‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 51 sur 102 · MERCI KE · texte numérisé non relu

MERCI KE

Pour fc'atfurer avec précision de la présence du mercure, on doit jeter sur un filtre le précipité de sulfure de mercure, le dessécher, le mélanger avec la soude el le réduire à l'étal métallique, au moyen du chalumeau, dans un petit tube de verre fermé à l une de se^ extrémités.

Mai? comme, en présence de certaines substances organiques, le sulfure tic mercure peut rester longtemps en suspension dans la liqueur, et ne l«eut alors être filtré que dillicileinent ou même ne peut pas être filtré, on «loit, avant la précipitation par le gaz hydrogène sulfuré, détruire entièrement ou en grande partie les substances organiques contenues dans la liqueur. On arrive à ce résultat au moyen de l'acide nitrique, ou mieux en « iidant lu liqueur acide au moyen de l'acide chlorhydrique et ajoutant du chlorate de potasse, et laissant la décomposition, aussi bien que l'expulsion du chlore en excès, se produire par une digestion de moyenne durée. .Même lorsque la quantité du mercure dissous n'est que très faible, il est précipité par le gaz hydrogène sulfuré à l'état de sulfure de mercure, qui se laisse bien tiltrer et laver. Pour de très petites quantités de mercure, on peut dessécher le sulfure, le mélanger avec la soude, en volatiliser le mercure à l'état métallique (page 485), et reconnaître les globules métalliques à la loupe dans le col du mat ras.

Pour reconnaître une faible quantité de mercure dans des liqueurs qui contiennent des substances organiques, on se sert fréquemment d'une lame de cuivre poli que l'on met dans la dissolution. La liqueur doit être neutre, ou ne doit pas être trop fortement acide ; mais on peut, même dans une liqueur alcaline, précipiter le mercure au moyen du cuivre; du reste, La liqueur peut avoir une couleur tout à fait foncée et tenir en dissolution des Mil»tances organiques d'une espèce quelconque. Lorsque la dissolution ne contient que de faibles traces de mercure, le cuivre se recouvre, au bout de quelque temps, d'un dépôt gris qui, frotté avec du papier, détermine une argenture apparente du cuivre, qui disparaît de nouveau par l'action d'une faible chaleur. Si la proportion de mercure est extraordinaireinent faible, l'argenture apparente du cuivre devient moins nette, parce que alors la couleur particulière du cuivre se fait jour à travers le dépôt «le mercure. Dans ce cas, il faut, à l'aide de la chaleur, rendre ;ui ruivre sa couleur sur quelques points; de cette manière on fait ressortir la faible argenture qui existe sur les parties du cuivre qui n'ont pas été chauffées. Cependant on ne peut jamais déterminer de cette manière la présence du mercure aussi exactement qu'on le fait en traitant par le gaz hydrogène sulfuré la liqueur décolorée par l'acide nitrique ou par le chlore, et en traitant ensuite le sulfure obtenu par la soude, d'après la méthode indiquée précédemment.

Pour découvrir dans une liqueur les plus petites traces d'un sel de mercure dis>uus, on se sert fréquemment de la méthode suivante : on enroule, ••il f«»rme de spirale, un»1 feuille épaisse d'etain autour d'une petite lame (for ou d'un gros (il d'or, et on met le tout dans la liqueur à essayer, après l'avoir rendue acide au moyen de quelques gouttes d'acide chlorhydrique.

Au bout de quoique temps (pour de très petites quantités de mereuri* dissous, au bout de plusieurs heures), le mercure s'est précipité sur l'or, et ce dernier a inanchi. On n'a plus besoin alors que de chauffer l'or pour se convaincre avec certitude de la présence du mercure en le faisant volatiliser; l'or reprend alors sa couleur jaune ordinaire.

(juoique cette méthode permette de découvrir de faibles traces do mercure, elle peut quelquefois, d'après Orfda, induire en erreur. En effet, avec le temps, il se dissout un peu d'étain qui est réduit de nouveau , et l'or blanchit même en l'absence du mercure. Si on le chauffe, il peut même, dans ce cas, reprendre quelquefois sa couleur jaune ; il vaut, par conséquent, mieux ne pas chauffer l'or, mais le faire digérer avec un peu d'aeîde chlorhydrique concentré. Si la couleur blanche de l'or provient de rétain réduit, ce dernier est dissous par l'acide, et l'or reprend sa couleur jaune. Si c'est le mercure qui est la cause de la couleur blanche de For, elle ne disparait pas par l'action de l'acide. On enlève l'or de la dissolution acide: on le met dans un petit tube de verre étroit, bouché à une de ses extrémités; on le chauffe : il se sublime alors un peu de mercure, et l'or redevient jaune.

On n'a pas besoin de toutes ces précautions lorsqu'au lieu d'étain on se sert d'un fil de fer pur, que l'on met en contact avec la lame d'or; on les met ensuite dans la liqueur, que l'on a rendue acide au moyen de l'acide chlorhydrique. Dans ce cas, l'or ne peut devenir blanc qu'en présence du mercure. On peut séparer le mercure de l'or en le volatilisant par l'action de la chaleur; on peut alors le reconnaître pour tel si la quantité n'en est pas trop faible.

Cette réduction du mercure peut être employée pour des liqueurs qui contiennent des substances organiques, et qui sont de couleur tout à fait foncée; on est cependant dans Terreur lorsqu'on croit que les plus petites traces de mercure peuvent être reconnues avec certitude au moyen de la petite pile galvanique que nous venons d'indiquer. Il est bien vrai que l'or devient blanc pour de très petites quantités de mercure ; mais cela peut aussi provenir souvent d'autres causes, comme nous l'avons déjà observé précédemment. Lorsque l'or est devenu blanc par suite du dépôt de quantités de mercure excessivement petites, il arrive souvent qu'après avoir chauffé l'or dans un matras et lui avoir rendu ainsi sa couleur jaune ordinaire, on ne peut plus reconnaître avec certitude, dans le col du matras, les petits globules de mercure. Nous devons particulièrement faire ressortir ici qu'au moyen de la petite pile galvanique que nous avons indiquée, on sépare rarement d'une liqueur tout le mercure qu'elle contient, si la pile ne reste pas pendant très longtemps en contact avec la liqueur, et si la surface de la lame d'or n'est pas très grande ; car la réaction cesse presque totalement lorsque la lame d'or est entièrement recouverte de mercure. Il est plus snr de plonger deux lames métalliques dans la liqueur chlorhydrique à essayer, et de les mettre en rapport avec une pile galvanique. On prend l'une de ces lames de platine, et on en forme le pôle

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positif; l'autre doit être d'or, el sert do pôle négatif : cas dans lequel le mercure se dépose complètement sur lu lame d'or. Mais le mieux est toujours de transformer en sulfure de mercure les plus petites portions du mercure contenu duns la substance: on peut alors extraire du sulfure avec certitude de petits globules de mercure métallique.

Lorsqu'on veut rechercher le mercure dans une grande quantité d'une substance organique solide ou de la consistance d une bouillie, on peut employer la méthode suivante : on mélange la substance desséchée avec environ le tiers ou le quart de son poids de carbonate de soude ou de carbonate de potasse, et on porte le mélange dans une cornue qui ne doit être remplie qu'au tiers ou au quart de sa capacité. On humecte alors le tout avec assez d'eau pour que le mélange forme une bouillie épaisse. Si la >ubstance dans laquelle on veut rechercher le mercure est déjà de la consistance d'une bouillie, ou la mélange avec le carbonate et ou la dessèche alors à une très faible chaleur, atiu de pouvoir introduire la masse desséchée dans la cornue, ou bien on porte la substance de consistance d'une bouillie dans la cornue, et on ajoute ensuite le carbonate alcalin. On adapte .tu col de la cornue un récipient, et on commence à chauffer peu à peu la <ornue assez fortement pour que le fond soit rouge. La masse se gonfle considérablement, et on doit faire bien attention qu'elle ne sorte pas de la cornue. Après le refroidissement, on coupe le col de la cornue juste à l'endroit où il se voûte, et on le coupe également dans le sens de la longueur au moyen du charbon à couper le verre. La partie intérieure du col est recouverte d'huile empyreumatique brune visqueuse; mais à une distance d'un pouce de la voûte de la cornue, on peut observer de petits -'lobules de mercure. Ou reconnaît de la manière la plus sûre ces globules lorsqu'on frotte avec le doigt la place où l'on croit voir de petits globules de mercure. On peut alors reconnaître sur le doigt les petits globules de mercure à la vue seule, ou mieux à la loupe. Cela est nécessaire, parce qu'on peut, en n'expérimentant pas d'une manière convenable, prendre pour des globules de mercure de petites bulles d'air qui se trouvent près du verre dans l'huile visqueuse. — Si la substance organique ne contenait que de petites quantités de mercure, tout le mercure se trouve dans le col de la cornue, et il ne s'en trouve pas du tout dans l'huile empyreumatique contenue dans le récipient. Cette méthode donne des résultats plus exacts qu'on ne le croit généralement. Si on ne trouve pas de mercure dans le col de la cornue, on doit traiter par l'acide nitrique l'huile qui se trouve dans la cornue, et les morceaux du col de la cornue avec l'huile qui s'y trouve attachée, ou mieux les faire digérer avec l'acide chlorhydrique en y ajoutant du chlorate de potasse, pour traiter ensuite la dissolution par l'hydrogène sulfuré et précipiter ainsi le mercure.

Par toutes ces méthodes, on constate seulement que la substance contient du mercure, mais on ne sait j»as avec quels corps il est combiné. 11 < Nt cependant important de rechercher avec exactitude s'il est mélangé a la substance organique sous la forme de bichlorure de mercure, poison si

violent, ou sous la forme de protoehlorure beaucoup moins nuisible. Lorsqu'une substance organique sèche est mélangée avec du bichlorure de mercure, on peut dans beaucoup de cas, pour reconnaître la présence du bichlorure, le séparer au moyen de l'eau, de l'alcool ou de l'élher; il est alors facile de reconnaître, au moyen des réactifs indiqués précédemment, la présence du bichlorure de mercure dans la dissolution aqueuse, alcoolique ou éthérée. Pour séparer le bichlorure de mercure, on emploie l'eau lorsque la substance organique y est insoluble; on emploie, dans ce but. l'alcool ou Téther lorsque ces dissolutions n'agissent pas sur la substance organique. Si la substance organique est insoluble dans l'eau et dans l'alcool, on emploie de préférence l'alcool, à cause de la solubilité bien plus grand»' du bichlorure de mercure dans ce dissolvant. On arrive souvent au but que l'on se propose en < inployant des dissolutions concentrées de chlorure de sodium ou de chlorure d'ammonium pour séparer le bichlorure de mercure, qui est bien plus soluble dans ces dissolutions que dans l'eau pure.

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