure de mercure:. Si on le fait bouillir avec l'excès de carbonate alcalin, il devient jaune, perd tout son chlore et se transforme en bioxyde pur. Il perd également son chlore lorsqu'on le fait bouillir avec l'eau, mais ne le perd pas lorsqu'on le lave avec l'eau froide. Si la dissolution de bichlorure de mercure contient du chlorure d'ammonium, le carbonate de potasse y forme un précipité blanc qui a la même propriété que le précipité forme par la dissolution d'hydrate de potasse dans des circonstances analogues: seulement l'un ne devient pas jaunâtre aussi facilement que l'autre. — Si la dissolution de bichlorure contient une très grande quantité- d'acide chlorhydrique en excès, un excès de carbonate alcalin n'y forme pas de précipité. L'hydrate de potasse y produit souvent alors un précipité jaune.
Lue dissolution de bicarbonate de potasse ou de soude, lorsqu'elle a été très récemment préparée, ne produit pas de précipité dans les dissolutions de bichlorure de mercure, ou ne produit qu'un précipité blanchâtre très faible. Mais , les dissolutions étendues, dans tous les cas, restent parfaitement claires; au bout de quelque temps, il se forme cependant une faible quantité d'un précipité rouge. Far l'ébullition, il se produit un précipité brun-rouge sale. — Si le bicarbonate employé contient seulement une quantité très faible de carbonate alcalin neutre, il se produit immédiatement dans la dissolution de bichlorure de mercure un précipité rouge.
Une dissolution de cyanure de potassium ne trouble pas la dissolution de bichlorure de mercure, ou n'y détermine (prune légère teinte opaline.
.MF.1tr.tRE. 17!)
qui tbsptrail lorsqu'on y ajoute une plus grande quantité de cyanure do potmillim Le sulfure d'ammonium forme dans cotte dissolution un précipite noir de sulfure de mercure.
Une dissolution de carbonate d'ammoniaque produit, dans les dissolutions de bichlorure de mercure, un précipité blanc de propriétés analogues à eelles du précipité produit par l'ammoniaque dans les dissolutions de [>i( hlorure de mercure.
I ne dissolution de phosphate de soude ne produit pas de précipité dans la dissolution de bichlorure de mercure. Au bout de quelque temps, il se forme un faible dépôt rouge qui se produit plus rapidement et plus abondamment par l'action de la chaleur.
I ne dissolution (ïacide oxalique et de bioxalate de potasse ne produit ( - de précipité dans une dissolution de bichlorure de mercure. Si nu ajoute de l'ammoniaque, il se forme un précipité blanc.
Le carbonate de baryte ne produit, ni à froid ni par 1 ebullition, un précipité de bioxyde de mercure dans une dissolution de bichlorure de ntercure. Mans le dernier cas, il se dépose seulement sur les bords du vase un oxyde légèrement brun-rougeAtre.
Une dissolution de sulfate de protoxyde de fir ne modifie pas la dissolution de bichlorure de mercure , et n'en sépare pas de mercure métallique.
l'ne dissolution de ferrocyanure de potassium produit , dans les dissolutions de bichlorure de mercure, un précipité blanc qui devient bleu au bout de quoique temps, par suite de la formation du bleu de Prusse; il reste du cyanide de mercure en dissolution dans la liqueur.
Une dissolution de ferrocyanide de potassium ne donne pas de précipité dans les dissolutions de bichlorure de mercure.
Vinfvxion de noix de galles ne produit pas de précipité dans les dissolutions de bichlorure de mercure.
Le sulfure d'ammonium, lorsqu'on l'ajoute en tfèf faible quantité aux dissolutions de bichlorure de mercure, forme un précipite noir de sulfure de mercure qui devient complètement blanc lorsqu'on l'agite avec le bichlorure de mercure qui reste encore dissous et qui n'a pas été décomposé. Le précipité blanc reste très longtemps en suspension dans Ut liqueur ; il est formé d'une combinaison de sulfure de mercure avec le bichlorure de mercure HgCl2-{-2Hg8). Hi on ajoute peu à peu une plus grande quantité de sulfure d'ammonium, la couleur du précipité devient un mélange de noir et de blanc. Ces précipités sont formés de mélanges variables de la combinaison indiquée et de sulfure de mercure, et peuvent paraître d'abord rouge-brun. Lorsqu'il y a un excès du précipitant, le précipité est complètement noir: la combinaison indiquée est alors complètement décomposée par le sulfure d'ammonium, et le précipité n'est formé que de sulfure de mercure qui est insoluble à froid dans un excès de sulfure d'ammonium. Il est également insoluble dans l'ammoniaque; mais il se dissout complètement dans une dissolution d'hydrate de potasse ave formation de sulfure de potassium, si la quantité de sulfure d'ammonium,
180 ANAUSK UIAL1TATIVE.
préalablement ajoutée, n'était pas trop faible. Lorsqu'on cvaporod'ttr dissolution, il se dépose un sulfosel qui provient de la combinaison du sulfure de potassium et du sulfure de mercure et qui cristallise en aiguilles soyeuses, (lette combinaison ne peut exister qu'en présence d'un oxyde alcalin libre, qu'elle soit à l'état de dissolution ou bien à l'état solide. Si on veut séparer le sel de l'oxyde alcalin libre, il se décompose immédiatement en sulfure noir de mercure qui se dépose et en sulfure de potassium qui se dissout. La dissolution du sulfosel, dans les dissolutions concentrées d'hydrate de potasse et de soude, est décomposée, avec séparation de sulfure de mercure noir, par l'action d'une suffisante quantité d'eau ou d'alcool, par l'action de la dissolution d'hydrogène sulfuré, du sulfure d'ammonium ou par l'action du soufre eh poudre à chaud. Ces derniers transforment l'oxyde alcalin en sulfure qui ne dissout pas le sulfure de mercure. Le sulfosel est encore décomposé par les dissolutions des sels acides et par les acides.
La dissolution d'hydrogène sulfuré se comporte, à l'égard des dissolutions de bichlorure de mercure, de la même manière que le sulfure d'ammonium; cependant les réactions sont bien plus faciles à observer lorsqu'on n'ajoute d'abord que de petites quantités de la dissolution d'hydrogène sulfuré et lorsqu'on en ajoute ensuite peu à peu un excès. Même lorsque la dissolution contient une forte proportion d'un acide libre, tout le mercure est précipité à l'état de sulfure noir de mercure par un excès d'hydrogène sulfuré. Si on traite par la dissolution d'hydrate de potasse le sulfure de mercure précipité, il ne s'y dissout pas ; mais si on fait passer au travers du mélange un courant de gaz hydrogène sulfuré, le sulfure de mercure se dissout et est précipité de nouveau à l'état de sulfure de mercure noir par l'action d'un excès de gaz. Le sulfure de mercure noir se transforme par sublimation en sulfure de mercure rouge cinabre), qui se forme aussi lorsqu'on chauffe le mercure avec du soufre et une dissolution d'hydrate de potasse. — Le sulfure de mercure noir et le sulfure de mercure rouge ne sont pas attaqués, même à l'ébullition , par les acides simples comme l'acide nitrique pur et l'acide chlorhydrique pur; mais ils sont attaqués par un mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique.
Le zinc métallique se comporte, à l'égard d'une dissolution de bichlorure de mercure, comme à l'égard d'une dissolution de protoxyde de mercure (page 17/4) ; car le mercure est précipité sous forme de parcelles grises, et le zinc ne s'amalgame pas. Si cependant on a ajouté de l'acide chlorhydrique à une dissolution de bichlorure de mercure, le zinc que l'on met dans cette dissolution devient bientôt poli et brillant. Il ne se produit pas de dégagement de gaz ; il n'y a que quelques bulles de gaz qui adhèrent fortement à la surface du zinc amalgamé. Le mercure n'est séparé de la dissolution qu'incomplètement et au bout de quelque temps. — Lorsqu'on met du zinc métallique dans l'acide chlorhydrique et lorsqu'on ajoute une dissolution de bichlorure de mercure au moment où le dégagement du gaz hydrogène est en pleine activité, le dégagement de gaz cesse imuié-
MKRcrnE. 1S|
ilialemcnt ; le zinc devient brillant et poli, on s'amalgamnnt , et le 1 1 1 « - 1*cure n'est séparé qu'incomplètement de la dissolution mémo au bout de plusieurs jours. — L'acide sulfurique étendu agit de la même manière que l'acide ehlorhydrique, et empêche ou rend plus difficile la précipitation du mercure, au moyen du zinc, dans une dissolution do luehlorure do mercure ; il se sépare, dans ce cas, du protochlorure de mercure qui n'est pas modifié par le zinc. — L'acide nitrique se comporte aussi comme les deux acides que nous venons de citer. Si on met du zinc dans l'acide nitrique, il se produit immédiatement un vif dégagement «le bioxyde de nitrogène qui est arrêté par l'addition d'une dissolution de luehlorure de mercure. Il se forme également ici du protochlorure de mercure, et le zinc s'amalgame.
Le nitrate de bioxyde de mercure, qui est très difficile à obtenir neutre à l'état solide et qui est presque toujours basique, lorsqu'on lui fait subir des traitements réitérés par l'eau chaude, finit par être transformé entièrement en bioxyde de mercure pur, qui, après le lavage, ne contient plus île trace d'acide nitrique. Il ne se dissout dans l'eau que lorsqu'on y a ajouté de l'acide nitrique. Cette dissolution se comporte avec les réactifs de la manière suivante :
l'ne dissolution d'hydrate de potasse se comporte avec cette dissolution comme avec celle de bichlorure de mercure.
L'ammoniaque, ajoutée en petite quantité à la dissolution de nitrate de bioxyde de mercure, donne un précipité blanc qui ne se dissout pas dans l'acide nitrique ; si cependant on a ajouté beaucoup d'ammoniaque qui ne dissout pas le précipité blanc formé, ce précipité est dissous par l'acide nitrique, quoiqu'un peu difficilement. Le précipité formé par l'ammoniaque dans une dissolution de nitrate de bioxyde de mercure, est au contraire facilement soluble dans l'acide ehlorhydrique. Si on a ajouté à la dissolution de nitrate de bioxyde de mercure une très grande quantité d'acide nitrique, il ne se forme pas de précipité lorsqu'on sursature par l'ammoniaque.
l'ne dissolution de carbonate neutre de potasse ou de soude produit, dans la dissolution de nitrate de bioxyde de mercure, un précipité rouge-brun de sol basique. Dans une dissolution à laquelle on a ajouté beaucoup d'acide nitrique et d'ammoniaque, le carbonate alcalin produit un précipité blanc.
l'ne dissolution de bicarbonate de potasse ou de soude forme immédiatement un précipité rouge-brun d'un sel basique, même lorsque le bicarbonate est tout à fait exempt de carbonate.
l'ne dissolution de cyanure de potassium produit, dans la dissolution nitrique do bioxyde de mercure, un précipité blanc qui est soluble dans une plus grande quantité de cyanure de potassium. Le sulfure d'ammonium produit dans cette dissolution un précipité de sulfure de mercure.
l'ne dissolution de carbonate d'ammoniaque agit comme l'ammoniaque.
U ne dissolution de phosphate de soude forme immédiatement un précipité blanc durit» la dissolution de nitrate de bioxyde de mercure , bien qu'elle soit acide. Ce précipité blanc n'est pas insoluble dans un excès de la dissolution de bioxvde de mercure; mais comme la dissolution contient toujours de l'acide libre, la solubilité du précipité provient de l'acide.
Une dissolution d'acide oxalique forme aussi , dans la dissolution de bioxyde de mercure, un précipité blanc.
Le carbonate de baryte, ajout** ù la dissolution nitrique de bioxyde de mercure, y précipite complètement et immédiatement, même à froid, le bioxyde à l'état de sel basique.
Lue dissolution de sulfate de protoxyde de fer sépare d'abord du sulfate de protoxyde, et ensuite, même à froid, tout le mercure métallique contenu dans une dissolution nitrique de bioxyde de mercure.
Une dissolution de ferrocyanure de jwtassium se comporte, ii l'égard d'une dissolution de nitrate de bioxyde de mercure, comme elle se comporte à l'égard d une dissolution de bicblorure de mercure.
l ue dissolution de fen'ocyanide de potassium produit un précipité jaune dans la dissolution nitrique de bioxyde de mercure.
La dissolution nitrique de bioxyde de mercure se comporte, à l'égard du sut fure d'ammonium et de la dissolution (Yhydroghie sulfuré, de la même manière que la dissolution de bicblorure de mercure. Le précipité blanc, qui se forme d'abord lorsqu'on a ajouté une petite quantité des réactifs, est formé d'une combinaison de nitrate de bioxyde de mercure et de sulfure de mercure. (1 se dépose plus vite que le précipité qui se forme dans la dissolution de bicblorure de mercure dans les mêmes circonstances.
Le sulfate de bioxyde de mercure est transformé par l'eau froide, mais plus rapidement par l'eau chaude, en sulfate basique de bioxyde de mercure de couleur jaune, auquel un grand excès d'eau ne fait pas subir de décomposition ultérieure. Le sel neutre se dissout de manière à former une liqueur claire, seulement lorsqu'on lui a ajouté une quantité suffisante d'un acide libre. Si on emploie, dans ce but, l'acide sulfurique étendu, il en faut une quantité assez considérable. Une dissolution de ce genre se comporte avec les réactifs de Ja même manière que la dissolution de nitrate de bioxyde de mercure à laquelle on a ajouté de l'acide nitrique libre; seulement la dissolution de sulfate de bioxyde de mercure a une bien plus grande tendance à former le sel basique jaune, qui résiste très fortement à l'action décomposante des réactifs. Ce sel jaune se sépare, même à une douce chaleur, de la dissolution à laquelle on a ajouté l'acide sulfurique libre; il ne se redissout pas par le refroidissement. Les dissolutions des sulfates alcalins neutres et du sulfate d'argent séparent de la dissolution du sulfate de bioxyde de mercure le sel jaune basique, par suite île la tendance que ces combinaisons salines possèdent de se transformer en sels acides, même à la température ordinaire. La réaction est plus rapide à chaud. — Les dissolutions kY hydrate de potasse, de carhtmatrs
MKKCIRK. 183
neutres ou de bicarbonates de potasse et de soude produisent d'abord un précipité jaune de sulfata basique de bioxyde de mercure. lorsqu'on les a ajoutées en proportion telle que l'acide puisse prédominer encore un peu. Lorsqu'il y a sursaturation, elles réagissent de la même manière que sur la combinaison de bioxyde de mercure avec l'acide nitrique. — Les carbonates de baryte et de chaux se comportent de même. — V ammoniaque ne produit pas de précipité après sursaturation dans la dissolution sulfurique de bioxyde de mercure, à cause de la grande quantité d'acide libre. — Une dissolution de phosphate de soude ne produit pas non plus de précipité par les même? causes, mais une dissolution d'acide oxalique en produit un.
La dissolution sulfurique de bioxyde de mercure se comporte, connue la dissolution nitrique, avec les dissolutions de sulfate de protoxyde de fer, de ferrocyanwe de potassium, de ferrocyanide de potassium, db sulfure d'ammonium et d'hydrogène sulfuré.
Les dissolutions de bicblorure et de bioxyde de mercure peuvent encore être reconnues au moyen des réactifs suivants :
l ne dissolution d'iodure do potassium y produit un précipité rou^ecinabre de bi-iodure de mercure, qui est surtout soluble dans un excès d'iodure de potassium, mais qui est également soluble dans un excès de dissolution de mercure et dans l'acide chlorhydrique.
Lue dissolution de chromate de potasse produit, dans les dissolutions de bioxyde de mercure qui ne sont pas très étendues, un précipite rouge-jauuâtre de chromate de bioxvde do mercure.
Les dissolutions de bichlorure de mercure se comportent avec le cuivre métallique comme les dissolutions de protoxyde de mercure (page 175).
Les sels de bioxyde de mercure qui sontsolubles dans l'eau et ceux qui y sont insolubles, se volatilisent et sont décomposés par la calcination. — Le bichlorure et le bibromure se volatilisent sans se décomposer. La volatilité du bichlorure de mercure a lieu, bien qu'à un faible degré, même lorsqu'il • di»uus dans I eau. Si, dans une dissolution aqueuse de ce sel, on sépare une partie du dissolvant en distillant à une basse température, la portion qui a passé à la distillation contient un peu de bichlorure de mercure. Il eu est de même lorsqu'on traite de la même manière les dissolulions de bichlorure de mercure dans l'alcool et dans lether. Le bi-iodure île mercure, soumis à l'action de la chaleur, devient d'abord jaune, puis il fond » t se sublime sous la fonne d'iodure de mercure jaune; mais, par un eontact prolongé, il redevient rouge.
Les dissolutions des sels neutres de bioxyde de mercure rougissent le l»apier de tournesol. La dissolution même de bichlorure de mercure rougit le |>apier de tournesol, mais pas très fortement. Si on ajoute à la dissolution un chlorure alcalin, comme le chlorure de potassium, le chlorure de sodium ou le chlorure d'ammonium, les dissolutions ne réagissent plus sur h- papier de tournesol.
Le^ sels de bioxyde de mercure insolubles dans l'eau sont presque tous
Mtlubles dans les acides. Le meilleur moyen de reconnaître, dans celle dissolution, la présence du bioxyde de mercure est d'ajouter très lentement une dissolution d'hydrogène sulfuré. Lorsqu'il y a encore dans la dissolution un excès de bioxyde de mercure non décomposé, il se forme par l'agitation un précipité blanc qui reste longtemps en suspension, et qui, lorsqu'on ajoute un excès de la dissolution d'hydrogène sulfuré, se transforme en un précipité noir.
Le bioxyde de mercure se dissout bien à chaud dans une dissolution de chlorure d'ammonium avec un très fort dégagement d'ammoniaque, et forme une dissolution claire. Dans cette dissolution , il se dépose une poudre blanche, qui n'est pas soluble dans l'eau, qui devient jaune par l'ébullition avec une dissolution d'hydrate de potasse, qui fond par l'action de la chaleur et qui se sublime. L'odeur de l'ammoniaque se fait sentir sans qu'il se produise de mercure métallique. L'oxyde de mercure est également soluble à chaud dans une dissolution de nitrate d'ammoniaque. Dans la dissolution chaude, il se dépose un sel double peu soluble formé de nitrate de bioxyde de mercure et de nitrate d'ammoniaque.
Si on chauffe le bioxyde de mercure avec l'acide phosphorique sirupeux, il se dissout et forme une masse incolore qui est complètement soluble dans l'eau ; avec le temps cependant, il se dépose du phosphate de bioxyde de mercure. La dissolution donne bien un précipité jaune avec l'hydrate de potasse, un précipité rouge-brun avec les carbonates alcalins et un précipité noir avec la dissolution d'hydrogène sulfuré; mais elle ne donne pas de précipité, même à chaud, avec l'ammoniaque.
Lorsqu'on expose au rouge, pendant quelque temps, l'acide phosphorique avec le bioxyde de mercure ou avec un sel de bioxyde de mercure, le bioxyde de mercure ne se volatilise pas plutôt que l'acide phosphorique: le résidu se dissout très lentement, mais complètement, dans l'eau, et contient autant de bioxyde de mercure qu'il y en avait avant la calcination. Il en est de même lorsqu'on expose pendant quelque temps le tout au rouge blanc. Si la calcination dure très longtemps, le bioxyde de mercure se volatilise, mais en même temps que l'acide phosphorique.
Si on fait chauffer du bichlorure de mercure avec l'acide phosphorique, le bichlorure n'est pas décomposé, mais se sépare complètement par volatilisation de l'acide phosphorique qui reste complètement pur de toute trace de mercure.
Le bioxyde de mercure est une base très faible, et ne peut pas, par suite, séparer des dissolutions des oxysels d'autres oxydes de même composition atomique. — Mais comme l'affinité du chlore pour le mercure est considérable, l'oxyde de mercure peut séparer des dissolutions de leurs chlorures, à l'état d'oxydes métalliques, un très grand nombre de métaux dont les oxydes ont des propriétés basiques beaucoup plus énergiques que le bioxyde de mercure; il se forme du bichlorure de mercure qui reste dissous. C'est ainsi que le bioxyde de mercure sépare l'oxyde de zinc, l'oxyde de cobalt, l'oxyde de nickel de leurs dissolutions dans l'acide chlorhydriquc.
MERCI RE. 185 Au chalumeau, les sels de bioxyde de mercure peuvent, comme les sels «le protoxyde de mercure paye 170 , être facilement réduits lorsqu'on les ne lange avec la soude. Le bichlorure et le bibromure de mercure, chauffes avec la soude, se décomposent en partie et se volatilisent en partie à l'état de protochlorure et de protobromure ; la réaction a lieu d'autant plus facilement que le mélange est plus sec. On peut l'éviter lorsqu'on emploie les încthodes qui ont été indiquées à propos des reactions (pie présente le protoxyde de mercure au chalumeau (page 176). — Si une combinaison de mercure a été précipitée par lt; gaz hydrogène sulfuré ou par le sulfure d'ammonium, si ensuite on la dessèche et on la mélange avec la soude, un peut, dans le sulfure de mercure obtenu, volatiliser également le mercure métallique au moyen du chalumeau, comme dans les combinaisons oxydées. Si l'expérience a eu lieu dans un petit matras, le mercure se volatilise dans le col sous forme de globules. Il n'y a qu'une très petite partie du sulfure de mercure qui se volatilise sans se décomposer, et il y pu a d autant moins que le mélange du sulfure avec la soude est plus intime. Il n'est pas nécessaire, dans ce cas, d'humecter le mélange avec de l'eau, et cela est même tout à fait sans utilité.
Si la quantité de mercure qui s'est volatilisée dans le col du matras est très faible et si on ne peut pas reconnaître à la vue seule les globules métalliques en les mettant en contact avec une baguette de verre plein, il faut l'examiner avec une bonne loupo.
Lorsqu'on fait chauffer au chalumeau , sur le charbon ou dans un petit matras, le bioxyde de mercure qui a été falsitié avec du minium ou de la poudre de brique, on obtient comme résidu, sur le charbon ou dans le petit matras, du plomb, de l'oxyde de plomb ou de la poudre de brique, ce qui permet de reconnaître facilement la falsification.
L» s de bioxyde de mercure peuvent être reconnus et distingués des m U de tous les autres oxydes par leur manière de se comporter avec le sulfure d'ammonium, ou mieux, à cause de la trop grande concentration «lu sulfure d'ammonium, par leur manière de se comporter avec la dissolution d'hydrogène sulfuré. Par la voie sèche, on peut s'assurer avec facilité et avec certitude de la présence du métal par la formation des globules de mercure. — Si une dissolution contient simultanément du bioxyde et tlu pentoxyde de mercure, on s'assure de la présence des deux oxydes en ajoutant à la dissolution de l'acide chlorhydrique très étendu : le protoxyde •st ainsi séparé* à l'état de protochlorure. Dans la dissolution tiltrée, on retrouve la présence du bioxyde au moyen de la dissolution d'hydrogène sulfure et des autres réactifs.
La présence de substances organiques qui ne peuvent pas se volatiliser sans se décomposer, peut modifier beaucoup la manière dont les «^solutions de bioxyde et de bichlorure se comportent avec les réactifs, Bénie lorsque la liqueur n'est pas colorée: si, par exemple, on ajoute à me dixolution de bioxyde de mercure du sucre ou des acides organiques
I8f, ANALYSE QUALITATIVE.
non volatils, un excès d'hydrate do potasse n'y produit pas immédiatement de précipité lorsque la dissolution ne contient qu'une petite quantité? de bioxyde de mercure. Dans une dissolution concentrée, il se forme uni précipité jaune sale lorsque la proportion de la substance organique n'est pas très considérable; cependant, dans les deux cas, il se dépose, au bout de quelque temps, un précipité lourd, de couleur noire, qui contient du protoxyde de mercure et une forte proportion de mercure métallique. Ce précipité noir se produit immédiatement par l'ébullition. Les mêmes réactions ont lieu lorsqu'au lieu de potasse on emploie une dissolution de carbonate de soude ou de carbonate de potasse. Sans addition d'oxyde alcalin, la réduction du mercure métallique n'a pas lieu. L'ammoniaque forme seulement, dans les dissolutions de bioxyde de mercure de ce genre, un précipité blanc qui, même au bout de quelque temps, reste blanc, et qui ne devient noir que parfielloment par l'ébullition.
On affirme que, par l'action des substances organiques sur une dissolution de bicblorure de mercure, il se produit du protoeblorure de mercure et du mercure métallique; cependant ce cas ne se présente que rarement, car ce n'est surtout que par l'addition d'un oxyde alcalin fixe qu'il se produit une réduction du bichlorure de mercure à l'état de protoxyde et de mercure métallique. Souvent une dissolution de bichlorure de mercure produit , dans les dissolutions des substances organiques, un précipité blanc ; mais ce précipité est formé ordinairement d'une combinaison de la substance organique avec le bioxyde de mercure formé et ne contient pas de trace de protoeblorure de mercure, comme on l'a pensé fréquemment. Si cependant on ajoute un oxyde alcalin, il y a, surtout à chaud, production de protoxyde de mercure et réduction de mercure a l'état métallique.
Si les dissolutions de bioxyde de mercure ont pris une couleur foncée, par suite de la présence de substances organiques, si, par exemple, elles contiennent du vin rouge, les dissolutions de potasse y forment immédiatement des précipités de couleurs foncées différentes qui deviennent noirs par le temps ou plus rapidement par l'ébullition et contiennent alors du protoxyde de mercure et du mercure métallique. Le vin blanc, qui tient en dissolution une forte proportion de bichlorure de mercure, est coloré en brun-rouge par la dissolution de potasse, sans qu'il se forme immédiatement de précipité; ce n'est qu'au bout de quelque temps, ou plus rapidement par l'ébullition, qu'il se forme un précipité brun-rouge sale, et finalement un précipité gris.
Si ou ajoute du sulfure d'ammonium ou de l'hydrogène sulfuré en excès aux dissolutions de bioxyde de mercure qui retiennent en dissolution des substances organiques, il ne se forme, dans certains cas, point de précipité noir de sulfure de mercure. Le précipité formé est souvent jaune ou brun, d'après la substance organique qui est en présence; il ne devient noir que lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque. Mais même lorsqu'il se produit immédiatement un précipité noir de sulfure de inerciire.ee précipité est ordinairement difficile à observer dans les liqueurs de couleur foncée.