‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 60 sur 102 · XXXVI. — IllîTHKMUM, Hu il · texte numérisé non relu

XXXVI. — IllîTHKMUM, Hu il

Le ruthénium se présente sous la forme de inorreaux gris-blancliàtrr , anguleux, qui possèdent l'éclat métallique, qui sont poreux et ont beaucoup de ressemblance avec l'iridium. Le poids spécifique du ruthénium poreux a été trouve très faible : il est de 8,(5. Le ruthénium est très cassant, et peut être réduit facilement eu une poudre fine de couleur gris- noirâtre. Il fond diflîeilement, et ne s'agrège que faiblement à la flamme du chalumeau à gaz. Sa solubilité dans les acides est aussi faible que celle de l'iridium et du rhodium; en effet, si on le traite par l'eau régale, il ne s'en dissout qu'une très faible quantité. De tous les métaux de la mine de platine, le ruthénium est, après l'osmium, celui qui a la plus grande tendance à se combiner avec l'oxygène; eu effet, il se transforme très facilement en oxyde bleu-noirAtre lorsqu'on le calcine à l'air, ou lorsqu'on le soumet à la flamme oxydante du chalumeau. Fondu avec le borax, il ne le colore pas et ne se dissout pas. Fondu avec le bisulfate de potasse, il ne s'oxyde pas et ne se dissout pas. Les oxydes de ruthénium sont bien réduits par l'hydrogène; mais la réduction n'a pas lieu à froid, comme pour les autres métaux de la mine de platine, mais seulement h chaud. — Calciné avec I hydrate, le nitrate ou le chlorate de potasse, le ruthénium passe à un degré d'oxydation plus élevé et forme du ruthénate de potasse.

Si on mélange le ruthénium avec le chlorure de potassium ou le chlorure de sodium, et si on chauffe dans un courant de gaz chlore, le ruthénium se transforme en combinaisons de sesquichlorure de ruthénium et de chlorures alcalins.

Proïoxvue i»e klïhemim, HuO.

On obtient le protoxyde de ruthénium en calcinant le protochlorure de ruthénium avec du carbonate de soude dans un courant d'acide carbonique, et traitant par l'eau la masse calcinée. Le protoxyde de ruthénium se présente sous la forme d'une poudre noire, qui ne contient pas d'oxyde alcalin et qui ne se dissout pas dans les acides. Le chlorure correspondant au protoxyde, IUitU3, qu'on obtient en traitant au rouge faible le ruthénium en poudre par le gaz chlore sec dans cette réaction, le sesquichlorure de ruthénium se volatilise et le protochlorure reste comme résidu), est, après cette préparation, complètement insoluble dans les acides, même dans l'eau régale. Il n'est pas attaqué non plus par les dissolutions des oxydes alcalins ou n'est attaqué que très faiblement, même lorsqu'on évapore à siccité une dissolution concentrée d'hydrate de potasse avec le protochlorure de ruthénium. L'eau n'enlève alors que l'oxyde alcalin; l'acide ehlorliy-

(!) Tout ce que l'on sait du rullicnium et de ses combinaisons , ou le doit à Claus : c'est dans ses Mémoires sur ce sujet qu'on a pris ce qui suit.

RUTHENIUM. 323

•Iriqueet même l'eau regale n'enlèvent au protochlorure non dissous qu'un peu de sesquiehlorure qu'ils dissolvent en prenant une coloration verdatï** Si on soumet pendant quelque temps à l'action du gaz hydrogène sulfuré nu»' dissolution de sesquiehlorure de ruthénium, il se précipite du sulfure de ruthénium de couleur brune, et la liqueur prend une belle couleur hleue. Si on enlève i hydrogène sulfuré libre au moyen d'un courant d'air 'itmospherique, la dissolution bleue contient vraisemblablement lo protorhlorure k l'état de dissolution, et en outre de 1 acide chlorhydrique libre. U dissolution bleue est assez lixc a la température ordinaire. Kilo donne, avec 1 ammoniaque, un précipité bleu-violet qui devient ifiis au bout de quelque temps : la liqueur prend alors une couleur jaune sale. Si on évapore la dissolution bleue de protochlorure, elle prend, par une forte cou- «entration, une belle couleur vert-de-chrônie, en sorte que la liqueur ne peut pas être distinguée d'une dissolution de sesquiehlorure de chrome l«r soo aspect extérieur. L'ammoniaque donne avec cette liqueur un pré* ipiUi vert foncé qui se transforme en partie en oxyde noir insoluble et <|ui se dissout de nouveau en partie avec une coloration rouge-ceriso lors- •pion le fait chauffer avec la liqueur qui le surnage. Le protochlorure bleu, aUH bien que le protochlorure vert, se transforment en sesquiehlorure towpi'on les soumet à l'action de la chaleur en présence de l'acide nitrique. *i le protochlorure bleu est un peu étendu et s'il est mélangé avec une îrrinde quantité d'acide chlorhydrique, elle devient incolore par l'action de la chaleur. L'acide sulfureux produit aussi la décoloration complète du hlorure bleu.

SESOUIoXVI>E HE RUTHENIUM, HuW.

Lorsque le sesquioxyde de ruthénium a été préparé par la calcinatioil ^utenue du inétid réduit en poudre line, il a une couleur bleu-noiràtre et ♦•*t insoluble dans les acides. On obtient l'hydrate de sesquioxyde en précipitant la dissolution de sesquiehlorure au moyen des dissolutions ries oxydes alcalins purs ou carbonates. Il est brun-noiràtre, et se dissout facilement dans les acides. Les dissolutions ont une couleur jaune-orange. Le *squioxyde de ruthénium n'est pas soluble dans un excès d'oxyde alcalin ; mais, après avoir été lavé avec soin, il contient encore de l'oxyde alcalin. Chauffé dans une atmosphère de gaz acide carbonique, il perd son eau par une forte calcination et devient insoluble dans les acides.

Le sesquiehlorure, correspondant au sesquioxyde Hu^Gl6, qu'on obtient "» précipitant par un acide une dissolution de ruthénate de potasse, disvivant dans l'acide chlorhydrique l'oxyde noir obtenu et évaporant la ■'• solution à sieeité, se présente sous la forme d'une masse brun-jaune, cristalline, très déliquescente, qui devient vert foncé, et bleue sur quelques points, lorsqu'on la soumet à l'action d'une température élevée. Il >e ut <l<ms l'eau et dans l'alcool eu abandonnant, comme résidu, une Mite quantité d'un sel basique de couleur jaune-brun. La dissolution

ANAI.Y8K Ol AM I ATIVK.

aqueuse a une belle couleur jaune-orangé et une saveur purement astringente, qui n?est pas métallique.

Cette dissolution de sesquichlorure de ruthénium, qui constitue lu combinaison sous laquelle on obtient le plus fréquemment le ruthénium, se distingue surtout en ce que, par l'action de la chaleur, elle est décomposée en oxyde brun-noiràtre et en acide chlorhydrique libre. L'oxyde, provenant de cette décomposition, a une puissance tinctoriale tout à fait extraordinaire, de telle sorte que 2 milligrammes sont en état de rendre presque opaque 200 à 300 grammes d'eau. Cela vient de l'extrême division du précipité noir, qui se maintient longtemps en suspension.

La dissolution se comporte avec les réactifs de la manière suivante :

Lue dissolution d'hydrate de potasse précipite complètement, dans cette dissolution, le ruthénium sous la forme d'un précipité noir d'hydrate de sesquioxyde de ruthénium. La liqueur qui surnage le précipité, a bien une couleur verte, mais cela provient du sesquioxyde qui reste en suspension.

L'ammoniaque se comporte de même ; seulement une partie du sesquioxyde reste en dissolution. Si on ajoute à la dissolution un grand excès d'ammoniaque, tout se dissout, et la liqueur prend une coloration brunverdàtre. A chaud, le sesquioxyde se précipite; seulement la liqueur reste colorée en jaune et retient encore beaucoup de sesquioxyde en dissolution. Si on ajoute alors du sulfure d'ammonium, il ne se produit pas de précipité; mais si on sature par l'acide chlorhydrique, il se produit du sulfure de ruthénium de couleur brune.

Les carbonates alcalins et le phosphate de soude précipitent à la température ordinaire de l'hydrate de sesquioxyde, de couleur brun-noiràtre, qui n'est pas soluble dans un excès du précipitant. Le précipité n'est cependant pas complet : une partie du sesquioxyde reste en dissolution dans la liqueur.

Une dissolution de borax ne produit pas de précipité à la température ordinaire ; cependant la liqueur se décolore, ou plutôt elle devient jauneverdàtre. A chaud, il se précipite de l'hydrate de sesquioxyde.

Le formiate de soude décolore à chaud la dissolution de sesquichlorure. sans qu'il se dépose de ruthénium métallique.

t'ne dissolution de nitrate d'argent forme, dans la dissolution de sesquichlorure, un précipité de couleur noire; la liqueur qui surnage le précipité, est rose-rouge. Le précipité est un mélange de chlorure d'argent et de sesquioxyde de ruthénium. Ce dernier se dissout , au bout de quelque temps, dans l'acide nitrique, tandis que le chlorure d'argent de couleur blanche reste comme résidu. Si on ajoute à cette dissolution de l'ammoniaque en excès, le chlorure d'argent se dissout et le sesquioxyde de ruthénium se précipite.

Le ferrocyanwc de potassium décolore d'abord la liqueur, qui devient verte au bout de quelque temps.

Le ferrocyanide de potassium donne une coloration rouge-brun.

Le cyanide de mercure ne produit pas d'abord de modification; mais, au

KITHfcNIlM. 223

bout de quelques heures, la liqueur se colore en vert, et au bout de vingtquatre heures, en bleu. Si la liqueur contient de l'iridium, la réaction est plus intense. Si on fait bouillir la dissolution aussitôt après avoir ajouté le réactif, la coloration bleue ne se produit pas, niais il se forme un précipité noir.

I ne dissolution de nitrate de protoxyde de mercure produit un précipite rose-rouge, tandis que la liqueur qui le surnage, a une coloration brune.

L ue dissolution iYacétate de plomb donne un précipité rouge-pourpre fonce, tirant sur le noir; la liqueur qui le surnage, est rose-rouge.

I ne dissolution d'iodure de potassium ne produit pas d'abord de précipité : ce n'est qu'au bout de quelque temps et par l'action de la chaleur qu'il se forme un précipité noir de sesqui-iodure de ruthénium.

L ue dissolution de rhodanure de potassium ne produit pas d'abord <le reaction; la liqueur prend ensuite une coloration rouge, qui passe au muge-pourpre foncé. A chaud, cette coloration devient d'un beau violet. Cette réaction est une des plus distinctives du ruthénium; car le rhodanure de potassium ne réagit pour ainsi dire pas sur les dissolutions des autres métaux de la mine de platine. Cette réaction n'a cependant pas lieu lorsque la dissolution du ruthénium contient d'autres métaux de la mine de platine; car il faut que le ruthénium y soit contenu en grande quantité.

Le zinc colore d'abord la dissolution en bleu d'azur ; ensuite il se précipite du ruthénium, et la liqueur se décolore.

Vacide tannique n'agit pas a la température ordinaire ; à chaud, les di* solutions étendues prennent une couleur bleu-verdàtre.

Le sulfure d'ammonium produit un précipité brun-noirâtre de sulfure de ruthénium. Le précipité est très peu soluble dans un excès du précipitant. \ji dissolution a une couleur jaunâtre.

Si on traite la dissolution de sesquichlorure de ruthénium par Y hydrogène sulfuré gazeux, il ne se produit d'abord aucune réaction; mais au bout de quelque temps, comme nous l'avons déjà indiqué précédemment, la liqueur prend une belle couleur bleu d'azur, et il se forme un précipité brun de sulfure de ruthénium, ce qui permet de reconnaître de préférence la présence du ruthénium. Avec la dissolution d'hydrogène sulfuré, la réaction ne peut pas être nette, parce que les liqueurs sont trop étendues.

La dissolution concentrée de sesquichlorure de ruthénium donne, avec les dissolutions concentrées de chlorure de potassium et de chlorure d'ammonium, des précipités cristallins miroitant sur le violet. Ces combinaisons salines doubles se dissolvent très difficilement dans l'eau et sont insolubles dans l'alcool. — Si on laisse la dissolution de la combinaison de sesquichlorure de ruthénium et de chlorure de potassium en contact pendant quelque temps avec l'eau, la liqueur se trouble, devient noire, et il se sépare un oxychlorure noir. A chaud, cette décomposition se produit immédiatement.

Si la dissolution du sesquichlorure de ruthénium est mélangée avec les i. 15

dissolutions des autres métaux de la mine de platine, les réactions sont tout autres. Il faut donc examiner la manière dont ces différents mélanges se comportent avec les réactifs.

Lorsque le sesquichlorure de ruthénium contient du bichlorure d'osmium, Y hydrate de potasse produit seulement un léger trouble, et la liqueur prend une couleur verdàtre. A chaud, les oxydes des deux métaux se séparent sous forint* d'un précipité noir.

U ammoniaque, ajoutée en petite quantité, sépare un peu de sesquioxyde de ruthénium. Une grande quantité d'ammoniaque forme une dissolution vert-olive, qui devient brune par l'action de la chaleur; il se sépare alors un précipité très faible de couleur jaune-brunAtre.

t rie dissolution de nitrate d'argent produit le précipité vert-olive de l'osmium; mais la liqueur, devenue claire, permet de reconnaître à sa couleur rose-rouge la présence du ruthénium.

Le nitrate de protoxyde de mercure produit un précipité violet sale.

V acétate de plomb ne donne que la coloration pourpre du ruthénium, qui cependant est moins pure à cause de la présence de l'osmium et est d'un rouge-noiràtre sale.

Le sulfure d'ammonium produit un faible précipité de sulfure de ruthénium. Un excès du réactif ne produit pas de précipité; mais la liqueur devient plus claire. A chaud, il se sépare du sulfure de ruthénium: mais une grande partie reste en dissolution.

Si le sesquichlorure de ruthénium contient du ôichlorure d'iridium, l'hydrate de potasse produit un précipité noir; un grand excès de potasse dissout le tout et donne une; liqueur verte. O n'est qu'à chaud qu'il se précipite du sesquioxyde de ruthénium et en même temps du sesquioxyde d'iridium. La liqueur reste incolore et ne prend pas de coloration bleue. La présence du ruthénium accélère la précipitation du bioxyde d'iridium, et empêche la coloration bleue caractéristique de l'iridium.

Avec Yammoniaquey la liqueur est d'abord décolorée; puis elle devient rouge et, pour une certaine proportion d'iridium par rapport au ruthénium, elle devient rouge-pourpre foncé. A chaud, la coloration muge passe au bleu: et, si on fait bouillir la liqueur avec l'acide ehlorhydrique, on obtient une dissolution bleue fixe, tandis que la dissolution des deux métaux isolés devient rouge-brun si on les traite de la même manière par l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique.

Lue dissolution de nitrate d'argent produit uu précipité brun qui ne correspond ni à la réaction de l'iridium, ni à celle du ruthénium lorsqu'ils sont seuls. Comme la liqueur qui surnage le précipité est rose-rouge, on peut reconnaître la présence du ruthénium.

Une dissolution de nitrate de protoxyde de mercure ne donne ni la réaction de l'iridium ni celle du ruthénium, mais produit un précipité blanc sale.

KlTHEMl'M. ?27

L'acétate de plomb, au contraire, donne la réaction rouge-pourpre du ruthénium.

Le meilleur moyen de s'assurer de la présence du ruthénium en combinaison avec l'iridium est l'emploi du rhodanure de potassium. La coloration rouge-pourpre se produit; et après l'action de la chaleur, elle passe au violet Cependant, lorsqu'il y a une trop grande quantité d'iridium et trop peu de ruthénium, la réaction n'a pas lieu.

Si la dissolution de sesquiehlorurede ruthénium contient du sesquichlorure de rhodium, Yhydrate dépotasse ne produit qu'un léger trouble, et la liqueur se colore peu à peu en rouge pur. A chaud il se précipite du sesquioxyde de rhodium vert-jaunâtre contenant du ruthénium, et la liqueur reste jaune. I n excès de potasse dissout le tout,et donne une liqueur de couleur verte. A chaud, la dissolution se trouble, et il se précipite un peu de sesquioxyde gris- noirâtre, tandis que la liqueur reste colorée en vert-olive. Le rhodium détermine par conséquent la solubilité du sesquioxyde de ruthénium dans la potasse.

Avec l'ammoniaque, il ne se produit pas d'abord de modification; mais ensuite la liqueur- rouge-jaunâtre se transforme en une liqueur vert-jaunâtre, et il se dépose enfin un faible précipité vert-jaunâtre. A chaud, le tout se redissout et donne une liqueur verte, de laquelle il se précipite plus tard un peu d'oxyde de couleur foncée. L'ne grande quantité d'ammoniaque forme une dissolution jaune clair, transparente, qui prend à chaud une couleur verdàtre, et qui ne laisse précipiter qu'au bout de quelque temps une faible quantité d'oxyde en flocons de couleur sale. Le sesquioxyde de rhodium détermine donc par conséquent aussi la solubilité du sesquioxyde de ruthénium dans l'ammoniaque.

Le nitrate d'argent forme un précipité couleur de chair qui se dissout dans l'ammoniaque et forme une liqueur de couleur brune; on n'a donc ici ni la réaction du ruthénium ni celle du rhodium.

Le nitrate de protoxyde de mercure produit un précipité rouge-brique clair qui noircit par l'action de l'ammoniaque, à cause du protoxyde de mercure qui se sépare.

L'acétate de plomb produit un précipité violet sale qui ne se dissout pas dans l'ammoniaque, et qui n'est pas non plus modifié par ce réactif.

Le rhodanure de jyotassium donne d'abord la réaction pourpre du ruthénium ; par l'action de la chaleur, il se produit une liqueur brun fonce opaque.

Si la dissolution du sesquichlorure de ruthénium contient du chlorure de palladium, Xfojdrate de jjotasse produit d'abord un trouble noir : ce n'est que par l'ébullition que les deux oxydes se séparent sous la forme d'un précipité brun -noirâtre. Un excès de potasse dissout le tout en produisant une liqueur vert-olive; par l'action de la chaleur, les deux oxydes se précipitent et la liqueur devient incolore.

228 ANAIASK O^ ALITAT h K.

Si ou ajoute nue laible quantité d'ammoniaque, il se produit un précipite jaune foncé, qui ressemble à du chloroplatinate d'ammoniaque impur. Un excès d'ammoniaque ne dissout presque rien. La présence du ruthénium annule donc la solubilité dans l'ammoniaque de la combinaison du palladium. Si on ajoute immédiatement à la dissolution des deux métaux une très grande quantité d'ammoniaque, il se produit une dissolution complète de couleur jaune: ce n'est que par un contact prolongé qu'il se sépare une faible qmmtité d'un précipité jaune-brunâtre. Dans ce cas, la solubilité du sesquioxyde de ruthénium est déterminée par le palladium.

Le nitrate a" argent donne un précipité jaune clair, presque blanc , et la liqueur qui surnage a une couleur jaune : c'est donc la réaction du ruthénium qui est mise en évidence. L'ammoniaque produit une dissolution presque totale.

tue dissolution iYacétate de plomb détermine la réaction pourpre du ruthénium.

L ue dissolution de cyanide de mercure produit d'abord le précipité de cyanure de palladium pur. A chaud, le précipité devient plus foncé, et prend enfin une couleur vert foncé, en même temps que la liqueur devient incolore.

Le rhodanure de potassium produit la belle couleur pourpre de la réaction du ruthénium. A chaud, il ne se produit pas de réaction violette; mais, à sa place, il se forme un trouble de couleur brun-noiràtre.

Si la dissolution du sesquichlorure de ruthénium contient du bichlorvre de platine, Y hydrate de potasse, ajouté en petite quantité, produit un précipité de chloroplatinate de potasse, et la liqueur devient noire par suite de la présence du sesquioxyde de ruthénium qui se précipite en même temps. Si Ton ajoute une plus grande quantité de potasse et si Ton chauffe, le tout se dissout avec une coloration brune ; par une longue ébullition, il se sépare du bioxyde de platine et du sesquioxyde de ruthénium, et la liqueur devient incolore. Le ruthénium détermine donc la précipitation du bioxyde de platine.

1. 'ammoniaque agit d'abord comme l'hydrate de potasse; mais si on ajoute une plus grande quantité d'ammoniaque, le tout se dissout et donne une liqueur jaunâtre, qui prend à chaud une coloration vert-noirâtre et ne laisse pas déposer de précipité. La présence du platine empêche donc la précipitation du sesquioxyde de ruthénium à chaud.

Y ne dissolution de nitrate d'argent produit un précipité gris clair sale. Dans la liqueur claire, on reconnaît la présence du ruthénium à la coloration rose-rouge.

Le nitrate de protoxyde de mercure donne un précipité rouge-brique.

lTne dissolution de rhodanure de potassium produit d'abord la coloration rouge-pourpre du ruthénium. A chaud , il se produit une coloration violette.

ÎUTHENIIM.

BïOXYDE DE RUTHENIUM, RuO*.

Le bioxyde de ruthénium, obtenu par la caleination soutenue du sulfure de ruthénium résultant de l'action de l'hydrogène sulfuré , a une couleur miroitant sur le vert et est insoluble dans les acides.

L'hydrate de bioxyde, que I on obtient lorsqu'on chauffe avec une petite quantité d'oxyde alcalin la dissolution du chlorure correspondant, ou plutôt la dissolution du sel double que ce chlorure forme avec le chlorure de potassium, est brun-jaunatre,et a de la ressemblance avec le sesquioxyde de rhodium impur; il se dissout dans les acides avec une couleur jaune; par la concentration, la liqueur devient rose-rouge. L'hydrate de bioxyde de ruthénium contient de l'oxyde alcalin , et paraît se dissoudre très facilement par voie humide dans un excès d'oxyde alcalin.

Ouant à l'oxyde noir qui se précipite par l'action des acides sur la dissolution de ruthénate de potasse, il est incertain s'il est du bioxyde ou du sesquioxyde de ruthénium. La dernière supposition est la plus probable.

Le chlorure correspondant au bioxyde, RuCl*, n'a pas encore été produit à l'état isolé; on ne l'a obtenu qu'en combinaison avec le chlorure de potassium. Ce sel double est très soluble dans l'eau, mais il ne se dissout pas dans l'alcool. Il est d'une couleur brune, miroitant sur le rose-rouge. La dissolution aqueuse est rose-rouge foncé, et la dissolution du sesquichlorure de rhodium lui ressemble tellement qu'on ne peut pas les distinguer l'une de l'autre. — Le gaz hydrogène ntlfuré a peu d'action sur la dissolution du sel double; il se sépare d'abord du soufre, ce qui trouble la dissolution et la rend laiteuse, et ce n'est que plus tard qu'il se dépose du sulfure jaune-brunâtre, tandis que la dissolution reste fortement colorée en rose-rouge. Dans ce cas, il ne se produit pas de dissolution bleue.

Acide ri théniuik, HuO\

L'acide ruthénique n'est connu qu'en combinaison avec la potasse, et même seulement à l'état de dissolution; on l'obtient en calcinant le métal avec l'hydrate, le chlorate ou le nitrate de potasse, et traitant ensuite par l'eau la masse de couleur vert-noiràtre qui résulte de la caleination. La dissolution du ruthénate de potasse a une odeur faible, mais particulière ; elle a une couleur jaune-orangé très belle. Elle est neutre lorsqu'on n'a pas employé pour sa préparation une trop grande quantité d'hydrate ou de nitrate de potasse. Sa saveur est fortement astringente, comme celle de l'acide tannique. Cette combinaison se décompose très facilement en oxygène et en oxyde noir; elle colore immédiatement la peau en noir, par suite de la formation d'un dépôt d'oxyde provenant de la réduction de I acide. Les acides précipitent de la dissolution de l'oxyde noir sesqui-

oxyde?). Même en présence des substances organiques, de l'alcool par exemple, il se produit une semblable décomposition.

Les combinaisons du ruthénium peuvent être surtout distinguées de la manière suivante des combinaisons des autres métaux de la mine de platine. On fond une petite quantité du métal ou d'une de ses combinaisons (on n'a besoin de prendre pour cet essai que quelques milligrammes), avec un grand excès de salpêtre, dans une petite cuiller de platine, à une forte chaleur, jusqu'à ce que la masse calcinée ne se boursoufle plus, mais se maintienne à l'état de fusion tranquille; on laisse alors refroidir, et on dissout dans un peu d'eau distillée. L'ne ou deux gouttes d'acide nitrique produisent, dans cette dissolution jaune-orangé du ruthénate de potasse, un précipité noir volumineux. Si on ajoute de l'acide chlorhydrique à la liqueur encore en présence du précipité et si on chauffe dans un creuset de porcelaine , l'oxyde se dissout et prend par concentration une belle couleur jaune-orangé. Si on fait passer du gaz hydrogène sulfuré dans la dissolution jusqu'à ce qu'elle devienne presque noire et si on filtre, la liqueur filtrée devient d'un magnifique bleu d'azur. La manière dont le rhodanure de potassium et l'acétate de plomb se comportent avec les dissolutions de sesquioxyde de ruthénium, caractérise également ces dissolutions.

Pour distinguer le ruthénium métallique des autres métaux de la mine de platine, on peut le mélanger avec du chlorure de sodium et traiter à la température rouge le mélange par le chlore gazeux. La masse noire se dissout dans l'eau avec une couleur jaune-orange. Cette dissolution peut même, par la couleur, être distinguée facilement des dissolutions du rhodium et de l'iridium avec lesquelles les dissolutions du ruthénium ont la plus grande ressemblance, et aussi du mélange des dissolutions des deux métaux. L'ammoniaque produit dans cette dissolution un précipité noir, et l'hydrogène sulfuré produit une liqueur colorée en bleu d'azur intense, en même temps qu'il se sépare du sulfure de ruthénium. Ni l'iridium, ni le rhodium ne présentent de réaction de ce genre.

Le ruthénium se distingue du rhodium avec lequel il a plus de ressemblance qu'avec l'iridium, par la manière dont il se comporte lorsqu'on le fait fondre, tant avec du bisulfate qu'avec du nitrate de potasse; il se distingue encore par la manière dont les dissolutions du sesquichlorure de ruthénium et celles du sesquichlorure de rhodium se comportent avec les oxydes alcalins et avec l'hydrogène sulfuré.

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